Aides en faveur des PME : Pourquoi ne pas faire simple ?
Alors que le Président de la République va annoncer ce jour de nouvelles mesures en faveur des PME, moi, simple patron de PME, je n'arrive pas à comprendre la logique de l'intervention de l'état et surtout sa philosophie qui me parait d'une complexité inouïe.
Voici ce que le chef de l'état devrait proposer, si l'on en croit le Figaro : La semaine dernière, le premier ministre mettait en place le fonds de consolidation, doté de 200 millions d'euros, pour intervenir dans les entreprises sélectionnées par le médiateur du crédit. Lundi matin, le président de la République va détailler les mesures pour renforcer les fonds propres des PME afin de leur permettre d'investir et de grandir. L'enveloppe s'élèvera à «environ deux milliards d'euros», assure une source gouvernementale : un milliard via un mécanisme de prêts subordonnés accordés par Oséo et un milliard investit par le Fonds stratégique d'investissement (FSI), notamment sous forme d'obligations convertibles. Ce qui me gène dans ces mécanismes, c'est le côté élitiste des aides et la nécessité d'y être éligible. L'état cible des "PME innovantes qui investissent" mais quid de ces centaines de milliers d'entreprises de petite taille qui se posent simplement la question de leur survie et qui, soit par nature, soit par décision n'ont aucune intention d'investir ? Le prisme qui consiste à voir les problèmes des PME à travers la difficulté à financer leur innovation est déformant. Je ne dis pas que ce n'est pas une question, je dis que c'est loin d'être la plus fondamentale. En étant plus terre à terre, je crois que le gouvernement devrait agir sur des leviers simples "pour tout le monde" et intervenir à la source du premier problème qui va se présenter à une entreprise qui traverse une crise : la trésorerie. C'est le nerf de toutes les guerres, c'est ce qui va faire plonger la plupart des entrepreneurs selon une mécanique diabolique que tous les patrons connaissent parfaitement. De la façon la plus classique possible, les crises produisent une baisse des commandes et un allongement du délai de règlement des clients. La conséquence immédiate va être la tension de la trésorerie car il faut financer le paiement des salaires ainsi que les charges correspondantes. Si les clients qui vous payaient sous 60 jours mettent désormais 90 jours à payer, votre besoin de trésorerie va augmenter d'autant. Afin de pouvoir faire face, l'entreprise va céder ses factures à des organismes d'affacturage. Ce sont des sociétés à qui vous cédez vos factures (et ils vont se charger de récupérer l'argent de vos clients) en échange d'argent immédiat, moins les commissions. Les services de ces sociétés sont extrêmement chers et les commissions qu'elles prennent vont avoir un impact immédiat négatif sur le compte d'exploitation. Sans compter que dans le cadre d'une crise systémique, beaucoup d'entreprises ne vont plus présenter de garanties suffisantes aux yeux des sociétés d'affacturage qui vont donc refuser de financer certaines de vos factures. Vos clients vont peu à peu perdre leur solvabilité théorique. En l'espace d'un trimestre, une PME peut disparaître. Vous vous adressez à votre banque mais celle-ci, crise oblige, est super prudente et ne financera pas votre besoin de cash. Le médiateur du crédit ? Oseo ? Mais pour financer quel projet ? Vous ne voulez pas investir, vous voulez juste avoir de quoi payer vos salaires à la fin du mois puis les charges le 15 du mois suivant. Vous êtes pris dans une spirale infernale qui peut vous amener au dépôt de bilan. Que pourrait faire l'état pour aider les entreprises à traverser ces problèmes de trésorerie ? J'ai toujours pensé qu'une piste pourrait être d'aligner les appels à charge sur le poste client en donnant notamment plus de temps aux entreprises pour payer leurs impôts et leurs charges légales. Offrir plus de souplesse dans le règlement des échéances fiscales, supprimer les majorations de 10% en cas de paiement en retard, permettrait, sans réduire la fiscalité, d'aider considérablement les patrons de PME. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 5 Octobre 2009
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Le remaniement est politicien et c'est un coup de pouce déguisé aux centristes




