Attention aux sondages : ceux qui s'expriment ne sont pas ceux qui votent
Les sondages commencent à se multiplier avec, en ligne de mire, la présidentielle. Ce matin, je découvrais la nouvelle livrée d'une étude d'opinion avec cette conclusion :
Plus de la moitié des Français (55%) souhaitent que la gauche gagne la prochaine élection présidentielle en 2012, avec Dominique Strauss-Kahn en tête, contre 35% qui sont d'un avis opposé, selon un sondage Viavoice paraissant lundi dans "Libération". (source ) A première vue, les opposants au régime actuel pourraient avoir envie de se frotter les mains et se réjouir. Ils auraient tort car il existe une grosse différence entre "un échantillon représentatif de la population âgée de 18 ans et plus" et ceux qui vont se déplacer pour aller effectivement mettre un bulletin dans l'urne le jour de l'élection. Même si l'élection présidentielle est celle qui est la plus suivie par les électeurs, il ne faut pas oublier que l'abstention est massive dans notre pays et qu'elle profite assez largement aux partis conservateurs du fait de la sociologie des fidèles du bureau de vote. La société qui est "sondée" n'est pas celle qui vote ou plutôt, la société qui vote est un échantillon non représentatif de la société française dans son ensemble. C'est une règle de marketing politique et c'est une règle essentielle à avoir en tête à l'aube de chaque consultation électorale. Cela permet en même temps de relativiser la pertinence des études d'opinion. D'ailleurs, cette règle s'applique aussi à celles et ceux qui s'expriment sur Internet. A lire les blogs et les forums de discussions, les jours de Sarkozy seraient comptés. Mais les blogueurs n'ont jamais fait l'opinion et ils ne sont représentatifs de rien d'autre que d'eux-mêmes. Il ne faut pas se réjouir trop tôt (si vous êtes comme moi impatient de voir Sarkozy quitter le palais de l'Elysée). Contrairement à ce que les sondages laissent envisager, Sarkozy conserve toutes ses chances d'être élu si les partis d'alternance ne trouvent pas les mots pour mobiliser les abstentionnistes, et notamment les jeunes. C'est là tout l'enjeu de la campagne qui va débuter dans quelques mois : modifier la sociologie des votants. Gardons-nous bien de prendre les sondages pour des résultats anticipés d'une élection et concentrons-nous plutôt sur la manière de ramener dans l'isoloir des électeurs qui sont dégoûtés de la politique telle qu'elle se pratique en France pour leur proposer une alternative mobilisatrice, un projet rassembleur qui saura les faire sortir de chez eux le dimanche de l'élection. C'est sur cette ambition que je vais désormais me concentrer et travailler. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 23 Août 2010
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