Hier, le très informé site FrenchWeb publiait une liste de 18 personnalités présentées comme ayant été choisies par le Président de la République pour composer le Conseil National du Numérique voulu par Nicolas Sarkozy.
Rappelons que cette instance, selon les souhaits de Pierre Kosciusko-Morizet, auteur d'un rapport sur le sujet, devra d'assister le gouvernement. "Le premier rôle du Conseil national du numérique, qui est sans doute le plus important en raison de son caractère structurant pour le secteur, doit être de participer à l’élaboration et à la définition de la politique numérique du Gouvernement."
Volonté intéressante et louable s'il en est... Voici à qui serait confié cette mission stratégique :
En faisant la part belle à des créateurs d'entreprise et des investisseurs, le pouvoir exécutif se prive de l'indépendance d'un collège qui rendrait ses avis sur le seul examen de l'intérêt général.
Comment imaginer un Marc Simoncini traiter une disposition qui intéresse les jeux en ligne alors qu'il est investisseur majeur au sein de Winamax ? Ou quel crédit accorder au point de vue d'un Jérôme Stioui sur l'internet mobile alors que celui-ci dirige Ad4Screen qui a l'ambition de devenir l'un des leaders de la publicité sur mobile ? Comment enfin apprécier de l'indépendance d'un Nicolas Voisin par rapport aux autres membres du Conseil quand deux d'entre eux (Xavier Niel et Marc Simoncini) sont au nombre des actionnaires de sa société ?
Encore une fois, je ne remets nullement en cause les qualités remarquables des individus qui sont mentionnés dans cette liste mais je crains qu'à l'heure où la France tente péniblement de légiférer sur les conflits d'intérêt, nous soyons en train d'assister à l'installation d'une instance dont le crédit sera immédiatement entaché par des soupçons légitimes de collusions et de conflits d'intérêts, soupçons qui suffiront pour discréditer ses positions.
Je crois qu'il faut donc revoir cette partition et nommer des gens qui auront une liberté de pensée et d'action permettant de garantir leur indépendance.
Ce n'est pas facile de trouver des gens indépendants mais l'enjeu d'une politique audacieuse en faveur du numérique mérite que l'on relève ce défi.
Rappelons que cette instance, selon les souhaits de Pierre Kosciusko-Morizet, auteur d'un rapport sur le sujet, devra d'assister le gouvernement. "Le premier rôle du Conseil national du numérique, qui est sans doute le plus important en raison de son caractère structurant pour le secteur, doit être de participer à l’élaboration et à la définition de la politique numérique du Gouvernement."
Volonté intéressante et louable s'il en est... Voici à qui serait confié cette mission stratégique :
- Gilles Babinet, entrepreneur et investisseur (CaptainDash, MXP4, Eyeka) fondateur de Musiwave.
- Patrick Bertrand, Directeur Général de la CEGID, président de l’AFDEL.
- Jean-Baptiste Descroix-Vernier, PDG-fondateur de Rentabiliweb.
- Giuseppe Di Martino, Directeur Juridique de Dailymotion.com, vice-président de l’ASIC.
- Frank Esser, PDG de SFR, président de la Fédération Française des Télécoms.
- Emmanuel Forest : Directeur Général Délégué de Bouygues Telecom.
- Gabrielle Gauthey, Directrice des relations institutionnelles d’Alcatel-LucentAlcatel-Lucent
- Pierre Louette, Directeur Exécutif d’Orange
- Daniel Marhely, cofondateur de Deezer.com.
- Alexandre Malsch, fondateur de Melty.fr.
- François Monboisse, Responsable du développement et des nouvelles technologies de Fnac.com, et président de la FEVAD.
- Xavier Niel, fondateur de Free.
- Jean-Pierre Remy, PDG de PagesJaunes.fr.
- Marie-Laure Sauty de Chalons, PDG d’AuFéminin.com.
- Marc Simoncini, fondateur de Meetic.com, et Jaina Capital
- Jérôme Stioui, fondateur de Directinet.
- Bruno Vanryb, PDG d’Avanquest Software, Président du Collège Éditeurs de logiciels du Syntec Numérique.
- Nicolas Voisin, fondateur d’OWNI.
En faisant la part belle à des créateurs d'entreprise et des investisseurs, le pouvoir exécutif se prive de l'indépendance d'un collège qui rendrait ses avis sur le seul examen de l'intérêt général.
Comment imaginer un Marc Simoncini traiter une disposition qui intéresse les jeux en ligne alors qu'il est investisseur majeur au sein de Winamax ? Ou quel crédit accorder au point de vue d'un Jérôme Stioui sur l'internet mobile alors que celui-ci dirige Ad4Screen qui a l'ambition de devenir l'un des leaders de la publicité sur mobile ? Comment enfin apprécier de l'indépendance d'un Nicolas Voisin par rapport aux autres membres du Conseil quand deux d'entre eux (Xavier Niel et Marc Simoncini) sont au nombre des actionnaires de sa société ?
Encore une fois, je ne remets nullement en cause les qualités remarquables des individus qui sont mentionnés dans cette liste mais je crains qu'à l'heure où la France tente péniblement de légiférer sur les conflits d'intérêt, nous soyons en train d'assister à l'installation d'une instance dont le crédit sera immédiatement entaché par des soupçons légitimes de collusions et de conflits d'intérêts, soupçons qui suffiront pour discréditer ses positions.
Je crois qu'il faut donc revoir cette partition et nommer des gens qui auront une liberté de pensée et d'action permettant de garantir leur indépendance.
Ce n'est pas facile de trouver des gens indépendants mais l'enjeu d'une politique audacieuse en faveur du numérique mérite que l'on relève ce défi.














2012 sonnera-t-elle la mort de l'Internet ?





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