Georges Tron ou la corruption du pouvoir
Bon, je l'avoue, je n'arrive pas à me passionner pour l'affaire Georges Tron. Les trucs qui me viennent à la tête quand je pense à lui sont des images d'un ridicule consommé. C'est plus du mauvais Courteline qu'autre chose. Je l'imagine dans son grand bureau de Maire en train de regarder ses collaboratrices avec un regard libidineux et abuser de son pouvoir pour leur pratiquer des massages des pieds. Je dois dire que, si ce n'était pas évidemment condamnable, cela en serait tout simplement grotesque.
Mais derrière cette affaire, il y a toute la symbolique du pouvoir excessif, de ce pouvoir quasi-absolu que détiennent les élus locaux depuis des lustres et dans lequel ils se prélassent, sûrs de leur impunité. Certains ne se comportent plus comme des élus du peuples, humblement responsables devant les citoyens mais comme des seigneurs d'un tout autre temps. Je me souviens lorsque j'ai débuté en politique, en mai 2007 pour être précis. Je venais de recevoir l'investiture du MoDem pour me présenter aux élections législatives dans la 10ème circonscription des Hauts de Seine (92) en face du tandem André Santini / Frédéric Lefebvre. Je dois dire que c'est le genre de début qui marque. La toute première fois que j'ai croisé Santini sur un marché, donc en situation de faire campagne contre lui, il m'a regardé de très haut et m'a dit : « Bonjour, mais qu'est-ce que vous venez m'emmerder sur mes terres ? Il n'y a pas d'autres circonscriptions sur lesquelles vous auriez pu aller vous amuser ? » Cette phrase m'avait choqué car elle exprimait tout ce que je détestais du pouvoir politique. Elle renvoyait à cette notion pré-révolutionnaire du seigneur qui règne sans partage sur ses vassaux alors que nous étions en réalité sur les terres de la démocratie où chaque citoyen peut se présenter au suffrage universel. J'ai toujours pensé que la longévité politique était néfaste à la collectivité. Je pense qu'elle est aussi néfaste à l'élu qui accepte de s'y complaire. Elle corrompt les esprits et donne le sentiment d'un pouvoir sans limite reposant sur l'intemporalité de la domination. Surtout, elle fait parfois basculer le pouvoir sur la gestion de la collectivité issu du suffrage universel vers un pouvoir malsain sur les autres. L'affaire Geogres Tron en est une illustration déplorable. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 21 Juin 2011
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