Christophe Ginisty

Et pourquoi ne pas débattre de l'identité planétaire ?


Rédigé le Mardi 3 Novembre 2009



Et pourquoi ne pas débattre de l'identité planétaire ?
Je suis Français, né à Paris dans le 17ème arrondissement. Mon sang est copieusement mêlé d'origines française, belge, espagnole et sans doute italienne aussi. Et pourtant ce débat sur l'identité nationale lancé avec force électoraliste par Eric Besson me fatigue. Je ne me sens pas concerné et je n'ai pas forcément envie de débattre sous prétexte qu'un membre du gouvernement a décidé qu'il fallait débattre de cela, ici et maintenant (sic).

Par contre, il y a un truc qui m'intéresserait à l'heure de la mondialisation et des périls environnementaux auxquels on expose notre petit planète, c'est que l'on débattre de l'identité planétaire. Que l'on se pose la question, en France comme ailleurs, de ce que signifie être un citoyen du monde.

Pas plus que le nuage de Tchernobyl ne s'arrête aux frontières de l'Alsace et de la Lorraine, le réchauffement climatique, la crise démographique, la globalisation de l'économie, tous les maux de notre monde méritent que l'on s'y intéresse au-delà de la spécificité de notre pré carré national qui nous conduit trop souvent dans une démarche passéiste au lieu de nous faire entrevoir le futur.

Nous avons tous une responsabilité planétaire sur nos congénaires mais aussi et surtout sur les générations futures. Et cette responsabilité n'est pas "nationale" ou spécifiquement française et il serait grand temps que nous gouvernants changent de référentiel pour nous amener là où les questions vitales se posent.

Ne réduisons pas notre approche à un débat étriqué et égocentré qui n'a d'autre objectif que d'occulter la véritable dimension des enjeux qui sont devant nous.

Pour finir cette note et en guise de pied de nez aux velléités d'ostracisme, je voudrais vous faire voir ou revoir cette vidéo de Desproges sur la haine de l'autre.

Je regrette souvent que Desproges soit parti trop tôt. Je regrette surtout que les jeunes générations ne le connaissent pas et qu'il ne soit pas remplacé dans la capacité unique qu'il avait à manier l'impertience et l'insolence au service d'un humanisme réel.


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Commentaires articles

1.Posté par europium le 03/11/2009 16:24
En premier lieu ne faudrait-il pas résoudre la faim dans le monde avant de s'attaquer au réchauffement climatique, de réfléchir à la notion d'identité planétaire. D'après la FAO il faudrait trouver 30 milliards par résoudre afin de résoudre ce problème, or il est loin d'être résolu!

l'UE parle de 100 milliards a trouver d'ici 2020 pour aider les pays en voie de développement pour s'adapter a ce problème or d'après d'autres études il faudrait beaucoup plus!

2 milliard de personnes crèvent la dalle et on va essayer de les faire passer d'une économie ou d'une absence d'économie a un développement durable, est-ce réaliste si on ne résout pas le problème de la faim en premier?

Ces hommes ne veulent entendre parler que de croissance, ne rêvent que que de notre société de consommation (exemple l'Inde en particulier) comme les européens a une certaine période rêvaient d"american way of life" et on va leur dire désolé, on a pollué sans réfléchir pour s'enrichir et vous vous ne devaient faire comme nous.....SI les négociations sont difficiles pour arriver a un consensus a Copenhague c'est en partie a cause de cela!


2.Posté par Danièle Douet le 03/11/2009 16:30
Tu as raison...

Mais cependant, les êtres humains ont besoin de se sentir de quelque part. Ils le sentent d'autant plus lorsqu'ils vivent à l'étranger.

"Tiens, vous parlez français, d'où êtes-vous?" Combien de fois n'ai-je pas posé cette question à l'étranger, du Nord de l'Europe à l'Océan indien en passant par le Moyen-Orient !

C'est là que l'on se sent d'une culture et si mon interlocuteur / trice me répond: "Je suis de Lille, je suis de Marseille ou de Bordeaux" je peux le situer et nous savons ce que nous avons en commun - ou pas, surtout lorsque c'est un "Parisien" qui parle... Dans les régions de France, la "culture" est quelque chose que l'on sent et partage. J'ai aussi vécu 2 ans en région parisienne, là c'est tout autre chose...

Alors, justement parce que le monde est devenu un village, un "melting-pot" grâce aux immenses possibilités de communication, l'être humain a besoin plus que jamais de RACINES qu'il puisse définir, exprimer, qualifier, sinon il se sent perdu dans ce grand monde.

Et c'est sur ce besoin que surfe lamentablement les tenants de l'extrême-droite, les passéistes, les nationalistes, pour donner à ce sentiment une ancre pernicieuse, celle du NATIONALISME, celui qui a conduit à tant de guerre.

Je vous invite fortement à lire le témoignage de ce Français marié à une Argentine et qui vit avec leurs enfants en Allemagne:

http://www.slate.fr/story/12491/peut-etre-francais-hors-de-france


J'ai souvent réfléchi à ce qu'il y a de commun entre un Lorrain qui parle le dialecte francique et un Catalan qui parle le catalan ou un Basque français qui parle le basque.

Il y a bien plus de proximité culturelle - arts de la cuisine, musique, chants, habitudes et coutumes locales - entre un Lorrain et un Sarrois (allemand) et entre un Catalan français et espagnol qu'entre eux deux.

C'est pourquoi, grâce à l'Europe, de nouvelles structures apparaissent - les Eurorégions - tout naturellement, qui sont en "horreur" aux parisiens centralistes, amis d'un pouvoir qu'ils sentent partir lentement...

Ce sont des gens que les guerres ont séparés, les constructions aberrantes de frontières pour des raisons d'orgueil venant des "capitales" des "nations". Ces frontières ne sont que des lignes tracées arbitrairement pour définir un territoire "national". Par exemple la partie de la Moselle qui parle le francique, le parle depuis avant Charlemagne, c'est la même langue dialectale que parlent les Allemands de l'autre côté de la frontière. Ce sont les guerres qui l'ont dessinée, les gens eux, sont de la même culture. Et les Euro-régions les réunissent enfin...

Je vous recommande cette page:
http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Europe/EurDoc11.htm

de même que celle qui traite des milliers de morts aux portes de l'Europe "L'Europe, une "forteresse" ? La gestion des politiques migratoires" :
http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/FrontDoc4.htm

avec cette carte qui en dit long sur notre "identité" très bien "perçue" par ceux qui meurent intitulée
"Prise de risques et rendez-vous avec la mort aux portes de l'Union européenne" :
http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/typespace/frontier/images/ClochardReka.gif

C'est là que l'on voit tout le cynisme et l'aberration d'une discussion "nationale"... qui occulte le vrai débat sur l'IDENTITE culturelle et économique...

3.Posté par Danièle Douet le 03/11/2009 16:39

http://www.euregio.nrw.de/links.html





4.Posté par Chui Kalm le 03/11/2009 21:03
Envisager les problème de la planète dans son ensemble semble quand même mieux prédisposer à résoudre les problèmes de la faim dans le monde qu'à raisonner en terme de
grosse compétition économique et trop de croissance. Croissance de quoi d'ailleurs ?

5.Posté par Clément le 03/11/2009 22:09
Sur le sujet je vous conseille très fortement le billet d'Attali sur le sujet, qui résume tout :

"l’identité, c’est comme l’amour : plus on le théorise, moins on sait ce que c’est. Et, en général, on en débat d’autant plus qu’on ne sait plus le vivre."

http://blogs.lexpress.fr/attali/2009/11/le-genie-du-francais.php

6.Posté par David78 le 03/11/2009 22:43
Une identité commune c'est fait pour rassembler et il est évident que ça commence par une bonne rigolade. En cela je pense que Desproges, Coluche, Devos, ou les Inconnus valent bien la Marseillaise!

Moi même à moitié rosebif j'ai l'immense privilège de rire à la fois de l'humour anglais et du français!

L'identité de Besson est très facile à comprendre: c'est un horrible fayot qui ne rit pas. Pour la joie de ce qui rassemble, je me dis volontiers Nationaliste, et je dénonce Besson et ses complices comme membres de l'Internationale des gens qui ont oublié la chaleur des rapports humains. Pauvre d'eux. Pauvre société qui part en miettes.

7.Posté par Frédéric Avero le 03/11/2009 22:55
Je reste pantois devant tant de niaiserie! Non pas que je défende la tentative de M. Besson d'instaurer un dialogue plutôt nauséabond venant du gouvernement actuel mais s'il est bien une évidence c'est que l'identité planétaire est une création de l'esprit.

L'identité consiste en l'adhésion à un certain nombre de normes et valeurs sans pour autant opérer par différenciation (ce qui est d'ailleurs préférable pour ne pas tomber dans une "dérive identitaire"). L'identité française, car elle existe, n'a pas pour fin inexorable un quelconque égocentrisme. Il s'agit juste de ne pas la manipuler. Quelles valeurs partagent un cambodgien et un costaricien? Un quatari et un norvégien?

Si ce n'est parfois et de manière hypocritement consensuelle la démocratie... et encore.

8.Posté par Géraldine le 04/11/2009 08:42
@Danièle
Une foisd de plus, vous parlez des Parisiens :
"C'est là que l'on se sent d'une culture et si mon interlocuteur / trice me répond: "Je suis de Lille, je suis de Marseille ou de Bordeaux" je peux le situer et nous savons ce que nous avons en commun - ou pas, surtout lorsque c'est un "Parisien" qui parle... Dans les régions de France, la "culture" est quelque chose que l'on sent et partage. J'ai aussi vécu 2 ans en région parisienne, là c'est tout autre chose... "
Peut-on savoir pourquoi vous dites cela ?

9.Posté par Christophe Ginisty le 04/11/2009 09:56
Frédéric Avero -> je suis désolé de vous le dire mais votre commentaire est idiot et il contient une contradiction majeure.

Vous dites : "l'identité plantéraire est une création de l'esprit" et vous dites ensuite : "l'identité consiste en l'adhésion à un certain nombre de normes et de valeurs". Par ces deux affirmations, vous convenez que toute identité est une création de l'esprit, y compris l'identité nationale d'ailleurs.

En quoi le fait de se sentir "citoyen du monde" serait-il incompatible avec l'adhésion à des normes et des valeurs ? C'est absurde et terriblement réducteur.

Je prétends au contraire que si l'on élargit le référentiel, on peut trouver des normes et des valeurs communes à l'humanité.

10.Posté par Danièle Douet le 04/11/2009 10:14
@ Géraldine:
C'est tout simple, il suffit de vivre dans ces différentes parties du pays ou du monde et de comparer...

@ Christophe:
Effectivement, "citoyen du monde" est intéressant car le monde devient un village de plus en plus petit. Autrefois, les gens du village voisin étaient "étranges", "étrangers", on ne se mariait pas avec les filles du village voisin. Il y avait même des douanes autour des villes, l'octroi... mon arrière-grand-père avait un ceinturon de "l'octroi" de Bordeaux...

Aujourd'hui, les moyens de communication et les échanges rendent le monde tout petit. On passe en un peu plus d'une heure d'un pays à l'autre, d'un village allemand à la côte Atlantique ou de Dublin en Pologne. C'est le temps qu'il fallait autrefois pour aller parfois au village voisin... Sans parler du téléphone, d'internet, etc...

Mais c'est justement pour cela que le besoin se fait sentir d'avoir des racines bien identifiées, soit dans la terre de sa naissance, soit dans celle du pays où l'on a choisi de vivre, ou bien un peu dans les deux, comme c'est mon cas. C'est cette identité qui me permet de mieux appréhender et de mieux respecter celle des autres de par le monde.

C'est pourquoi le niveau des "Eurorégions" dont je parlais plus haut - qui ont une unité culturelle et linguistique - me semble plus réaliste que les "Etats-Nations" qui sont en passe de disparaître, lentement mais sûrement.

.

11.Posté par Aude nectar le 04/11/2009 14:43
Si on cultivait davantage une identité planétaire, il y aurait plus de soutien, de générosité, de partage et de respect des ressources, et moins de violence.
Enfin on a déjà du mal à bien s'entendre dans un même pays, avec une culture semblable, à ne pas exclure, discriminer, même dans les pays développés, alors au niveau mondial.
Ce sera sans doute le cas un jour, lorsqu'on aura évolué.

Le sujet de la faim dans le monde qui laisse beaucoup de gens insensible, ou résignés, devrait aussi susciter plus de réactions indignées. On a les moyens d'y remédier, mais on ne fait rien.

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