Bernard de la Villardière tâcle François Bayrou et sort de son devoir d'indépendance
Vue ce matin sur le site Ozap, cette vidéo; où Bernard de la Villardière, deux ans après la présidentielle et un échange très tendu entre lui et le leader du MoDem, récidive en traitant François Bayrou de "Le Pen light".
Je le cite : (A propos du débat lors des présidentielles) « J'avais l'impression qu'il s'en prenait à ce que j'étais, à ce que je représentais, au fait que peut-être j'avais une particule [...] Je continue de penser que ce type est un Le Pen light [...] parce qu'il est très populiste [...] Mais mon rôle là n'est pas de régler mon compte avec François Bayrou. » Tu parles, Charles... Après la discrimination raciale ou ethnique, voilà un nouvel épisode de la discrimination à la particule. Cela n'a pas de sens. Il est urgent que le présentateur de M6 reprenne ses esprits, même si la tentation peut lui paraître grande de tacler un opposant au régime en place pour en obtenir les faveurs et, le cas échéant, sortir du placard dans lequel il se prélasse. Voilà un journaliste-producteur; qui se targue de faire un travail d'investigation objectif et indépendant et qui marque clairement et publiquement sa sensibilité politique en insultant purement et simplement un homme qui a recueilli près de 20% des suffrages exprimés lors de la dernière élection présidentielle et qui, contrairement au leader du Front National, est un authentique démocrate, attaché plus que tout aux valeurs de la République. Alors évidemment, vous me direz qu'il n'a pas comparé les idées des deux hommes mais la posture de communication, ce qu'il appelle avec mépris le populisme. De quoi s'agît-il ? Selon le dictionnaire, le populisme est une "attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits." C'est encore un de ces termes de la langue française qui sont utilisés de façon caricaturale et péjorative. Dans la bouche de Bernard de la Villardière, on imagine que le fait de se réclamer du peuple est dégradant. Mais alors comment qualifier un journaliste qui tire ses subsides d'une société de production dont le positionnement est résumé ainsi : Société de production indépendante, Ligne de front a pour ambition de raconter et de décrypter notre environnement, trouver un sens au monde d’aujourd’hui en respectant la véracité des faits et des hommes. À travers les documentaires, les films institutionnels et la production d’événements, l’équipe de Ligne de Front met en valeur les notions d’engagement, de solidarité et d’authenticité. Ne se réclame-t-on pas du peuple (des téléspectateurs) lorsque l'on produit des émissions d'investigation ? Ne peut-on pas affirmer que l'on prend sa défense contre les divers torts qui lui sont faits ? Ne doit-on pas être nécessairement populiste dans le bon sens du terme lorsque l'on fait ce métier ? Bernard de la Villardière mélange les genres et se livre à une critique publique qui ne le grandit pas. Outre qu'il confonde populisme et démagogie, il s'installe sur un registre polémique qui décrédibilise totalement son affirmation d'indépendance. Lui qui a présidé au Press Club de France; et qui est (ou fut) membre du Club des Vigilants aux côtés notamment de Christian Blanc (actuellement au gouvernement), de Bernard Esambert (Bolloré, Lagardère, Edmond de Rotschild,...), lui qui a enseigné au Centre de Formation des Journalistes devrait tenter de proposer un autre visage de la presse. Vous voyez. Lorsque François Bayrou prétend qu'il n'existe pas de séparation de pouvoir entre l'exécutif et le médiatique, il ne se trompe pas. L'exemple de Bernard de la Villardière est à ce titre particulièrement révélateur de ce qu'il dénonce. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 23 Mars 2009
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