Au fond, je m'en fous de savoir ce que Sarkozy pense de ZapateroC'est drôle comme on peut faire toute une histoire de rien du tout. Et c'est étonnant comme on peut détourner un sujet de son origine. L'histoire des relations Sarkozy - Zapatero est en train de prendre une tournure assez grotesque.
Tout à commencé par un déjeuner et des propos débridés du Président de la République. Dans ses habits trop grands d'aspirant maître du monde, il aurait taillé un costard à ses "homologues", lâchant que José-Luis Zapatero ne serait pas très intelligent. Horreur, malheur, Ségolène Royal en est allée de ses excuses, la presse espagnole s'en est émue puis les deux chefs d'état ont confessé par médias interposés leur amitié indéfectible.
Ce fut d'abord à l'espagnol d'accorder une interview au journal Le Monde et de déclamer : J'ai une très bonne relation avec Nicolas Sarkozy et je sais que tous les commentaires qu'il a pu faire sur moi étaient positifs Ce fut ensuite le tour de Nicolas Sarkozy de répondre aux journalistes de l'équivalent du Monde en Espagne, El Pais, et d'assurer : Avec José Luis (...) nous avons l'un pour l'autre une grande estime, une affection sincère et, je crois pouvoir le dire, une réelle amitié. Notez au passage que chacun répond aux journalistes du pays de l'autre, comme si la politesse ultime consistait à parler en presse étrangère. Alors voilà où nous en sommes : ils s'aiment, ils s'adorent, ils sont amis malgré leurs différences politiques. Cela fait quelques jours que je regarde ce ballet de communications se dérouler sous mes yeux et je n'arrive pas à penser à autre chose qu'à de la plus absurde futilité. Le fond du problème initial n'est pas la qualité de leurs sentiments l'un pour l'autre mais la grossièreté de Nicolas Sarkozy quand il est "en privé". Churchill détestait De Gaulle (qui lui rendait bien), cela ne les a pas empêché de s'aider mutuellement et d'écrire ensemble l'une des plus grandes pages de notre histoire. Ne détournons pas notre attention de l'essentiel. On se fout - en tout cas moi je m'en fous - de savoir qui aime qui et qui trouve l'autre malin ou stupide. Les relations entre deux pays sont beaucoup plus subtiles que ces affinités intuitu personae. Si notre président a la vulgarité banale et se laisse aller à des propos désobligeants vis à vis des autres chefs d'Etat, laissons le déblatérer. On ne peut pas attendre mieux de lui, il va falloir nous y habituer et éviter de réagir de façon aussi médiatique à chaque fois qu'il dit une connerie. Rédigé par Christophe Ginisty le Dimanche 26 Avril 2009
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Que pourrons-nous retenir du quinquennat de Nicolas Sarkozy ?




