Christophe Ginisty

Être ou ne pas être inspiré : telle est la question !


Rédigé le Mardi 24 Juin 2014



On connaît évidemment tous ces mots du monologue de Hamlet, cette interrogation fondamentale sur le sens de la vie qui se prolonge par ces mots : 

"Y a-t-il pour l’âme plus de noblesse à endurer les coups et les revers d’une injurieuse fortune, ou à s'armer contre elle pour mettre frein à une marée de douleurs ? Mourir... dormir,..."

A l'ère du web social, je trouve qu'il est intéressant de s'arrêter deux secondes sur le fait que nous sommes passés d'un monde où la communication était maîtrisée car liée à une expression principale déclamée et reprise par des médias presque institutionnels à un monde où les organisations, les marques, les personnes, doivent désormais s'inspirer du retour des parties prenantes pour définir et exécuter leurs stratégies.

Ces dernières ont conquis un pouvoir extraordinaire. Constituant des communautés plus au moins organisées et bavardes, les parties prenantes observent les organisations en permanence, scrutent leurs moindres faits et gestes et n'hésitent pas à commenter tout ce qui peut l'être.

Cela met une pression considérable sur les organisations qui sont souvent agacées et paniquées par ce qu'elle prennent pour une intrusion hostile et injuste dans le pré carré de l'image de marque. Ce n'est pas ainsi qu'il faut prendre les choses. Il faut voir tout cela comme une formidable opportunité d'apprentissage et de changement qui passe, selon moi, par trois étapes successives. 

De la déclamation à l'exemplarité 
Il y a quelques années encore, les messages étaient déclamés et proposés au public principalement via les médiateurs que sont les journalistes. C'était l'ère d'une communication extrêmement maîtrisée ou chaque mot comptait et où le communiqué de presse faisait parfois office de "sainte écriture." Même si le travail de la presse avait une influence bénéfique sur les messages finaux, les organisations avaient un niveau de contrôle bien supérieur à aujourd'hui.

En 2014, ce qui compte pour le public n'est plus tellement ce que dit une organisation mais ce qu'elle est. Mon ancien boss chez Edelman, Robert Phillips, dit souvent que l'on passe des "Public Relations" au "Public Leadership" et je trouve que c'est une idée très intéressante. Bien au-delà de ce que va déclamer une organisation, le public va aller chercher la sincérité et la cohérence dans l'attitude de l'organisation et dans la manière avec laquelle elle interagit avec sa communauté. 

Comme si le public avait atteint un niveau maturité et n'était plus dupe, le public se désintéresse de la communication d'une organisation pour se concentrer sur autre chose de bien plus fondamental. 

De l'exemplarité à l'inspiration 
Je l'ai souvent dit dans plusieurs conférences que j'ai données récemment — et dont vous pouvez retrouver les présentations à télécharger sur mon espace Slideshare —, si la foule est devenue un média à part entière, son moteur est constitué des émotions que les internautes partagent en ligne. Elles sont au cœur du développement du web social, comme je l'évoquais dans cette note

La conséquence pour les organisations communicantes est qu'elles font face à un défi de taille, celui de devenir "inspirationnelles." On ne convainc plus en se contentant de communiquer, on ne rassemble plus autour de soi en diffusant des informations. Il faut aujourd'hui trouver la correspondance émotionnelle qui nous lit aux parties prenantes et être en situation de l'inspirer en l'alimentant régulièrement. 

Et l'information dans tout ça ? Elle est toujours fondamentale mais si elle doit être disponible en toute transparence, elle n'est plus suffisante pour susciter l'adhésion. 

De l'inspiration au changement 
Dans ce monde où l'objectif de la communication d'influence est in fine de créer les conditions de relations mutuellement bénéfiques avec les parties prenantes, l'inspiration ne doit pas fonctionner à sens unique. Si les organisations doivent trouver les moyens d'inspirer leurs communautés, elles doivent aussi s'inspirer des messages que leur envoient leurs communautés. 

Je fais le pari que les organisations les plus "successful" seront celles qui auront su s'inspirer le plus intelligemment des signaux émis par leurs communautés pour se transformer et interagir de manière plus adaptée aux désirs de ses membres. Il ne s'agit pas d'être dominé par le public dans une posture servile et sans énergie propre mais de percevoir l'opportunité formidable que représente la relation directe que le web social nous permet de créer avec nos interlocuteurs. 

On en revient toujours au même point : il faut écouter, écouter et encore écouter et faire entrer cette écoute au coeur de la définition de la stratégie de l'organisation.

Nos clients vous en seront infiniment reconnaissants.  

A suivre...

Pour aller plus loin, découvrez mon recueil de notes sur la transformation de la communication d'influence sur Amazon, soit dans sa version papier, soit dans sa version Kindle

               Partager Partager
Notez


Lu 2529 fois

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
1 2

Boulot | Web 2.0 | Analyse | Coups de com | Nouveautés | Chiffres clés | Communication de crise



Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.


Facebook
LinkedIn
Skype
Twitter
Slideshare

@cginisty
J'ai ma note post-premier tour en tête. Il faut juste que je trouve un moment pour l'écrire et la poster #teaser
Lundi 24 Avril - 14:45
Après midi à @ULBruxelles pour présenter les métiers du digital à des élèves de Master en communication
Lundi 24 Avril - 14:38
RT @quatremer: 7% pour @MLP_officiel chez les Français de Belgique. 😊
Lundi 24 Avril - 14:18
RT @Be_Margo: A la "hauteur" du personnage... #pathétique #pourquoijenesuispassurprise https://t.co/lhUa0Y9jN3
Lundi 24 Avril - 12:18
@smallf_ il y a beaucoup de monde. 30 min minimum d'attente
Dimanche 23 Avril - 11:54
@GalaMarchal ça va très vite car il y'a beaucoup de bureaux. Je dirai 10 min
Dimanche 23 Avril - 09:53

Recherche