Christophe Ginisty

2012, année électorale : notre plus grande faille face à la crise


Rédigé le Vendredi 23 Septembre 2011



2012, année électorale : notre plus grande faille face à la crise
Si nous n'étions pas à moins d'un an des élections présidentielles et législatives, nous serions sans doute plus efficaces car plus audacieux pour affronter la crise qui secoue nos économies.

Oui, car une partie de la solution se trouve dans des mesures nécessairement impopulaires que personne n'aura le courage de prendre, par peur de faire trébucher son camp lors des prochaines échéances électorales. Ou tout simplement par peur de ne pas être réélu soi-même.

Et nous voilà encore une fois confronté à l'un des effets pervers de la longévité politique en France.

Le fait de pouvoir briguer indéfiniment un nouveau mandat met nos députés en situation de clientélisme aggravé lorsque l'enjeu de la réélection pointe le bout de son nez. Elus pour cinq ans, ils sacrifient un cinquième de leur mandat, leur dernière année, pour reconquérir un électorat qu'ils sont besoin de brosser dans le sens du poil. C'est non seulement absurde mais profondément indécent d'un point de vue démocratique.

Si, au contraire, un député sortant était empêché par la loi de se représenter une nouvelle fois, peut-être aurait-il le courage de travailler jusqu'au bout au service de l'intérêt général. Il n'aurait rien à perdre à décider de mesures qui s'imposent, fussent-elles impopulaires.

Au sommet de l'état, et même si le mandat du Président de la République ne peut être renouvelé qu'une seule fois, nous sommes également confrontés à la dictature de la popularité qui impose à Nicolas Sarkozy ainsi qu'aux membres du gouvernement de ne pas fâcher un électorat à qui l'on va demander un renouvellement de bail. Et des bruits sortent du "château" pour nous informer que le président travaille sa com. La belle affaire !

La faute à la nature humaine et sa cupidité légendaire ?

Peut-être. Mais puisque les choses sont ainsi, il est impératif de changer notre système politique afin de nous prémunir contre ce type de comportements qui contribuent à nous précipiter dans le gouffre.

C'est pour cela que je pense qu'il faut inscrire dans les programmes présidentiels la fin du cumul des mandats et la limitation de la longévité politique. Faute de quoi, la France ne s'en sortira jamais.

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Commentaires articles

1.Posté par dave96 le 23/09/2011 16:45
La limitation de la longevite est une excellente idee a mon avis. La rotation des hommes est en effet une excellente garantie d'honetete.

On l'a vu avec Devedjian nouveau Pdt du CG92, qui bien que du meme parti a voulu s'en prendre aux "ecuries d'augias" laissees par son predecesseur. Et dans le prive ou j'exerce, la rotation des acheteurs par exemple est unanymement reconnue comme une bonne pratique, qui empeche le developpement de collusions, et apporte des idees neuves.

2.Posté par bmalaguti le 24/09/2011 00:34
Bien vu, tu tapes là où ça fait mal. Cumul des mandats, non longévité politique, réforme des institutions, création d'un véritable statut de l'élu fonction qui n'est pas considérée comme un métier et pourtant on en fait profession, il me semble que ce sont des thèmes chers à un parti dont tu es le fondateur, hasard du calendrier électoral ou communication finement calibrée?

54% des Français pensent que le cumul des mandats est un frein au bon fonctionnement de la démocratie, 4 parlementaires sur 5 cumulent et pourtant les citoyens les réélisent avec une touchante constance. Une réforme constitutionnelle sera-t-elle suffisante pour faire de l'électeur un citoyen responsable et de l'élu un acteur exemplaire, il est permis d'en douter.

D'ailleurs les candidats ne s'y trompent pas, aucun n'en fait un élément de programme à l'exception du président du MoDem dont malheureusement la devise pourrait être: "faites ce que je vous dis,mais ne faites pas ce que je fais".

Et pour finir cette phrase attribuée au Luxembourgeois Jean-Claude JUNKER: "nous savons tous ce qu'il faut faire, mais si nous le faisons, nous ne serons pas réélus".... Et perpetuum mobile!

3.Posté par Ch. Romain le 24/09/2011 12:36
Une solution intéressante et originale à ce problème est proposée dans un petit bouquin publié aux éditions "Les Belles Lettres" en 1998 : "La Stochocratie" par roger de Sizif.

Voir ici : http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100689650

et là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Stochocratie

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