Doit-on valoriser l'activisme extra-professionnel ?
Je vous l'ai annoncé, j'ai rejoint depuis quelques jours la direction européenne d'Edelman, une très grande agence de relations publiques, la plus grande agence indépendante au monde. Et savez-vous ce qui m'a le plus surpris depuis que j'y suis ? Eh bien c'est le fait que l'agence qui m'accueille a considérablement valorisé mon activisme au sein d'Internet sans frontières, considérant qu'il s'agissait là d'une preuve de qualité citoyenne particulièrement importante pour mes nouvelles fonctions.
Le très célèbre journal PR week a même titré l'article de ma nomination en déclamant "Le président d'Internet sans frontières rejoint Edelman." A la lecture de l'article, j'ai trouvé ça curieux, voire incongru. Je me suis même demandé pourquoi ils n'avaient pas titré sur mon ancienne position au sein de Rumeur Publique puis j'ai compris qu'ils attachaient une très grande importance au fait d'avoir créé et présidé une ONG. En discutant avec certains de mes collègues à Londres, j'ai réalisé qu'il ne s'agissait pas d'une posture et que mon nouvel environnement professionnel valorisait réellement ce type d'engagement. Je pourrais vous raconter d'innombrables anecdotes sur le passé et sur le nombre de fois où il m'a été demandé de ne surtout pas mentionner Internet sans Frontières ou encore mon blog perso au sein de l'agence que je dirigeais précédemment. Je m'étais même résolu à supprimer la référence à l'agence sur mon blog et sur divers autres espaces online, histoire de ne pas "indisposer" mes clients. Et pourtant, je n'avais jamais demandé à qui que ce soit d'être d'accord avec moi, je voulais juste qu'on respecte la sincérité d'une engagement. Derrière cet épisode très personnel, il y a toute la question que l'on accorde en France à "l'extra-professionnel", à l'engagement citoyen, à la personne qui est derrière le pro. En tant que recruteur, j'ai toujours été très sensible à ce que les candidats faisaient d'autre de leur vie et je dois confesser que certains engagements ou passions ont été déterminants dans ma décision de proposer un job à quelqu'un. Je suis évidemment heureux et beaucoup plus en accord avec moi-même d'avoir rejoint une organisation qui valorise ce type d'activité. Mes amis me disent que c'est un trait de caractère des sociétés anglo-saxonnes. Si c'est le cas, les entreprises françaises ont beaucoup à apprendre de ce type d'attitudes car je les trouve extrêmement positives. Rédigé par Christophe Ginisty le Dimanche 22 Mai 2011
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