Communication politique : François Hollande assure et m'étonne.
Alors qu'il devrait annoncer à ses amis d'abord puis aux français ensuite sur le plateau de France 2 qu'il est officiellement candidat à la primaire socialiste, François Hollande fait pour le moment un parcours dans faute du point de vue de la communication politique. Car le sujet de ma note est bien sa communication et non pas une amorce de débat sur les idées qu'il promeut.
Sa communication est parfaite car elle repose sur quatre règles d'or qui sont particulièrement suivies dans son cas. 1/ Savoir faire une pause entre deux campagnes. Hier patron d'un PS qui a perdu les élections présidentielles, aujourd'hui candidat à la future présidentielle, François Hollande a su se faire oublier entre les deux séquences. Il a presque disparu des agendas médiatiques, le temps de "nettoyer" son image et de se concentrer pour revenir avec une proposition nouvelle. C'est en théorie ce que tout le monde devrait faire. Quand vous trainez une réputation, tôt ou tard cette réputation agit comme un boulet. Pour s'en défaire (en partie), il faut laisser du temps entre cette réputation et la personne que vous aspirez à devenir. Un peu comme un sas de décompression, le temps joue l'effet d'une gomme. 2/ Savoir remettre en cause sa représentation physique. En perdant du poids, en travaillant à ce point un nouveau look, François Hollande a fait quelque chose que très peu d'hommes politiques acceptent de faire : sacrifier à la tyrannie de l'apparence et accepter d'améliorer son physique. Vous allez dire que c'est totalement accessoire et que si j'en suis arrivé à commenter le régime de Hollande, c'est que je suis tombé bien bas dans l'analyse politique. Vous aurez tort car même si certains peuvent le regretter, les gens ne votent pas que pour les idées mais également pour l'image que projette une personnalité politique. Observez bien autour de vous : très peu d'hommes politiques s'abaissent à tolérer ce type de considérations. 3/ Maîtriser l'agenda. S'il y a bien une chose fondamentale en communication, c'est la gestion et la maîtrise de l'agenda. Vous pouvez avoir les meilleures idées du monde, être le premier de la classe, briller par votre créativité, si ce n'est pas le moment, il y a peu de chances pour que ce que vous dites soit entendu. De la même manière, lorsque vous êtes victime de l'agenda des autres, c'est-à-dire en position de devoir toujours vous situer par rapport à l'actualité de vos concurrents, vous êtes inaudible. Dans le cas de François Hollande, il n'y a aucune faute : c'est lui qui détermine le tempo et c'est lui qui exécute la partition, sans se laisser convaincre par ses "amis" qui lui conseillent de faire autrement ou de faire les choses plus tard. 4/ Être constant pour être lisible. Depuis qu'il est revenu sur le devant de la scène médiatique, François Hollande a cheminé à vitesse régulière en semblant ne jamais de détourner de sa route. Il a annoncé la couleur bien à l'avance — tout le monde était prévenu — puis s'est mis en marche, lentement mais inexorablement. On a l'impression que c'est déterminé, droit, et, du coup, cela rassure l'opinion publique qui peut se raccrocher à la lisibilité de sa démarche. On peut être pro ou anti mais on ne peut pas être surpris par un type que l'on voit venir et qui est précisément là où on l'attend. Encore une fois, cette note n'exprime pas un quelconque soutien politique de ma part à la candidature de François Hollande mais uniquement l'avis d'un communicant face une partition que je trouve pour le moment remarquablement interprétée. Rédigé par Christophe Ginisty le Jeudi 31 Mars 2011
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