Bayrou doit démissionner pour donner une chance aux valeurs du MoDem
A la veille du Conseil National du MoDem, je souhaite exprimer mon point de vue sur l'avenir de la formation créée et dirigée par François Bayrou. Même si j'ai démissionné de mon mandat de conseiller national en octobre dernier, contraint de le faire pour ne pas être accusé de cautionner un système pervers et corrompu, je demeure attaché aux valeurs que j'ai défendues en 2007 et j'ai l'espoir que ces valeurs ne meurent pas. Que nous puissions ensemble les faire revivre.
La défaite du Mouvement Démocrate lors des précédentes consultations électorales marque l’échec total et sans ambiguïté de la stratégie politique de François Bayrou à la tête de sa formation. Il doit désormais faire face à ses responsabilités et présenter sans tarder sa démission aux adhérents du Mouvement Démocrate. C’est une question de dignité. Ce ne sont pas les autres qui ont failli et la défaite ne s'explique pas par des conditions extérieures difficiles. Pour avoir tout décidé tout seul, François Bayrou n'a pas la moindre excuse pour se dédouaner de ses responsabilités. Après une campagne des municipales en 2008 marquée par une stratégie hésitante d’alliances à géométrie variable, parfois en soutien à un maire de droite, parfois en soutien à un maire de gauche, après une campagne des européennes confisquée par un anti-sarkozisme lancinant et hors sujet, après une campagne des régionales marquée par un virage à gauche non débattu par les adhérents et les militants et non conforme à l’esprit d’indépendance voulu en 2007, François Bayrou a fait la démonstration qu’il ne pouvait pas mener sa famille politique à la victoire. A l’échec d’une stratégie politique doit s’ajouter l’absence de démocratie interne au sein du Mouvement Démocrate qui a contribué à faire partir les cadres et les adhérents par centaines. Au cours des 6 derniers mois, 27 présidents de mouvements départementaux ont démissionné de leurs mandats et des dizaines de responsables de sections ont également pris la décision de quitter le MoDem pour marquer leur opposition aux méthodes de gouvernance de François Bayrou. La « purge » actuellement mise en œuvre par le Comité de Conciliation et de Contrôle du mouvement (l’organe disciplinaire du mouvement) relève d’une direction autoritaire abusive non respectueuse des droits de la défense. On sanctionne de simples militants pour délit d'opinion alors que l'on autorise des sénateurs à quitter le navire sans broncher. Enfin, la convocation du Conseil National de samedi 27 mars dans un lieu sécurisé par peur de devoir faire face au mécontentement légitime des militants ainsi que le refus affiché lors de la convocation d’aborder les véritables raisons de l’échec, marquent une rupture définitive entre François Bayrou et la base des adhérents. En conséquence, La première mesure de bon sens est la démission du François Bayrou de ses fonctions de Président du Mouvement Démocrate et, conformément aux statuts, l’organisation d’un congrès afin de procéder à une nouvelle élection. Il faut également plaider pour l’annulation des décisions iniques d’exclusion et de suspension prononcées par la CCC à l’encontre d’adhérents qui se sont opposés avec raison à la stratégie électorale désastreuse de François Bayrou. Les résultats ont prouvé que ce sont ces adhérents qui avaient raison. Il faut que tous les démocrates désireux de faire vivre les valeurs du mouvement dans le respect des promesses de 2007 puissent se réunir pour écrire une nouvelle page du projet démocrate, une page audacieuse, indépendante, respectueuse de la parole militante et ouverte sur la société civile. Il est urgent que tous les adhérents du Mouvement Démocrate fassent pression sur les instances locales, départementales et nationales pour que cette transformation puisse avoir lieu dans les meilleurs délais. Il est encore possible de remettre sur pied un mouvement digne de leur espérance, qui respecte au quotidien ses valeurs, qui applique ses statuts à la lettre et qui pose les bases d’une formation politique innovante. Et ne nous leurrons pas. N'affirmons pas que le MoDem sans Bayrou ne serait rien. François Bayrou a précipité une énergie militante extraordinaire vers le néant. Il n'a pas construit le MoDem. Il l'a imaginé, puis il l'a détruit. Soutien de François Bayrou lors de la présidentielle de 2007, adhérent du MoDem dès sa constitution, élu Conseiller National en 2008, créateur des « Promoteurs du Mouvement Démocrate », un groupe de cadres qui appelaient François Bayrou à rénover les structures du mouvement dès juin 2009, j’ai comme des milliers d’autres personnes été contraint de démissionner de mon mandat de conseiller national en octobre 2009 car je refusais de cautionner les dérives de la direction du Mouvement Démocrate et pour m’insurger contre l’absence de remise en question suite à la déroute électorale des européennes. Comme des milliers d’autres militants, je suis convaincu que le projet de créer un grand mouvement démocrate en France mérite que l’on se mobilise et je déplore que ce soit un idéal auquel François Bayrou n’a pas pu donner la moindre consistance politique à ce jour. Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 26 Mars 2010
Commentaires articles
1
2
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
Commentaires
Sur mon blog pro...
|
|



















Et après, on nous dira que le MoDem ne roule pas avec l'UMP



