Christophe Ginisty

Bienvenue dans le 3ème âge d'or de l'Internet


Rédigé le Mercredi 3 Juin 2015



Cela fait des années que l’on attend cela et c’est peut-être en train de se produire. Dans nos sociétés, 20 ans après ce que certains considèrent comme l’avènement du Web dans une forme (presque) accessible au grand public, les technologies sont arrivées à un tel niveau de simplicité et ont été adoptées par tellement de gens, tous milieux sociaux et toutes générations confondues, que l’on est sur le point de tourner définitivement la page des années geeks où il fallait être un brin technophile et le portefeuille bien rempli pour profiter de la puissance du réseau et des gadgets connectés.

L'Internet comme sujet va disparaître. Nous avons connu la révolution Internet puis le web 2.0 avec la micro publication et l'éclosion des espaces participatifs et autres réseaux sociaux. Nous entrons en ce moment dans une ère où seul l’usage compte, où la complexité a disparu et où l’humain reprend le contrôle pour se façonner un monde qu’il croit meilleur. Car évidemment, quand je dis que l’Internet est mort, je ne dis pas qu’il va cesser de fonctionner mais qu’il va progressivement quitter les conversations, tant il sera devenu une simple commodité.

Je sais que les puristes vont hurler en lisant ça, qu’ils vont objecter qu’il reste toujours des zones d’ombre et des populations qui souffrent gravement de la fracture numérique, soit pour des raisons financières soit pour des raisons géographiques. Certes, mais dépassons ces quêtes d’absolu légitimes pour nous intéresser aux tendances de fond.

L’appropriation massive est un fait et elle nous permet de d’entrevoir une nouvelle ère. Si vous me suivez depuis un moment, vous savez que je me suis toujours intéressé au web dans sa dimension sociétale, et dans sa capacité à favoriser des changements profonds parmi les hommes, en bouleversant la manière avec laquelle ils communiquent, ils s’informent, ils apprennent, ils militent, ils revendiquent,… C'était tout l'objet de l'essai (1) que j'avais écrit en 2010. Je me suis toujours fichu des technologies qui ne sont que des moyens et j’ai fréquemment regretté que la révolution numérique soit préemptée par ces hordes d’enthousiastes parfois illuminés qui passent le plus clair de leur temps à discuter tuyaux et gigabits.

Ce que je ressens depuis un ou deux ans à peine est que nous pouvons enfin passer à autre chose. Il y a toujours un grand besoin de chercheurs pour continuer l’œuvre d’innovation qui est très loin d’être terminée, loin de là, mais pendant qu’ils inventent au cœur de leurs labos, des individus profitent déjà des technologies disponibles pour faire émerger de nouveaux comportements et jeter les bases d’interactions sociales basées sur l’échange, la confiance en l’autre et la conscience écologique.

Les gens ont compris intuitivement deux choses. La première est la portée du message écologique qui, bien que véhiculée par une frange de la classe politique qui a réussi en quelques décennies la prouesse de porter un message juste et noble tout en se faisant détester par une majorité de la population, la seconde est que la puissance du web social pouvait leur permettre de créer des modèles alternatifs vertueux, de nature à court-circuiter les modèles capitalistes traditionnels pour contribuer activement à la protection de notre petite planète.

J’ai écrit récemment sur l’économie du partage, mais tout cela entre dans une logique plus globale que l’on appelle l’économie circulaire, seule solution face à la pénurie de ressources naturelles combinée à l’explosion démographique, au réchauffement climatique et à l’accumulation des déchets qui jonchent nos sols.

Pas besoin d’avoir élu un président écolo pour cela. Les gens font le boulot ou, du moins, se sont mis en marche pour le faire. D’abord à une petite échelle, mais le mouvement qu’ils ont initié est bien là, avec une créativité et un bon sens à faire pâlir d’envie ceux qui nous dirigent (ou qui aspirent à le faire).

C’est ce qui m’avait fasciné dans la pub d’Apple « 1984 » réalisée par Ridley Scott. J’avais 20 ans quand je l’ai vue pour la première fois et je suis resté scotché dans mon fauteuil de longues minutes. J’avais compris le message et j’étais convaincu que les technologies allaient changer le monde en apportant comme dans le film un nouveau souffle aux hommes. Je ne savais pas comment. 30 ans après, je commence à en avoir une petite idée.

Dans les semaines et les mois qui viennent, attendez-vous à ce que je vous parle de plus en plus de cette économie circulaire. Enfant de l’intelligence, du pragmatisme et de l’agilité, rendue possible grâce aux technologies du web social, son développement est l’une des choses les plus réjouissantes auquel il m’ait été donné d’assister depuis bien longtemps.

Comme d’habitude, je suis parfaitement conscient du côté à la fois idéaliste et un brin naïf de mon billet mais, que voulez-vous, on ne se refait pas. Comme disait Einstein (et en me gardant bien de me comparer à lui) : « je n’ai pas de talent particulier, je suis juste passionnément curieux. »

Vous allez voir, ça va vous passionner.

A suivre…


(1) Allons enfants de l'Internet (2010 - Editions Diateino). 

               Partager Partager
Notez


Lu 3126 fois

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :

Voilà c'est fini - 21/11/2016

1 2 3 4

Politique | Opinion | PERSO | Libertés | Communication | WebDiversity | Culture | ReputationTime



Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.


Facebook
LinkedIn
Skype
Twitter
Slideshare

@cginisty
@inesevoika you've got mail ;-) thanks for your spontaneous cooperation
Samedi 3 Décembre - 13:10
@inesevoika sure, that would be great
Samedi 3 Décembre - 12:51
I do remember 3 years ago when I spoke at #PRilika2016 - it remains a great souvenir
Samedi 3 Décembre - 10:57
Looking for a speaker who could elaborate on the importance of social networks for women in the Arab world as an emancipation tool
Samedi 3 Décembre - 10:55
RT @jjdeleeuw: Grand moment. Les expertes à 12h30 sur @BX1Officiel : @celinefremault @Assita_Kanko @SylvieLausberg @Bea_Ercolini @zariauror…
Samedi 3 Décembre - 09:03
RT @ldcRTBF: #Molenbeek Un nouveau panneau au style hollywoodien à l’entrée de la commune @FredericNicolay #InitiativeBruxelloise #UCLWebCo…
Samedi 3 Décembre - 08:53

Recherche