Comment avons-nous perdu notre capacité insurrectionnelle ?
Quand je pense à l'époque que nous vivons, je me demande souvent comment nous, les citoyens, nous avons fait pour perdre collectivement notre capacité à nous soulever contre le pouvoir en place et ses dérives inacceptables. Depuis des mois (ou des années ?), nous vivons de scandales en scandales, d'abus de pouvoir en abus de pouvoir et rien ne se passe dans l'opinion, aucune force de résistance suffisamment solide pour faire plier ceux qui nous gouvernent et qui abusent de leurs prérogatives.
Bernard Tapie reçoit des centaines de millions d'euros au terme d'une procédure illégale, encéphalogramme plat dans l'opinion publique. On bafoue les règles de déontologie les plus élémentaires en nommant François Pérol à la tête de l'ensemble Caisses d'Epargne / Banque Populaire, un non-événement. Dans quelques jours, Jean Sarkozy accèdera à 23 ans la présidence de l'EPAD et le citoyen désabusé détournera son regard alors que cela devrait constituer l'un des plus évidents motifs de mobilisation contre le népotisme. Nous devrions nous enflammer et ne pas nous résigner. Il y a des jours comme ça, ce n'est pas tant Sarkozy et sa bande que j'ai envie d'engueuler mais le citoyen impassible qui laisse faire et dont le silence complice conforte nos dirigeants sur la validité de leur outrance. Car après tout, pourquoi se gêneraient-ils ?. Je ne sais ni pourquoi ni comment mais nous devons admettre que nous avons perdu cette fibre insurrectionnelle qui pouvait pourtant symboliser le dernier rempart contre le totalitarisme. Peut-être parce que le discours politique a perdu de sa force et de susbtance à force de n'être que des mots. A quelques jours du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, cela vaudrait le coup que nous réfléchissions collectivement au danger de notre apathie. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 12 Octobre 2009
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Petite chronique énervée contre ces leaders qui se moquent de leurs militants




