Fra-ter-nit-té : le jour où Ségolène Royal a tout perdu
Souvenez-vous. Nous étions en septembre 2008, Ségolène Royal remplissait le Zénith de Paris pour un one-woman-show improbable qui est resté célèbre (voire mythique) pour l'incantation clamée en boucle : Fra-ter-ni-té !
Nous étions un peu plus d'un an après la présidentielle de 2007 et cette prestation avait marqué les esprits par son côté totalement décalé, médiatiquement et politiquement. Au-delà de tous les jugements de valeur, ce qui fut à mon sens le plus spectaculaire, c'est une attitude et une posture qui montraient qu'elle s'engageait finalement dans une voie sans issue. Ségolène Royal a fait deux erreurs majeures dans la gestion de sa stratégie de communication : elle n'a pas proposé de répit à l'opinion publique et elle est devenue la caricature d'elle-même. Ces deux erreurs ont été flagrantes dans la réunion du Zénith. Pour réapparaitre, il faut accepter de disparaître après un échec, même si l'échec est injuste. La volonté frénétique d'occuper sans arrêt le haut de l'affiche ne permet pas aux gens d'oublier ce qui vous a fait perdre et donc ne permet pas de se débarrasser des scories qui polluent une image. En 2008, Ségolène Royal aurait dû s'arrêter, se taire, se faire discrète, histoire de peaufiner son retour sous de meilleurs auspices. Elle n'a pas su ou pas voulu le faire et c'est très dommage. Sans doute s'est-elle précipitée trop vite dans la course à la domination du PS... Point corolaire du précédent, quand on ne disparait pas temporairement, on ne se donne pas la possibilité de proposer aux gens une image changée. C'est un peu comme dans une famille où l'on ne voit pas ses enfants grandir mais où ceux qui ne les ont pas vus depuis des mois s'en épatent. La constatation du changement est parfois proportionnelle à la longueur de l'éloignement. En termes de communication, au silence. Or, Ségolène Royal, confiante à tort dans la constance de sa popularité - et sans doute très mal conseillée par des gens qui ne lui ont pas dit la vérité - est devenue peu à peu la caricature d'elle-même en grossissant un trait qu'elle croyait être son principal atout. La réunion du Zénith fut à ce titre une explosion d'outrance "ségolènienne". J'ai été ému par les larmes de Ségolène Royal dimanche dernier. Sincèrement, et même si je n'ai pas voté pour elle lors de la primaire socialiste. Mais les erreurs dont je parle et qui se sont illustrées dans cette prestation de 2008 accréditent la thèse qu'elle a surtout été très mal entourée car on aurait dû lui dire qu'elle n'empruntait pas la bonne direction pour concourir en 2012. Rédigé par Christophe Ginisty le Mercredi 12 Octobre 2011
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Voilà l'image que je retiendrai de cette journée historique




