Ce que signifie la "bourde" de François Filllon
Hier soir, lors d'un meeting, François Fillon a injustement annoncé la mort d'un policier lors de son discours. Entamant un couplet sur l'insécurité, thème central de cet entre-deux tours pour tenter de parler à l'électorat du Front National, il a eu ces mots :
"Des voyous ont violemment caillassé des policiers qui procédaient simplement à un contrôle routier. L'un d'entre eux vient de décéder." Le problème est que le policier en question est toujours en vie, même s'il est hospitalisé dans un état grave. Cette énorme bourde (que l'on ne pourra pas mettre au débit d'Internet pour une fois), illustre un point important en terme de communication politique. Il s'agit du flagrant délit de récup. On prend un fait d'actualité récent et on installe sa dimension émotionnelle pour mieux légitimer son discours. C'est une méthode très populiste car elle surfe sur le choc immédiat et non sur le fond des choses. Avec cette technique d'interpellation de l'opinion publique, on est plus proche de la discussion de café du commerce que de la politique au sens noble du terme. Cette façon de faire de la politique est malheureusement de plus en plus fréquente. A une époque où les actualités se télescopent en direct sur nos écrans d'ordinateurs, où l'on a l'impression d'être en live avec l'émotion, le politique s'accroche à ce qui vient de se passer pour gouverner. Il n'anticipe plus, il suit. Il réagit. Bref, cette bourde signifie que le politique se soumet à la dictature de l'urgence et de l'actualité et qu'il en délaisse ainsi sa mission fondamentale qui est d'être proactif (et non pas réactif) dans l'organisation de la cité. Je crois qu'il y a là matière à éloigner les citoyens de leurs gouvernants. Il n'y a plus de visionnaires au pouvoir, il n'y a que des gestionnaires. Et ça ne donne franchement pas envie de les suivre. Rédigé par Christophe Ginisty le Jeudi 18 Mars 2010
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Petite chronique énervée contre ces leaders qui se moquent de leurs militants




