Départ de Berlusconi : les italiens ont parfois un panache extraordinaire mais paradoxal
Ce midi, en regardant les informations et la séquence du départ de Silvio Berlusconi de son poste de premier ministre, j'étais totalement sur le cul. C'était vraiment étonnant de voir tous ces gens rassemblés pour exprimer leur joie de voir partir un type qui les a dirigés pendant des années et qui a trempé dans un nombre impressionnant de scandales en tous genres.
Je retiendrai notamment le moment où cet ochestre de chambre improvisé a joué dans les rues de Rome l'Alleluia de Haendel, supporté par des choristes de rue. C'était aussi magnifique que surréaliste. Il y avait dans ces images tout le panache des italiens qui sont si expressifs et excessifs dans l'expression de leurs sentiments. Moi j'adore les italiens pour cette capacité naturelle à être dans l'outrance. On se serait crus dans un film d'Ettore Scola. Mais il y avait aussi dans ces images quelque chose d'infiniment paradoxal car n'oublions pas que celui dont on célébrait la démission n'est pas un dictateur maintenu au pouvoir par la force de la répression mais un dirigeant issu de la démocratie, si perfectibles puissent être les institutions italiennes. Si Silvio Berlusconi avec ses frasques judiciaires et sexuelles a dirigé le pays pendant toutes ses années, c'est après que sa formation politique ait remporté un grand nombre de consultations électorales. Il est le fruit de la société italienne qui l'a voulu, porté et maintenu au pouvoir. Hier, Silvio Berlusconi a eu le droit à un départ de dictateur qu'il n'est pas. Peut-être était-ce l'occasion pour une partie de la société italienne de faire amende honorable. Une manière d'avouer son erreur en mettant en scène une sorte de libération de l'oppresseur imaginaire et faire oublier qu'en pareil cas, ce sont les citoyens qui sont responsables de leurs choix. Ceci dit, si les français votent pour une alternance en mai 2012 et mettent Nicolas Sarkozy à la porte de l'Elysée, je suis prêt à aller donner de la voix pour chanter du Haendel devant le 55, rue du Faubourg Saint-Honoré. J'ai un très joli brin de voix. Rédigé par Christophe Ginisty le Dimanche 13 Novembre 2011
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