Christophe Ginisty

Et s'il était élu ?


Rédigé le Mercredi 2 Novembre 2016



En juin dernier, personne ou presque ne donnait le Brexit victorieux et pourtant, il a été plébiscité par une nette majorité de citoyens britanniques. 

Attisé par tous les populismes,  porté par de fausses allégations et des promesses fantasques, c’est bien le rejet de l'Union Européenne qui a été victorieux.

Et voyez-vous, à une semaine à peine des élections américaines, j’en viens à me poser la question : et si l’improbable se produisait aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump ?

Rien que le fait d’écrire ça sur mon clavier me fait frémir mais il faut reconnaître que c’est une éventualité à considérer de manière plus que sérieuse.

Car le milliardaire a des atouts dans ses poches et, si l’on analyse la situation du point de vue de la communication, il a ses chances pour plusieurs raisons.

La puissance médiatique colossale
Il a réussi à faire passer toutes les outrances dans une démocratie sur médiatisée où il fut dans un premier temps un phénomène de foire et dans un second, l’homme à abattre. Ces deux séquences lui ont été infiniment profitables.

Dans la phase de sidération qui a accompagné la primaire, les médias en ont fait des tonnes sur lui et cela lui a grandement profité pour éliminer un à un ses adversaires. Dans la phase post-primaire, celle des scandales et des révélations sur les femmes, il est devenu d’une certaine manière la victime des médias qui se sont acharnés. Là aussi, je pense que cela lui a profité en faisant de lui l’ennemi d’un système que rejettent également des millions d’américains.

Une compétitrice terne  
Il faut bien le reconnaître, Hillary n’est pas une figure qui inspire le rassemblement. Elle est froide et calculatrice, représente la classe politique professionnelle dans toute sa splendeur et s’accommode un peu trop facilement de l’éthique, que ce soit dans l’affaire de ses e-mails personnels ou dans la gestion de sa fondation et de ses prises de parole tarifées.

Elle est certes plus présentable que son adversaire, mais elle ne semble pas non plus être à la hauteur de la tâche.

Un électorat capté précisément par l’outrance
Même si Trump a dit des horreurs, même s’il a fait des promesses que lui-même sait impossibles, même s’il a menti à d’innombrables reprises, la politique est devenue un tel spectacle que ses messages sont passés auprès d’une partie de population lassée du conformisme politique, tentée à l’idée de tout balancer et faire table rase de la vie politique traditionnelle.

A l’ère des réseaux sociaux où l’information est dominée par l’émotion et où toutes les manipulations sont possibles lorsqu’elles surfent sur la colère de certaines catégories de la population et où l’intention prime le fond, Trump bénéficie d’un électorat mobilisé et prêt à tout.

La tentation de l’abstention
Je serais citoyen américain, je serai pris d’une infinie hésitation. Je ne voudrais pas voir Trump arriver au pouvoir mais je ne serais pas non plus chaud-bouillant pour aller voter Hillary. En deux mots, ma première inclinaison serait de réfléchir à m’abstenir. Et pour savoir si tel serait mon choix définitif, je regarderais les sondages d’opinion qui continuent de donner Hillary en tête. Même si l’écart se réduit au fil des jours, je ne serais pas loin de penser qu’elle sera élue, avec ou sans mon vote.

Si de nombreux américains pensent de cette façon, il a des risques que Trump bénéficie de cette lassitude de ces électeurs indécis et peu motivés et qu’il l’emporte sur le fil, devant les yeux exorbités de ceux qui ne sont pas allé voter, croyant une telle issue tout simplement impossible.

Bref, s'il était élu, ce serait l'échec de la classe politique américaine dans son ensemble et un séisme planétaire. Ce serait le signe d'une époque malade de ses élites et accro à l'importance extravangante de ses médias sociaux. Un tournant historique. 

Plus qu’une semaine à attendre pour assister à la fin de ce feuilleton dramatique.

Je n'ai jamais eu autant hâte de me tromper.

A suivre… 

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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