Christophe Ginisty

Cinq questions clés à un entrepreneur...


Rédigé le Samedi 6 Avril 2013



Cinq questions clés à un entrepreneur...
Il y a quelques semaines, Olivier Marone, un de mes fidèles contacts sur le web, créateur du site La revue de presse éco m'a demandé de répondre à des questions sur mon expérience d'entrepreneur.

Vous qui me suivez le savez, j'ai créé ma première société, Rumeur Publique, à 24 ans avant de la quitter en 2011 suite à de profondes divergences de vue avec mes associés qui considéraient le digital comme un accident de l'histoire et un épiphénomène (sic). J'ai tout raconté ici cet été.

Depuis, j'ai travaillé deux ans chez Edelman avant de me résoudre récemment à retourner à mes premières amours, la création d'entreprise. J'ai ainsi lancé le 20 mars dernier mon tout nouveau bébé, Open Agency.

Voici donc les 5 questions qu'il m'a posé et les réponses que j'ai données.

Votre meilleur souvenir d'entrepreneur ?

Il m’est difficile de sélectionner un souvenir plutôt qu’un autre tant la vie d’entrepreneur est riche en joies et en émotions intenses, contrairement à ce que l’on lit souvent. Malgré tout, je pense que l’un de mes meilleurs souvenirs fut un dîner parisien où les nombreux participants que je rencontrai pour la première fois se sont mis à parler du secteur de la communication puis de mon entreprise sans savoir que j’en étais le créateur et le principal dirigeant. Ils dissertèrent de longues minutes sur sa bonne réputation, précisant que c’était l’une des meilleures agences du marché et furent si enthousiastes que je fis en sorte de ne pas dire qui j’étais pour mieux savourer leurs échanges en toute discrétion. Entendre mon entreprise « exister » dans une telle conversation était une très grande fierté. Cette incarnation autonome et non provoquée était le signe d’un aboutissement et d’une maturité indiscutable.

Votre pire souvenir d'entrepreneur ?

Sans la moindre hésitation, mon pire souvenir est l’audience du Tribunal de Commerce de Nanterre le 29 octobre 2002 où je vins solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire pour faire face aux difficultés rencontrées par mon entreprise suite à l’explosion de la bulle Internet. Audience humiliante s’il en est où, au lieu de trouver dans les juges des alliés bienveillants, animés par le désir de préserver votre organisation, vous vous sentez pointé du doigt, sur le banc des accusés alors que vous avez tout donné pour sauvegarder des dizaines d’emploi et fait tous les sacrifices possibles. Là, l’entreprise que vous avez créée 20 ans plus tôt est à la merci d’un collège de magistrats qui n’en connaissent que les chiffres et qui ne mesurent pas la détresse qui vous submerge au moment de plaider.

L'erreur à ne jamais commettre pour un entrepreneur ?

Avoir besoin de sa banque. La vie d’entrepreneur est une vie où l’on mesure rapidement la portée de ce proverbe américain qui dit qu’un banquier est quelqu’un qui vous sort le parapluie quand il fait beau et le referme quand il pleut. Sans aigreur ni colère de ma part mais juste par le fruit de l’expérience, j’ai maintes fois vérifié qu’il ne fallait jamais bâtir son projet sur le soutien d’un partenaire bancaire. Il n’y a rien de plus éphémère et de plus fragile et cela peut se révéler fatal en cas de retournement du marché.

Le seul conseil que vous donneriez à une personne voulant entreprendre ?

Faire une obsession d’arriver à déléguer ! La plupart des entrepreneurs ne savent ou ne veulent pas déléguer, par manque de confiance, par autoritarisme excessif ou par conviction que les autres travaillent forcément moins bien. Or, savoir déléguer est LA chose à maîtriser si l’on veut grandir et passer du stade de la micro entreprise à celle de l’entreprise prospère. Lorsque j’ai compris comment faire, ma société a immédiatement pris son envol car j’ai décuplé les énergies en les libérant. Sans compter qu’une entreprise ou le patron fait tout est une entreprise invendable.

Votre rêve entrepreneurial ?

Reprendre une grande marque promise à la liquidation et faire le pari d’écrire une nouvelle page de sa légende. Il ne se passe pas une info sur la disparition d’une entreprise sans que je me dise que j’aurais pu la sauver. Mais ce n’est peut-être qu’un rêve...

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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