Faut-il libérer la communication politique ?
La question est en train de resurgir, 20 ans après les "lois Rocard" qui encadrent les règles de la communication politique et du financement de celle-ci. C'est une information du Figaro et je trouve ce débat très intéressant.
Comme le rappelle la journaliste : Depuis le 13 décembre, soit trois mois avant le premier jour de l'élection, la loi leur interdit, en effet, d'acheter de l'espace publicitaire pour leur campagne électorale en presse, par voie d'affichage, en radio ou en télévision. Pour défendre leurs couleurs, les partis peuvent uniquement s'exprimer dans les médias, s'afficher sur les emplacements réservés aux candidats ou utiliser les spots télévisés officiels diffusés selon des règles bien encadrées. C'est ce que prévoit la loi du 15 janvier 1990, dite «loi Rocard», qui encadre les dépenses liées aux élections. Ce dispositif est aujourd'hui contesté par le collectif Démocratie et communication, qui a rencontré mardi dernier le club parlementaire Publicité Économie Société. Pour sa présidente, Evelyn Soum, cette réglementation est à l'origine des taux d'abstention records en France. «Il ne faut pas diaboliser la communication politique, c'est ainsi que l'on fait voter les gens et qu'on a un débat pluriel, assure-t-elle. D'ailleurs, dans plusieurs pays européens, c'est au contraire un décret d'autorisation qui fixe la date à partir de laquelle on peut commencer à communiquer à deux ou trois semaines avant l'élection.» Ceux qui se souviennent du contexte dans lequel ces lois avaient été prises savent à quel point la France était engluée dans un nombre incalculable d'affaires de financements occultes. Après s'être auto-amnistiée, la classe politique dans son ensemble avait souhaité durcir les règles de la communication politique un interdisant notamment la publicité commerciale. Une manière de donner le change à l'opinion publique. Les partisans d'un assouplissement des lois mettent en parallèle le manque de visibilité et l'abstention. De l'autre côté, ceux qui ne veulent rien changer mettent en avant la nécessaire égalité de moyens avec lesquels les formations politiques doivent se présenter devant l'électeur, arguant que le retour à la publicité conduirait à donner une chance supplémentaire à ceux qui ont de l'argent. Pour ma part, je suis favorable à l'assouplissement pour trois raisons. La première tient au fait que le gouvernement a la possibilité de faire de la publicité sur tous les supports de son choix (télévision, radio, journaux) et qu'il n'est pas normal que les formations d'opposition soient privées de cette possibilité en période de campagne. La deuxième vient du fait qu'il est faux de prétendre que toutes les formations politiques, petites ou grandes sont traitées à la même enseigne grâce à l'absence de publicité. Les règles d'apparition dans les médias sont proportionnelles à la représentativité parlementaire, ce qui contribue à exclure du jeu des formations plus petites. Si elles avaient les moyens financiers de se faire entendre par voix publicitaire, elles pourraient favoriser leur visibilité. La troisième raison enfin est que je trouve l'acte publicitaire créatif et positif. Il fait partie de notre vie de tous les jours et il contribue à passer des messages de façon alternative au compte-rendu des journalistes. Il laisse à chaque "annonceur" la liberté de se présenter sous une forme particulière et ainsi communiquer sur ce qui lui semble le plus important. Évidemment, si l'on assouplit les lois sur la communication politique, on ouvre la boite de Pandore de son financement. Là encore, je suis favorable à une plus grande souplesse tout en ne revenant sous aucun prétexte sur l'obligation de transparence qui doit notamment veiller à la communication de l'origine des fonds. Bref, il était temps que ce débat s'ouvre et j'espère qu'il sera nourri. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 23 Février 2010
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