Et si on parlait des critiques contre François BayrouDepuis la sortie du livre de François Bayrou, les critiques des membres du gouvernement fusent contre le leader du Mouvement Démocrate. Toujours les mêmes d'ailleurs. Et si on en parlait, nous aussi, ouvertement ?
Voilà désormais les membres du gouvernement qui font de la résistance. Contre qui ? Contre François Bayrou qui est en train de s'imposer comme un opposant de tout premier plan dans le paysage politique français. Le mot d'ordre est lancé : il faut combattre et critiquer le président du MoDem. Pour cela, on utilise un arsenal de "piques" que j'aimerais passer en revue aujourd'hui.
"C'est facile de critiquer !" Oui François Bayrou critique la politique du gouvernement et Nicolas Sarkozy en particulier. Mais la question n'est pas tant de savoir si c'est facile ou non de critiquer mais si c'est utile. Nous vivons dans un régime où, jusqu'à preuve du contraire, on a le droit d'exprimer ses idées. Le gouvernement gouverne et il est du ressort de tous les citoyens, leaders politiques ou non, d'apprécier sa politique. Espérons que nous aurons encore longtemps la possibilité de critiquer et ainsi de faire vivre la démocratie. Quel que soit le régime, la critique est indispensable, elle est salutaire car elle propose aux citoyens la confrontation des points de vue et l'opportunité de débattre. Et que ceux qui trouvent la critique insupportable fassent preuve d'humilité : on passe plus tôt qu'on ne le pense dans l'opposition. "François Bayrou ne propose rien" C'est l'une des choses les plus inexactes que l'on puisse entendre sur François Bayrou. Non seulement François Bayrou a proposé et détaillé un programme de gouvernement lors de sa campagne présidentielle (programme toujours en ligne et consultable en partie sur Internet (http://www.bayrou.fr/opencms/opencms/propositions/) mais à l'heure des élections européennes, le Mouvement Démocrate a été le premier à présenter ses engagements et ses propositions (toujours consultables en ligne : http://europe.lesdemocrates.fr/thematiques/). Evidemment, on peut être en accord ou non avec les propositions du Mouvement Démocrate mais il est ridicule de penser que le fond est absent de notre quotidien. La caricature de l'opposant qui critique sans jamais rien proposer est en grande partie alimentée par les médias et leur façon de travailler : ils tendent leurs micros pour avoir des réactions, c'est leur première motivation éditoriale. On aimerait proposer, détailler, argumenter, mais on est souvent piégé dans ce jeu du commentaire qui ne laisse que peu la porte ouverte à la proposition. "François Bayrou est seul" Si l'on considère que d'avoir recueilli près de 19% des voix des français à l'élection présidentielle, que d'être soutenu par une force politique qui compte 60.000 adhérents, que d'être toujours dans le peloton de tête des personnalités politiques préférées des français, que d'avoir plus de 2.000 élus et d'avoir réalisé en moyenne 16% des voix aux dernières élections municipales dans les plus grandes villes de France, bref si l'on considère que c'est cela être seul, alors je veux bien revoir toutes mes définitions. Non, François Bayrou n'est pas seul et loin de là. Il est certes souvent le seul à s'exprimer au nom du MoDem mais n'oublions pas que cette formation politique a moins de deux ans et qu'il faut une certaine maturité pour former et faire émerger un état major pluriel et représentatif. Il faut aussi que l'opinion l'accepte. "François Bayrou est un objet politique non identifié" J'ai entendu ça ce matin dans la bouche de Patrick Devedjian au micro de Jean-Pierre Elkabbach et je dois dire que ce qui se voulait une critique acerbe, le signe d'une infréquentabilité ultime, m'a plutôt plu. Si le fait d'avoir refusé le clivage droite/gauche et les traditionnels ralliements au sein de l'UMP ou du PS fait de vous quelqu'un de non indentifiable, alors je trouve cette appréciation plutôt valorisante et constituante. Imaginons deux secondes ce que serait devenu François Bayrou s'il avait décidé de rentrer dans le rang UMP à l'issue du premier tour de la présidentielle, à l'instar de ses anciens compagnons d'arme. Il serait devenu aussi insipide que ces pantins du Nouveau Centre qui pèsent autant sur la politique gouvernementale que les propos de Geneviève de Fontenay sur la balance commerciale Sénégalaise. "François Bayrou ne pense qu'à la présidentielle" On vit dans un pays où l'ambition est malheureusement un vilain défaut. C'est affligeant. Non, mais soyons sérieux deux secondes; A quoi peut bien penser un homme comme François Bayrou qui se bat depuis des décennies pour son pays et qui s'est présenté à deux reprises à l'élection présidentielle ? S'il pense à son destin et à la prochaine présidentielle, moi je ne vois rien de plus normal. Et que ses détracteurs balayent devant leur porte avant de mettre au pilori l'ambition présidentielle. Non seulement on peut le comprendre mais on peut se réjouir que cette ambition soit clairement exprimée et clairement revendiquée. Arrêtons l'hypocrisie. D'ailleurs, je croyais que c'était un leitmotiv de l'actuel président de la république que d'en finir avec l'hypocrisie. Evidemment, François Bayrou n'a pas besoin de moi pour prendre sa défense mais je pense qu'il était utile de passer quelques minutes sur ces critiques. Rédigé par Christophe Ginisty le Dimanche 3 Mai 2009
Commentaires articles
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
Commentaires
Sur mon blog pro...
|
|



















Et après, on nous dira que le MoDem ne roule pas avec l'UMP



