François Baroin et le déni de démocratie
En accusant les députés socialistes d'avoir pris le "pouvoir par effraction", François Baroin a commis une faute qui est bien plus gravce que la tempête dans un verre d'eau que certains voudraient y voir.
Le mot effraction renvoie à deux choses : le fait de briser un système de fermeture d'une part et l'intention de comettre un délit d'autre part. S'agissant d'une élection au suffrage universel, c'est particulièrement choquant de prétendre l'un ou l'autre. N'oublions pas que c'est Dominique de Villepin qui avait eu cette brillante idée de dissoudre l'Assemblée Nationale pour tenter de renforcer la légitimité populaire du Président de la République et de son gouvernement, suite à de très importantes manifestations. Cela s'est passé en 1997 et les socialistes ont assez largement remporté l'élection, s'installant à l'Assemblée Nationale confortés par une majorité absolue qui accordera sa confiance à Lionnel Jospin pour diriger l'action du gouvernement. On peut être de droite ou de gauche, trouver les années qui suivirent comme positives ou négatives, là n'est pas la question. On doit respecter le vote du peuple et ceux qui en sont issus. Il n'est pas nécessaire d'être un grand spécialiste de la chose publique pour reconnaître que cette élection au suffrage universel a non seulement été régulière mais qu'il est insultant pour la démocratie de qualifier cela d'effraction. En réalité, derrière les mots de François Baroin (qui n'ont pas dépassé sa pensée puisqu'il a répété deux fois le mot effraction), il y a toute l'arrogance de la droite française qui se considère propriétaire du pouvoir supprême et qui n'arrive pas à concevoir une présidence socialiste autrement que comme un accident de l'histoire. C'est une bande de sales gosses jaloux de leurs jouets qui éructent que le pouvoir est à eux ! C'est grave d'avoir cet état d'esprit et Baroin comet deux fautes lourdes. La première est de le dire en tant que Ministre, alors même qu'un Ministre est responsable devant l'Assemblée Nationale et tient sa légitimité d'un vote de confiance des députés. La deuxième est de le dire là où il l'a dit, c'est-à-dire dans une maison qui est par nature la maison du peuple, souverain et garant du fonctionnement de la démocratie. Mais d'une certaine manière, cet épisode est aussi très éclairant sur l'état d'esprit de ceux qui nous dirigent depuis 2002 et sur la place qu'ils accordent à la démocratie. Rédigé par Christophe Ginisty le Mercredi 9 Novembre 2011
Commentaires articles
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
Commentaires
Sur mon blog pro...
|
|



















Aujourd'hui, c'est la fête des Maires




