Christophe Ginisty

Dis, comment devient-on un "thought leader" ?


Rédigé le Mercredi 3 Octobre 2012



Dis, comment devient-on un "thought leader" ?
Vous le savez, le métier de la communication est encombré de jargon et de franglais et parmi tous les termes qui reviennent de manière récurrente dans les conversations (ou les briefings) de la part des entreprises communicantes, le "thought leader" remporte la palme.

Pour celles et ceux qui ne sont pas familiers avec l’anglais (j’en connais et des gens très bien parmi mes lecteurs les plus fidèles),  thought leader pourrait se traduire par leader d’opinion, c’est-à-dire celui ou celle que l’on écoute avant de se faire une idée sur un produit, une marque, un marché.

Mais attention aux faux amis. Les anglais et les américains utilisent ce terme dans un sens élargi par rapport à la signification française courante et incluent l’idée de dominer un marché, la "part de voix" devenant une valeur au moins aussi déterminante que la part de marché.

A l’heure des médias sociaux où tout le monde prend la parole dans tous les sens et pour répondre à ces entreprises qui cherchent à le devenir, voici selon moi quelles sont les conditions nécessaires pour devenir ce fameux thought leader.

Démarrer les conversations
Imposer sa voix sur un marché suppose d’être à l’origine de certaines conversations. Il convient ainsi de faire un travail à la fois de veille et de prospective pour, d’une part, s’assurer que l’on n’aborde pas un thème déjà utilisé par ses concurrents (ou que l’on ne l’aborde pas de la même manière) et, d’autre part, éclairer sur l’évolution probable d’un sujet.

Un thought leader doit donc être à la fois pionnier et visionnaire et toute prise de parole doit se faire dans cet esprit.

Etre disruptif
Une évolution ne se produit presque jamais de manière linéaire et douce.  Elle suit un processus au cours duquel le les acteurs du marché vont alternativement cheminer sur des faux plats et gravir des marches hautes. Le thought leader est l’artisan de ces marches hautes. C’est lui qui les dessine et qui aide à les gravir.  

Le thought leader doit faire preuve d’une capacité à proposer une rupture avec le passé. Il doit oser proposer un challenge intellectuel stimulant et quelque peu inattendu.

Affiner les conversations des autres
Les conversations ne se produisent pas toujours là où l’on voudrait qu’elles se produisent. Si la plupart des personnes qui prennent la parole rêveraient que la terre entière vienne commenter sur leur blog ou leur mur sur les réseaux sociaux, les choses ne se passent pas nécessairement ainsi (et j'ai connu nombre de chefs d'entreprises qui étaient désemparés face à l'absence d'interaction que leur propos suscitaient).

Il faut être agile pour être en mesure de repérer celles et ceux qui aspirent également à remporter la course des leaders d’opinion.

Une fois que vous les avez identifiés, il faut laisser des commentaires sur leurs espaces et espérer que leurs lecteurs seront séduits par la pertinence de vos commentaires et qu’ils auront envie de venir vous visiter.

Dans le commerce, on appellerait ça du détournement de clientèle. Mais c’est juste comme ça que les choses de font sur les réseaux sociaux.

Produire du contenu régulièrement
Dernière condition pour espérer devenir un thought leader, il faut être en mesure de produire beaucoup de contenu et ne jamais s’arrêter. Il faut toujours avoir deux choses présentes à l’esprit : la note définitive qui se suffit à elle-même pour changer le monde n’existe pas et, d’autre part, les internautes sont infidèles.

Vos idées géniales ne seront comprises qu’à force de répétition et, si vous arrêtez de produire, vous sombrerez dans l’oubli à la vitesse de la lumière que vous aurez éteinte sur votre pensée.

Vouloir devenir un thought leader revient donc à faire un pari tant sur la capacité à dire souvent que sur la détermination à l’exprimer longtemps.

Et croyez-moi sur parole, ces deux aspects sont loin d’être les plus faciles à gérer.

En conclusion, je dirais que, dans un monde hyper connecté dominé par une cacophonie planétaire, l’ambition de devenir un leader d’opinion est difficile à relever. Outre le talent qu’il faut pour y parvenir et qui est à la source de la légitimité, cela nécessite un véritable travail qu’il faut s’engager à effectuer sur la durée.

Ce n’est pas en trois mois que les choses se règlent.

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Commentaires articles

1.Posté par Guillaume Machy le 03/10/2012 16:42
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Trés bon papier Christophe !!!

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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