Christophe Ginisty

Et si c’était un duel Mélenchon – Fillon ?


Rédigé le Lundi 10 Avril 2017



Cette campagne présidentielle est folle et, à deux semaines du premier tour, les écarts sont si serrés dans les sondages que tout peut encore arriver.

Aussi, permettez-moi de partager mon intuition avec vous. Je vais sans doute vous surprendre mais le 23 avril, je vois poindre à l’horizon un duel entre Jean-Luc Mélenchon et François Fillon et je vais vous dire pourquoi.
 
Je ne suis pas un grand fan des sondages qui se trompent presque toujours mais il y a un truc beaucoup plus important que les résultats des sondages, ce sont les tendances haussières ou baissières relevées d'un sondage sur l'autre car ces tendances ont un effet très important sur l’opinion, quelque chose de très sournois et assez rarement mesuré.
 
En fait, il s’agit de ce que l’on pourrait appeler un facteur incitatif, une sorte de dopant/anesthésiant de l'électorat.
 
Quelles que soient les intentions de vote pour l’un ou l’autre des candidats, quand les sondeurs expliquent qu’untel gagne des points, qu’il progresse, cela joue toujours en sa faveur, les sympathisants se sentant immédiatement grisés par l’éventualité d’une victoire. Les regains de mobilisation sont quasi immédiats pour des supporters qui aiment gagner. A l’inverse, lorsque les sondeurs titrent sur des intentions de vote en baisse, le découragement se répand dans l’électorat, comme s’il le vote devenait, du coup, inutile car perdu d’avance. Il y a là un élément démotivant très  puissant pour des supporters déçus qui se réfugient soit dans l'abstention, soit se reportent sur un autre candidat.  
 
Souvenez-vous de ce qui s’est passé lors des deux primaires, à droite comme à gauche. Quelques jours avant le vote du premier tour, la presse titrait sur la progression de Fillon et celle de Hamon dans leur camp respectif. Aucun des deux n’était donné gagnant mais leur courbe étant ascendante. La tendance était positive et on connaît la suite.
 
Il n’y a que ça qui m’intéresse dans les sondages : les évolutions des dernières semaines.

Je n’ai pas de formule permettant de prouver scientifiquement ce point mais, aussi loin que je regarde dans mes souvenirs de campagne électorale (et je serais ravi que vous me contredisiez), il me semble que l’analyse des logiques haussières ou baissières dans les jours précédant le vote donne toujours une idée précise du résultat.
 
Or, dans la campagne qui nous occupe et sans me prononcer sur le fond des programmes, deux candidats majeurs sont en progression, Jean-Luc Mélenchon de manière spectaculaire et François Fillon dans une moindre mesure puisqu’il ne perd plus de terrain et se maintient. A l’inverse, Emmanuel Macron et Marine Le Pen baissent tous les deux, le premier par manque de second souffle dans une campagne où il a du mal à faire l’agenda malgré la qualité de son programme (1) et la seconde par une piètre prestation lors du débat à 11, les affaires qui lui collent aussi à la peau et des accidents de campagne comme le meeting à Ajaccio et sa sortie consternante sur le Vel d’Hiv.
 
A quelques jours du scrutin, ces évolutions sont très importantes et plus nous nous approchons du jour J, plus elles sont difficiles à inverser.
 
C’est pour cette raison que j’en viens à croire que le premier tour de la présidentielle risque bien de nous réserver une surprise de taille et opposer en finale deux candidats que personne n’avait vu venir en si bonne position.
 
D’un côté, nous aurons Jean-Luc Mélenchon, celui qui a su mieux que quiconque parler à la France de ceux qui veulent renverser la table, à ces "insoumis" qui aspirent changer de monde, prendre leur distance avec le capitalisme, se débarrasser des modèles qui ont échoué depuis des décennies et se tourner résolument vers l’écologie. De l’autre, nous aurons un candidat médiocre et empêtré dans les affaires personnelles mais que l’électorat de droite aura pardonné sur l’autel de la théorie du complot, le considérant finalement comme le plus crédible du point de vue professionnel pour faire le job, une sorte de pis-aller.
 
Evidemment et comme je le dis toujours, je peux me tromper, mais à l’aune de ce qui s’est passé le week-end dernier, je crois que cette hypothèse n'est pas totalement absurde.
 
A suivre… 


(1) Pour la clarté du propos, je rappelle que je soutiens la candidature d'Emmanuel Macron. 

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