Christophe Ginisty

Faut-il regretter les polémiques ?


Rédigé le Mercredi 8 Février 2012



Faut-il regretter les polémiques ?
Alors que la campagne électorale est lancée, chaque jour nous apporte son lot de polémiques et, dans le même temps, son lot de déclarations qui déplorent les polémiques, rabaissant celles-ci au caniveau en opposition aux débats de fond qui seraient les seules passes d'armes dignes du combat politique.

De Guéant à Morano en passant par Serge Letchimy qui fait une entrée fracassante sur le devant de la scène médiatique en évoquant le nazisme en écho aux propos du Ministre de l'Intérieur, nombreux sont ceux qui espèrent enfin "élever le débat" comme ils disent.

Moi, la question que j'ai envie de poser est la suivante : la polémique est-elle aussi minable qu'on le dit ?

Très franchement, je ne le pense pas. Je pense même exactement l'inverse.

Le fait de polémiquer fait avancer le débat, même lorsque l'on polémique sur des sujets totalement hors sujet comme Nadine Morano qui s'est épanchée de quelques réflexions assez minables sur le physique de Eva Joly. Cela fait avancer le débat dans la mesure où cela renseigne infiniment sur la personne qui lance la polémique en question.

Ainsi, et toujours pour reprendre l'exemple de Morano, les polémiques qu'elle lance sont révélatrices de l'incroyable arrogance du camp présidentiel qui se sent propriétaire à vie du pouvoir et qui méprise tous ceux qui pourraient lui contester le "droit" de régner sur la France.

De la même manière, le discours de Guéant devant l'UNI qui provoque la polémique donne des éléments très précieux à propos du territoire sur lequel le président sortant entend mener sa campagne, en faisant une OPA sur les électeurs du Front National.

Autre avantage d'une polémique, ceux qui y répondent et s'en offusquent nous donnent aussi des éléments d'appréciation importants. Leur indignation, lorsqu'elle est étayée, exprime des valeurs qui sont intéressantes à décoder.

Enfin, la polémique nous extirpe du consensus mou et de la pensée unique. Elle fait ressortir les aspérités issues de la diversité des points de vue.

Bref, tout ça pour dire qu'il est souhaitable que les polémiques puissent exister dans une campagne électorale de cette importance. C'est vrai que ce n'est pas le top d'un point de vue programmatique et idéologique mais c'est un mal nécessaire pour s'y retrouver et, périodiquement, faire tomber les masques.

               Partager Partager
Notez


Lu 932 fois

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :

De retour...! - 12/05/2015

1 2 3 4

Politique | Opinion | PERSO | Libertés | Communication | WebDiversity | Culture | ReputationTime



Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.


Facebook
LinkedIn
Skype
Twitter
Slideshare

@cginisty
RT @Christine_Alves: Fusillade de Munich: la leçon de communication de crise de la police allemande - https://t.co/19Q18D6rAO #GoogleAlerts
Lundi 25 Juillet - 11:24
@FlyingBrussels I will. But a great service provider would proactively organize it for clients having a bad experience
Lundi 25 Juillet - 11:22
@FlyingBrussels I assume We all deserve a compensation
Lundi 25 Juillet - 08:28
Tellement d'accord avec ça ! https://t.co/yh7PbpoUmk
Lundi 25 Juillet - 08:00
RT @GillesKLEIN: Le républicain Michael Bloomberg soutient la candidature de Hillary Clinton: il n’aime vraiment pas Trump (NY Times) https…
Lundi 25 Juillet - 07:59
Hillary Clinton avait le choix de satisfaire des supporters de Sanders ou de ratisser à droite. Elle a choisi la droite. À suivre...
Lundi 25 Juillet - 07:59

Recherche