Christophe Ginisty

Décès de Nelson Mandela : ma petite chronique à moi


Rédigé le Dimanche 8 Décembre 2013



C'est extrêmement difficile d'écrire une note ou un article sur un sujet d'actualité qui a déjà fait couler tellement d'encre et qui a mobilisé les meilleures plumes du monde entier. On se sent à la fois ridicule et insignifiant car écrasé par le poids des mots et des images des autres.

En même temps, c'est encore plus difficile de ne rien écrire sur un tel personnage et sur un fait d'actualité d'une telle ampleur. Alors je me suis résolu à vous faire partager quelques sentiments sur la disparition de cette icône planétaire que j'admirais tant. 

Il y a quelques années, je fus tétanisé par les images d'un père qui venait de perdre sa petite fille dans un drame provoqué par la folie meurtrière d'un fou. Les larmes plein les yeux et la voix tremblante, il prononça ces mots que je trouvai sublimes : "ce monde est meilleur parce qu'elle y a vécu."

Lorsque j'ai appris la disparition de Nelson Mandela, c'est cette phrase qui m'est immédiatement revenue en tête. Et puis, tout le week-end, je me suis posé la question de savoir si ce monde était vraiment meilleur parce que Nelson Mandela y avait vécu. 

Je n'en sais rien et je dirais même que j'ai des doutes. 

L'Afrique du Sud a certes tourné la page de l'Apartheid mais les observateurs sont unanimes pour dire que la situation du pays est catastrophique, rongé par la corruption jusqu'au sommet de l'état et gangrené par une violence endémique qui semble s'amplifier de jour en jour. Et alors que toute la nation sud-africaine communie autour de la figure immense de Mandela, on a envie de se poser la question : qu'ont-ils compris et retenu de son message pour s'en être à ce point éloignés ? 

Un homme aussi exceptionnel soit-il suffit-il à changer le monde ? Quel est son pouvoir de transformation au-delà du symbole qu'il représente ? Le monde qui lui rend hommage aujourd'hui est-il digne du message qu'il leur a laissé en héritage ? Quand on voit les dirigeants de la Corée du Nord s'incliner devant sa disparition, on a envie d'hurler en imaginant le pauvre homme se retourner sur son lit de mort tant ce régime absurde véhicule tout l'inverse de ce qu'il a prêché tout au long de sa vie. 

La réponse à ces questions sont, je le crois, à l'intérieur de chacun d'entre nous. 

Un homme ne change pas le monde, il change éventuellement ce qu'il y a au fond du coeur de ceux qui l'aiment. Par son incroyable énergie à ne jamais céder à la haine et la rancune malgré tout ce qu'il lui avait été infligé, par sa joie de vivre érigée en principe absolu, par sa détermination surhumaine, par son sourire immuable, par son humilité, Nelson Mandela a sans doute transmis à quelques uns de ses contemporains quelques valeurs qui les ont changés à jamais. 

Mandela est sans doute le symbole rare, universel, voire unique, de l'homme idéal au sens premier du terme. Il évoque ce que l'on rêverait tous d'être, transpire de ces qualités que nous aimerions tous avoir. Et que dire de cet héritage ? Quelle autre ambition pourrions-nous avoir que celle de laisser une telle trace au moment de notre disparition ?

Le monde est-il meilleur parce qu'il y a vécu ? Non, mais les hommes sont sans doute plus instruits de l'oeuvre qu'ils pourraient accomplir eux-mêmes lorsqu'ils pensent à un tel modèle. 

Mandela ne voulait pas s'imaginer en prophète mais il en a tous les attributs. Il a éclairé et prédit l'avenir de son pays, il a inspiré et rassemblé autour de son nom. Et quand vous réalisez qu'il n'a passé que 5 petites années au pouvoir dans son pays (sur les 27 années passées en prison et les 14 années depuis à la retraite), vous mesurez que la puissance de son empreinte a été au-delà de l'action politique telle que nous la concevons. 

Pour moi, Mandela est une leçon. Une incomparable leçon de vie. Je suis fier d'avoir vécu à son époque et si j'écris naïvement au-dessus de ma photo de portrait sur la colonne de droite de ce blog que "j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde", c'est un peu pour dire à quel point je considère cette leçon comme indispensable.

Pour finir, je voudrais partager cette vidéo que je trouve géniale. C'est celle de son apparition surprise à un concert de Johnny Clegg lorsque celui-ci chantait son titre hommage, Asimbonanga. Enjoy !

A suivre... 

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Commentaires articles

1.Posté par Once upon a past le 10/12/2013 14:24
Mon hommage à moi en musique : I'll be missing you par Puff Daddy.
Le son que t'avais oublié mais en fait quand tu l'entends tu t'en rappelles.
http://www.onceuponapast.com/puffdaddy/

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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@cginisty
@inesevoika you've got mail ;-) thanks for your spontaneous cooperation
Samedi 3 Décembre - 13:10
@inesevoika sure, that would be great
Samedi 3 Décembre - 12:51
I do remember 3 years ago when I spoke at #PRilika2016 - it remains a great souvenir
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