Avons-nous bien fait de dénoncer avec insistance les liens de la presse avec le pouvoir ?



Avons-nous bien fait de dénoncer avec insistance les liens de la presse avec le pouvoir ?
Depuis un peu plus de deux ans, nous sommes assez nombreux à dénoncer la confusion des genres induite par les relations ambigües entre la presse et le pouvoir. François Bayrou s'est fait le chantre de cette posture et, exemples à l'appui, nous lui avons emboité le pas en nous lâchant gaiement sur le sujet.

Mais aujourd'hui, je me demande sincèrement si cette attitude était finalement responsable.

Ce qui me fait m'interroger, ce sont les récentes accusations dont ont été l'objet les journalistes au cours des affaires Frédéric Mitterrand et Jean Sarkozy. Frédéric Lefebvre en tête, suivi rapidement par tous les cadors de la majorité s'en sont pris aux journalistes, accusés de vouloir détruire avec un acharnement cruel l'image du Président de la République.

Et là, je me pose la question : en critiquant les liens de la presse et du pouvoir (qui ont surtout une dimension capitalistique), n'avons-nous pas contribué à donner une mauvaise image de la presse dans son ensemble en la décrédibilisant, ne l'avons-nous pas affaiblie, de telle sorte que l'homme de la rue n'a plus confiance en ses journalistes, devenus les artisans d'un complot imaginaire ? Car si le politique peut user de populisme pour stigmatiser les journalistes, c'est que l'homme de la rue est réceptif à cette posture.

Evidemment qu'il y a des relations incestueuses entre le pouvoir médiatique et les pouvoirs politique et économique. Evidemment que certaines complaisances sont trop visibles mais ne devrions-nous pas distinguer dans nos plaintes les journalistes des propriétaires des médias ?

Après cette semaine médiatiquement agitée, je pense finalement que, pour le bien de la démocratie, nous aurions intérêt à protéger la presse de nos critiques pour la rendre plus forte et éviter qu'elle soit une cible trop facile.

Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 23 Octobre 2009

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Commentaires articles

1.Posté par Danièle Douet le 23/10/2009 21:34
Si tu as observé attentivement d'où est venue la critique sur Mitterrand et JS, c'est d'internet. Les journalistes de presse n'ont fait que suivre cette protestation citoyenne.

"L'homme de la rue" n'a plus confiance en la presse, parce qu'il n'y trouve plus de vraies enquêtes, plus de courage journalistique.

Comme je l'ai écrit dans l'article précédent, la presse ne se porte mal qu'en France (et en Italie), où elle ne joue plus son rôle de gardien de la démocratie.

Dans tous les autres pays, notamment ceux d'Europe du Nord, elle joue son rôle de gardien de la démocratie et les parutions sont très nombreuses, dans toutes les parties du pays. Pourquoi tant d'abonnés par exemple en Norvège ou en Allemagne ? Qui permettent à la presse de vivre et non de mendier des subsides ou de dépendre de propriétaires clients de l'Etat...

Parce qu'il y existe une éducation aux médias, dès la maternelle. La population connaît l'importance de la presse pour la respiration démocratique et éduque ses enfants en ce sens.

Il existe toute une pédagogie autour de la lecture du journal, dès la maternelle, des jeux avec le journal, des articles réservés aux enfants qui sont lus en maternelle et le soir par les parents, s'ils le souhaitent. Avec un vocabulaire destiné aux enfants pour leur expliquer ce qui se passe dans le monde. Par exemple dans le journal que je reçois le matin, les articles pour jeunes enfants portaient sur :
le prix Nobel, l'assurance maladie, la vaccination contre la grippe porcine, le Salon du livre, etc. etc... puis des aventures avec la mascotte du journal. Cette éducation se poursuit en école primaire et pendant toute la scolarité avec participation à la rédaction d'articles, etc...

C'est ainsi qu'en Norvège il y a presque autant d'abonnés au journal local que d'habitants dans la région. Ce pays qui n'a que 4 millions d'habitants a 273 parutions dont de nombreuses locales, alors que la France et ses 65 millions d'habitants n'en a que 127 agences de presse inclus, tout en sachant que les éditions régionales appartiennent à très peu de groupes de presse de la même couleur politique. La Suède a 130 parutions pour 9 millions d'habitants. Et l'Allemagne 431 parutions pour 80 millions d'habitants. Tous ces pays ont une presse locale vivante, critique et citoyenne qui permet de contrôler ceux qui ont un mandat d'élu, non pas pour eux ou pour faire carrière, mais pour représenter les citoyens.

En France, le nombre d'abonnés est très bas et la presse est devenu un instrument d'influence pour certains grands groupes clients de l'Etat. Les journalistes ont besoin de faire vivre leur famille et ils dépendent - pour garder leur place de travail - de l'opinion qu'ont d'eux leur employeur. S'ils ne plaisent plus par leurs écrits, on les met à la porte, c'est tout simple.

Une autre raison du problème français est la concentration malsaine de la presse à Paris, où les journalistes cotoient les politiques et les dirigeants économiques. Cette proximité est unique en Europe et les empêche d'être vraiment critiques, car ils connaissent trop bien les gens qu'ils devraient critiquer dans leur action pour permettre aux citoyens de savoir ce qui se passe.

Dans d'autres pays du Nord de l'Europe, les groupes de presse - qui n'appartiennent pas à des industriels clients de l'Etat, mais se consacrent à des activités de presse - ont leur siège dans différentes régions. Ils écrivent donc avec une vue plurielle culturelle sur les évènements. Par exemple en Allemagne, les grands groupes de presse sont à Hambourg, Berlin, Munich, Cologne, etc... et les médias audiovisuels ne sont pas tous dans UNE seule ville.

Je suis d'accord pour soutenir les journalistes, mais il faudrait une profonde réforme du paysage médiatique en France, une éducation aux médias pendant toute la scolarité en commençant par la maternelle et une formation journalistique basée sur les valeurs démocratiques de la presse.

Il y a du boulot... qui commence par une prise de conscience. Quand on a en mains un journal comme le "Républicain lorrain" on se demande pourquoi tant de gaspillage de papier et d'encre. Le "Sud-Ouest" que je connais bien, n'est guère mieux...

Le combat démocratique de Mediapart, @si, Rue89 par exemple est important et je pense que c'est sur cette voie qu'il s'engage...

2.Posté par Cf le 23/10/2009 21:41
Pas sur ! quand je lis la presse comme je le fais chaque jour, toutes tendances confondues, je ne peux que constater avec tristesse que peu nombreux sont ceux qui, sans polémiques inutiles ou parti pris, se sont permis de critiquer le pouvoir en place.Qu'on se souvienne des rires qu'avait attiré sur lui Laurent Joffrin, posant lors de cette conférence de presse,une question pourtant pertinente . Depuis quelques semaines, les crises se succèdent pour Sarkozy et on sent l'homme affaibli, l des voix s'élèvent enfin, de plus en plus nombreuses chez les journalistes, comme au sein de son propre parti pour le mettre en cause.
Les avocats de Villepin au procès Clearstream n'ont pas été tendres non plus. Le climat a changé. Mais fallait-il en arriver là, presque trois ans après son élection pour que la presse "ose" reprendre ses droits ???Que le pouvoir critique les journalistes, évidemment puisque ceux-ci osent enfin se rebeller.

3.Posté par Danièle Douet le 23/10/2009 21:46
Assez d'accord avec Cf...

J'oubliais d'ajouter dans le commentaire précédent, que l'éducation aux médias comprenait bien entendu l'éducation à la TV avec des infos réservées aux enfants, à partir de la maternelle, comme cette chaîne interactive
Les sujets traités sont repris par les journaux locaux dans la partie réservée aux enfants. L'éducation aux médias est donc extrêmement pris au sérieux, car il est un gage de citoyenneté pour l'avenir.

Un citoyen informé en vaut deux...

4.Posté par Dom le 23/10/2009 22:59
@CG

Vous passez d'un extrême à l'autre : en 2007, au diapason de Bayrou (mais cela aurait pu être dans le sillage de Royal), vous accusez la presse d'ostracisme à l'égard de votre candidat - au profit du méchant Sarkozy, bien sûr. Puis, réalisant en 2009 que Sarkozy se prétend à son tour victime des médias, et que cela ne tient pas (pas davantage qu'avec Royal ou Bayrou), étant donnés l'actionnariat des groupes de presse et les sponsors des partis politiques (les mêmes, dans le désordre), vous décidez subitement de ne plus critiquer la presse, afin de ne pas l'affaiblir...

Et si vous faisiez tout simplement preuve de discernement, pour une fois ? Voilà une bonne résolution que je vous suggère pour 2010.

On peut critiquer la presse et critiquer le pouvoir, chacun à raison de ce qu'il est.

5.Posté par Ch. Romain le 23/10/2009 23:32
Plutôt d'accord avec le premier commentaire de Danièle. Ce ne sont pas les dénonciations des rapports entre pouvoir et Presse qui ont déterioré l'image de celle-ci. C'est plutôt la conjonction de deux tendances :

- une baisse de la consommation liée d'une part à la baisse de la lecture "papier" comme moyen de communication et d'information (les jeunes générations ne sont pas très lectrices...) et d'autre part au coût élevé de la Presse en France (plus la concurrence des gratuits) ;

- une remise en cause définitive de la caste journalistique comme "élites intellectuelles" susceptibles de guider et d'éclairer le bon populo. A cet égard, l'épisode du Non au TCE aura été un épisode majeur, qui a consacré la décrédibilisation des médias "officiels" au profit des sources Internet (cf. l'épisode Etienne Chouard).

Plus profondément, une partie du malaise tient à ce que la Presse, en particulier la Presse magazine, est profondément prévisible. Quel que soit le sujet, je suis à peu près capable d'imaginer ce que Charlie-Hebdo, National-Hebdo, L'Humanité, Le Figaro, Le Point, Le Nouvel Obs, Marianne ou L'Express en diront sur le fond. Je ne sais pas COMMENT ils le diront (je ne peux pas imaginer d'avance la couverture de Charlie-Hebdo ou le dessin de Plantu), mais je sais à peu près dans quel sens ça ira.

Or, je ne vois pas l'intérêt de payer 2, 3 ou 4 euros pour lire l'avis d'un monsieur, alors que je considère que mon avis à moi ou celui de mes copains valent bien le sien (le "je" est ici rhétorique...). Ce qui m'intéresse, c'est le fait brut. et pour ça, un gratuit, internet ou France-Info me suffisent. Au surplus, il faut bien reconnaître (et tous ceux qui ont vu fonctionner des journalistes le savent) que ce métier est désormais livré à l'à-peu-près, à l'inexactitude, à la frime creuse, au panurgisme et au recopiage sur l'épaule du voisin. Et ça ne date pas d'hier !

Observons néanmoins que lorsque les faits sont correctement rapportés et accompagnés d'analyses pertinente écrites dans un langage accessible, ça se vend. La preuve : le succès de L'Equipe ne se dément pas. De même, lorsqu'un journal propose un contenu réellement différenciant avec une équipe rédactionnelle crédible, ça se vend aussi. La preuve : Le Canard enchaîné, dont le succès ne se dément pas non plus !

6.Posté par mry le 24/10/2009 09:03
putain... quand tu retournes ta veste, tu le fais franchement !... Le syndrome Eric Besson ?

7.Posté par Christophe Ginisty le 24/10/2009 11:33 (depuis mobile)
Je ne retourne pas ma veste, je m'interroge et je pose des questions. Je crois que c'est le devoir de tout citoyen de s'interroger sur l'actualité.

C'est ce que je fais et que je continuerai à faire.

8.Posté par dubuc le 24/10/2009 11:36
Besson... Roooh, ça c'est carrément insultant! Ca va se finir sur le pré...
Gainsbourg a dit un jour: "j'ai retourné ma veste le jour où j'ai vu qu'elle était doublée de vison", ça relativise les choses!
La critique de la presse et des médias leur ont peut-être donné l'impulsion nécessaire à la révolte! Et puis, il y a les journalistes et les patrons de presse... La presse va mal, mais les canaux de diffusion d'information sont nombreux...

9.Posté par Danièle Douet le 24/10/2009 17:17
Tiens, la presse allemande annonce la constitution du gouvernement allemand, après des heures de négociations sur la base des programmes des trois partis ayant formé coalition.

Le plus jeune ministre, Philipp Rösler, a 36 ans, Vietnamien, adopté après sa naissance en Allemagne. Médecin, père de jumelles, il prend la responsabilité du ministère de la santé.

Celui qui vient après lui en âge, le baron zu Guttenberg, a 37 ans, ne parle pas du tout la langue de bois et n'a pas besoin de la politique pour assurer ses revenus. Il est hyper-populaire en Allemagne, juste devant ou derrière Angela Merkel, selon les sondages (actuellement devant avec 66% de capital de sympathie). Il était jusqu'alors ministre des Finances et sera ministre de la Défense. Il est issu de la grande famille à laquelle appartenait Karl_Ludwig_Freiherr_von_und_zu_Guttenberg qui a fait partie de la résistance contre le national-socialisme dans le cadre du complot du 20 juin 44 contre Hitler et fut assassiné en 1945.

Pour ceux qui savent lire l'allemand, voici le Contrat de coalition, programme de gouvernement âprement négocié pendant des semaines point par point dans les 9 commissions tripartites (CDU, FDP, CSU), feuille de route pour les 4 ans à venir...

A voir ce que les médias français vont en raconter...


10.Posté par CK le 24/10/2009 17:23
Je pense

1) Que les problèmes d'impartialité et de difficultés financières de la presse sont plutôt à être
envisagés de manière indépendante
.
2) Les journalistes très rapidement vont quasiment toujours dans le sens de leur "patron" qui les paient (particulièrement dans les moments "chauds"). Je suppose que c'est un phénomène humain difficile ou même impossible à modifier.

3) C'est objectivement que l'on peut constater la mainmise du pouvoir sur la grandes majorité des médias. Soit L'Etat les possédant et intervenant, soit par l'intermédiaire des propriétaires trés proche du Président de la république.

Cela est d'ailleurs revendiqué par le Chef de l'état et le fruit d'un "travail" conscient constant et opiniâtre. Ne lui enlevons pas son mérite
.
D'ailleurs toute les études qui essaient d'être objectives (trop peu nombreuses) - Temps de paroles, Articles "favorables" "défavorables", classement international) montre la belle réussite de ses efforts et un très grand déséquilibre en faveur du pouvoir.

Et donc la vraie question me semble être "que peut-on y faire ?".

Pour ma part, j'y vois un problème de résistance politique.




11.Posté par mry le 24/10/2009 18:18
Dubuc... oh bah non maintenant qu'il a compris et qu'il est revenu à ce que Hervé Resse lui annonçait il y a deux ans et que nous étions plusieurs à penser aussi... je te rappelle... ;-)

12.Posté par Christophe Ginisty le 24/10/2009 20:33
Mry -> Tu ne changeras jamais.... toujours aussi chiant...

13.Posté par Fotini le 24/10/2009 22:10
@Christophe

Je comprends que tu sois inquiet par l'utilisation dangereuse que Nicolas Sarkozy et sa cour font de la presse, en l'assujettissant et/ou en la vilipendant selon leur bon vouloir, mais je pense que c'est à chacun de faire acte de résistance, à son niveau. Car tout un chacun contribue à ce que cet état de fait perdure dans le métier.

Ce n'est pas évident pour ceux qui essaient d'en vivre, mais à quoi cela sert-il après tout d'être journaliste si ça se réduit à faire des synthèses insipides ou des torchons sur ordre ?
Autant changer de métier ou tenter de lancer un titre indépendant avec d'autres journalistes en bossant en parallèle chez McDo s'il le faut. C'est triste à dire, mais aujourd'hui la liberté ça se paie, et c'est ça qui devient inquiétant.

Pour le reste, il suffit de distinguer "presse" et "Presse", "journaliste" et "Journaliste". Cela n'a-t-il pas toujours été le cas ? Il suffit de relire Balzac (c'est dans les "Illusions perdues" je crois qu'il fait un portrait au vitriol des journalistes de son époque).

14.Posté par Fotini le 24/10/2009 22:29
On frôle l'absurde avec cette phrase : "que chacun fasse son travail en respectant le travail de l'autre" !

Pégard fait la leçon à la presse
AFP
24/10/2009 |

Catherine Pégard, conseillère du président Nicolas Sarkozy et ancienne journaliste, plaide pour "que chacun fasse son travail en respectant le travail de l'autre", dans une interview au Monde daté de demain.
"A lire les journaux, on a parfois l'impression de vivre dans un microcosme bouillonnant d'arrières-pensées et de calculs", affirme la conseillère du chef de l'Etat, en faisant référence au milieu politique.
"Que chacun fasse son travail en respectant le travail de l'autre! Le président de la République respecte le travail des journalistes mais c'est vrai, il peut être un peu sévère quand il les prend en défaut", asssure Mme Pégard.
Alors qu'on lui demande si elle n'est pas "choquée" d'entendre le président "pester contre des journalistes devant d'autres journalistes", l'ancienne chef du service politique du Point répond qu'elle en a "vu d'autres", aussi bien sous l'ancien premier ministre Raymond Barre (qui dénonçait les "scribouillards" de journalistes) que sous les présidents François Mitterrand et Jacques Chirac.
Revenant sur la polémique autour de Jean Sarkozy, la conseillère de l'Elysée affirme que le jeune homme, qui a renoncé jeudi à briguer la présidence de l'Epad, "ne s'est jamais vécu comme un héritier".
"J'observe Jean Sarkozy depuis longtemps, il n'a rien d'un fils à papa. C'est pour cette raison qu'il a peut être sous-estimé l'incompréhension suscitée par sa candidature", explique-t-elle.
Après les polémiques autour d'écrits de Frédéric Mitterrand, auujourd'hui ministre de la Culture, et du fils cadet du président, des ministres et élus UMP ont accusé les médias de vouloir "détruire" Nicolas Sarkozy.

15.Posté par Martine le 24/10/2009 22:33
@Fotini,

16.Posté par Martine le 24/10/2009 22:37
Bon, pas passé aussi je récidive:
Christophe bon courage
Quand à F pas récent :

17.Posté par Martine le 24/10/2009 22:38
Bon nez de clown!!! :D
Ciao, ciao

18.Posté par cadiot le 26/10/2009 16:43
François Bayrou et le MoDem n'ont jamais critiqué la presse ou lancé l'opprobre sur les journalistes. Ils ont dénoncé, et il fallait le faire, il faut de plus en plus le faire, les liens de proximité et les liens d'affaires entre le pouvoir et certaines directions d'organes de presse. Le CNR avait décidé de soustraire la presse de la dépendance des grandes sociétés. Hélas, au fil du temps, la concentration et les impératifs de rentabilité à court terme ont réduit cette disposiiton historique pratiquement à néant. Il faut maintenir l'indépendance de la presse, mise en danger par le pouvoir sarkozyste qui nomme les PDG de l'audiovisuel public, intervient dans les nominations, censure (par ex. M 6 tout récemment). Aujourd'hui, une bataille extrêmement grave, ignorée du grand public, est lancée pour le maintien d el'indépendance de l'AFP, dont les statuts, votés unanimement par le Parlement fin 1956 garantissent l'indépendance, malgré les pressions de toutes parts, et que le gouvernement veut casser.
Le MoDem, et d'autres démocrates et progressistes sont à l'avant-garde de ce combat démocratique,et je vous exhorte tous à signer la pétition sur http://www.sos-afp.org

19.Posté par Dom le 26/10/2009 17:03
@ cadiot #18

La dépendance de la presse à l'égard des pouvoirs politique et économique ne date pas de l'élection de Sarkozy, elle remonte à la nuit des temps, avec les aides et subventions payées par l'Etat (sans lesquelles certains journaux auraient depuis longtemps déposé le bilan), puis avec la prise de contrôle des journaux par de grands groupes de l'armement, du bâtiment... ou de n'importe quel secteur dont les contrats internationaux se négocient à l'Elysée et se signent à l'occasion des voyages du président à l'étranger.

Pour ce qui concerne l'AFP, vous nous racontez la plus grosse blague de la semaine... L'Agence France Presse Indépendante !? Comme son nom l'indique, peut-être ?.... Son conseil d'administration, composé de 15 membres, comporte notamment deux représentants de l'audiovisuel public (nommés par le gouvernement depuis belle lurette) et trois représentants de l'Etat : un appartenant au service médias du premier ministre, un du ministère des affaires étrangères et un du ministère du budget.

Comme grande cause de la liberté d'information, on a vu mieux.




20.Posté par cadiot le 26/10/2009 17:26
Dom

Le CA de l'AFP est formé en majorité de représentants de la presse française (8 sur 15), mais comprend aussi, comme vous le dîtes, trois représentants du gouvernement, deux de l'audiovisuel public, deux représentants du personnel, et le PDG élu par les 15 autres (le personnel s'abstenant par principe). Oui, l'AFP est indépendante, ou en totu cas tente de l'^ter le plus possible, de résister à toutes les pressions. Elle participe au rayonnement de la France étant l'agence, sinon la plus riche (les chiffres d'affaires de Reuters et d'AP sont plus forts) la plus implantée en France. L'Etat est un client de l'AFP, et ses abonnements représentent 40% de ses recettes. Il ne s'agit pas de subvention, mais de paiement de services sans lesquels j'imagine mal les ministères, les adlinistrations, els préfectures, et les ambassades fonctionner! Il est donc normal que le gouvernement soit présent, mais il n'est pas majoritaire. Mais la question de la composiiton du CA n'est pas le probnlème le plus important. Le plus important est l'article 2 qui assure notre ndépendance de toute force politique ou économique. C'est cela qui est en jeu et qui est uneformidable bataille délmocratique. Je vous plains si vous trouvez que c'est une blague. Vous semblez ignorer que presque toutes les informations d'intérêt national ou international qui vous parviennent viennent de l'AFP. Que direz-vous si le projet en cours (gouvernementalisation, avant possible privatisation) réussit? Ce seront des critères de rentabilité auxquels devront se soumettre les journalistes, des journalistes à qui il faut rendre hommage, au lieu de les dénigrer comme le font Sarkozy, Lefèvre et consorts. Et comme ne l'a jamais fait Bayrou.

21.Posté par Dom le 26/10/2009 17:48
@ cadiot

L'AFP, du fait de la composition de son CA et de son fonctionnement, est le relais de l'Elysée auprès de rédactions du monde entier. Ses 2000 collaborateurs transmettent la voix officielle de la France en six langues, par le biais de leurs 118 bureaux répartis sur toute la planète. Aucun risque de croiser une critique de Sarkozy dans leur leurs dépêches, pas plus que des présidents précédents. Vous ne m'en voudrez donc pas de ne pas sortir ma boite de kleenex pour pleurer sur les menaces qui planeraient sur l'indépendance supposée des journalistes de cette maison.

Quant au fait que "toutes les informations d'intérêt national ou international viennent de l'AFP", comme vous dites, c'est tout le problème. Mais rassurez-vous, si l'AFP fait grève (ont peut toujours rire), les journalistes trouveront exactement les mêmes infos, dans les mêmes termes, dans les deux autres grandes agences du trio de tête mondial : l'anglaise Reuters et l'américaine Associated Press (AP).

22.Posté par cadiot le 26/10/2009 18:39
Dom

Je veux rester courtois. Mais le fait de dire que l'AFP est "le relais de l'Elysée", d'une part, prouve que vous ne connaissez malheureusement pas du tout l'AFP, et surtout, risque de dénaturer le combat pour la défense de l'indépendance de l'AFP auquel se sont associés de très grandes figures morales comme Stéphane Hessel, co-rédacteur dela Déclaration universelle des droits de l'homme, Raymond Aubrac, Danielle Mitterrand, Jean Mauriac, Philippe Sollers, Edouard Glissant, Jacques Delors, François Bayrou, Cécile Duflot, Martine Aubry, Ségolène Royal, Corinne Lepage, Nicolas Dupont-Aignan et plus de 20.000 personnalités ou citoyens attachés à l'indépendance de l'AFP. Les journalistes de l'AFP qui snt sur tous les fronts, risquent pour certains leur vie chaque jour, sont en permanence à l'affîut d'informations qu'ils dénichent, vérifient, recoupent et fournissent aux medias. Si l'AFP fait grêve, cela peut arriver, ce 'est pas pour rire et ça ne fait pas rire, c'est justement pour maintenir son indépendance ou lutter contre la précarisation qui ronge notre société, et ses informations ne se retrouveront jamais ailleurs. C'est pour ça que les pays d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Amérique latine préfèrent l'AFP aux agences abglo-saxonnes: elles font entendre une voix différente. L'AFP n'estpas "aux ordres". Je ne sais où vous avez trouvé de tels arguments. Je vous invite à vous renseigner un peu sur l'histoire et le travail de l'AFP.

23.Posté par Dom le 26/10/2009 19:03
@ cadiot #22

Vous avez raison de "vouloir rester courtois", et je vous félicite de tenir le cap. Evitez juste, s'il vous plait, d'utiliser des guillemets lorsque vous reprenez des formules qui ne m'appartiennent pas - l'AFP "aux ordres", notamment.

L'argument des "grandes figures morales" et la liste qui suit ne suffiront pas à me convaincre de la justesse de votre cause, bien au contraire. Désolée, les faits sont là. L'Agence France Presse est la voix de la France, elle a été créée pour cela et tient parfaitement son rôle. Son histoire n'a rien de mystérieux.

Quant au projet de restructuration, c'est une autre histoire, qui fera malheureusement des victimes, et dépasse le cas particulier de l'AFP. Il touche tout l'audiovisuel public, s'accompagne de coupes douloureuses dans d'autres médias (à RFI par exemple), et coïncide avec la création de la première chaine télé publique française d'information en continu, présentée justement par l'Elysée comme devant être "la voix de la France"...

Les journalistes de l'AFP ne méritent ni plus ni moins d'attention que les ouvriers, les cadres et les employés des milliers de petites, moyennes et grandes entreprises, qui taillent dans les effectifs pour de bonnes ou de mauvaises raisons.

24.Posté par cadiot le 26/10/2009 20:01
Dom

Les journalistes de l'AFP ne mérient ni plus ni moins que les ouvriers, les cadres et les employés des milliers de petites, moyennes et grandes entreprises, qui taillent dans les effectifs pour de bonnes ou de mauvaises raisons.


Absolument, j'adhère à 100%..Les journalistes en l'AFP ne méritent pas mieux que les autres.Mais sans eux, l'information sur le chômage, les drames sociaux, les suicides à Télécom serait sacrément allégée, et la plupart du temps serait passée sous silence.
Vous ne le savez peut-être pas, mais c'est la plupart du temps sur des alertes de l'AFP que les rédactions décident d'envoyer sur place des journalistes.Très souvent aussi, très très souvent, elles se contentent de lire les dépêches. Les sites politiques, citoyens ou personnels, sont pleins de dépêche afp, ce qui est un gage de sérieux pour les internautes.

25.Posté par Dom le 26/10/2009 20:21
@ cadiot

Très, très, souvent, en effet, les rédactions se contentent de recopier les dépêches d'agences (AFP et autres), en bougeant à peine les virgules. Je trouve cela très, très, regrettable, mais pas pour les mêmes raisons que vous. Les dépêches peuvent être une base de travail pour les journalistes, en aucun cas de l'information à elles seules, puisqu'elles ne font que relayer les points de vue, dans le cas de l'AFP, du quai d'Orsay, de Matignon, de Bercy... En bref, de l'Elysée, quel qu'en soit le locataire.

26.Posté par cadiot le 27/10/2009 09:48
Dom,

Décidément! L'AFP ne "fait pas que relaye pas les points de vue du quai d'Orsay, de Matignon....bref de l'Elysée".....Où avez-vous ça?Elle fait des dépêchesla f à pratir d'informations ou de communiqués venant delmilliers de sources fiables -les ministères, l'Elysée, les syndicats, les pompiers, les mairies de gauche ou de droite, les Eglises, Droit au Logement, l'Association des Anciens combattants, le PS, le divers courants du PS, le MoDem et des dizaines de milliers d'autres! L'AFP est dans le monde entier. Elle re "relaye pas ds points dde vue", elle fournit des informations, qui peuvent être des prises de position. Cher Dom, difficile de vous convaincre de quelque chose qui est pourtant le lot quotidien, nuit et jour, irréfutable. Si je n'ai vou convaincre, j'espère que mes explications ont été assez claires poru les lecteurs de ce site afin qu'elles signent la pétrition so-afp

Sans rancune


27.Posté par Dom le 27/10/2009 10:34
@ cadiot

Sans rancune, of course...

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