Christophe Ginisty

Elvis Presley et moi, histoire d'une première rencontre qui a changé ma vie


Rédigé le Vendredi 16 Août 2013



Elvis Presley et moi, histoire d'une première rencontre qui a changé ma vie
Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous proposer aujourd'hui un regard sur l'actualité sous l'angle de la communication mais tout bonnement d'une histoire personnelle, presque intime. 

Le 16 août 1977, il y a tout juste 36 ans s'éteignait Elvis Presley. J'avais 13 ans et ce fut un choc pour moi. Je m'en souviens très bien. J'étais dans la maison de campagne familiale et c'est la radio qui était posée non loin du plan de travail où l'on faisait la cuisine qui diffusa l'information au petit-déjeuner. 

J'en fus très affecté. Elvis était sans doute la seule personne dont j'étais fan, même si cette immense affection était incongrue. 

Depuis l'âge de 5 ans, j'arpentais les salles du conservatoire de musique classique de Bourg-la-Reine dans le Hauts de Seine, étudiant sans relâche le solfège et la pratique d'un instrument, la flûte à bec. J'avais de très bons professeurs et je n'étais pas trop mauvais, enchaînant les premières places (soit premier, soit deuxième) aux concours de fin d'année. 

Mon univers musical à moi, c'était quasi exclusivement la musique baroque. De Vivaldi à Purcell en passant par Corelli, Bach, j'en passe et des meilleurs (quoi que !), je me nourrissais de cette inspiration pour mieux pratiquer mon art. Mes copains étaient d'autres musiciens, tout aussi passionnés par la production de cette Europe des 17 et 18ème siècles où les instruments sonnaient au diapason d'alors, un demi-ton plus bas que notre diapason moderne. 

Et puis un jour de juillet 1975, alors que je déambulais dans les allées d'un disquaire de la ville d'Angers, non loin de là où nous passions avec mon frère ce premier mois des vacances, je tombai nez à nez avec un disque d'Elvis Presley dont je me souviens de la couverture comme si c'était hier. J'avais 11 ans. 

J'avais évidemment déjà entendu des chansons de lui à la radio et j'avais trouvé ça pas mal, mais sans plus. En même temps, j'étais fasciné par le visage de ce type que je trouvais être l'illustration de la beauté parfaite. Je décidai d'aller écouter ce disque dans l'une des cabines qui se trouvaient au fond de la boutique. Oui, car ceux qui sont de ma génération s'en souviennent peut-être, mais dans les magasins de disques de cette époque, on prenait les vyniles pour aller les écouter tranquillement dans de petits espaces équipés chacun d'une platine. 

Je mis le sillon sur le premier morceaux : Hound dog. Je pris une claque monumentale. 

Le petit garçon englué volontaire dans les arcanes de la musique baroque fit soudain son entrée dans le 20ème siècle et découvrit le Rock'n Roll. Je me suis passé tout l'album dans la cabine pendant que mon frère trépignait de me voir sortir pour pouvoir à son tour écouter les disques de son choix. Ce fut un moment de pur bonheur que je ne voulais pas interrompre. Je ressortis et achetai le disque. Ce fut le premier d'une longue série. 

Les années qui suivirent furent une savante cohabitation entre l'animation d'un orchestre de chambre et la diffusion, dans ma chambre et à grands renforts de watts, de tous les disques du King. C'était un peu bizarre comme atmosphère mais ce "grand écart" artistique m'allait très bien. Je me rendais bien compte que mes copains de conservatoire regardaient mes santiags avec une forme d'incompréhension et une pointe de moquerie mais j'assumais parfaitement. 

J'ai adoré Elvis et je continue à adorer. Même à la fin de sa vie lorsque, bedonnant et bouffi, il donnait des concerts très convenus à Las Vegas en jetant vers la foule en délire des écharpes blanches imprégnées se sa sueur, je n'arrivais pas à m'en dégouter. 

Elvis fut une rencontre dans ma vie, en tout point comparable à celle que je fis quelques années plus tard, en 1984, avec Steve Jobs lorsque celui-ci annonça le lancement mondial du Macintosh. Dans l'un et l'autre cas, ce fut une soudaine et évidente invitation à changer de route. Un signe du destin. Et pour me comprendre vraiment, il faut mesurer de quelle manière ces deux légendes ont eu une influence majeure sur mon existence. 

Et puisqu'une image vaut mieux qu'un long discours, je vous invite à retrouver le King dans ce que je trouve être l'une de ses meilleures prestations : un come back qu'il fit en 1968 en invitant sur une toute petite scène ses musiciens de toujours pour une prestation "unplugged" absolument à tomber par terre. Dans la vidéo que je partage avec vous, Elvis chante la première chanson qu'il a enregistrée, That's allright Mama, suivie par un Heartbrake hotel magnifique.

Enjoy...



A suivre...

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