Google perd son pseudo bras de fer avec les autorités chinoises
Tout ça pour ça ! Voilà le sentiment que j'ai en apprenant que Google s'est finalement plié aux exigences du gouvernement chinois pour obtenir le renouvellement de sa licence.
Voici un bref rappel des faits. La Chine est l'un des pires censeurs de l'Internet dans le monde en même temps que le premier marché mondial avec près de 400 millions d'Internautes. Pour exploiter une entreprise sur le réseau, toute organisation doit obtenir une licence d'Etat ICP (Internet Content Provider). Pour obtenir cette licence, il faut se plier aux exigences du gouvernement, notamment dans le filtrage de l'information. Lors de son implantation en Chine en 2006, Google avait scandalisé les défenseurs des droits de l'homme en acceptant en échange de sa licence d'opérer un filtrage de son moteur de recherche, une forme d'autocensure qui consiste à évacuer des résultats de recherche certaines données jugées subversives par les autorités. En janvier dernier, Google était victime d'attaques de la part des autorités cherchant notamment à pirater le contenu des boites e-mail de certains activistes. Google tapait publiquement du point sur la table et menaçait de quitter le marché Chinois, tout en arrêtant le filtrage de son moteur de recherche. Sans que ces menaces n'aient le moindre effet sur les autorités chinoises, Google décidait de rediriger les internautes chinois vers la version de son moteur de recherche hébergé à Hong-Kong, tentant ainsi de montrer sa volonté de ne pas se laisser intimider. Mais le gouvernement chinois avait une arme fatale : le renouvellement de la licence de Google devait intervenir à la fin juin 2010. Sans ce renouvellement, les pages du moteur de recherche disparaitraient purement et simplement de l'Internet chinois. Inutile de préciser que la stratégie de redirection tomberait à l'eau si le site d'origine devenait inaccessible. Le bras de fer fut donc inversé ces dernières semaines car la menace de disparition pure et simple de Google en Chine était désormais brandie sans états d'âmes par les autorités chinoises. David Drummond, vice-président de Google pour les affaires publiques et juridiques, expliquait récemment sur le blog officiel de l'entreprise qu'il espérait voir sa licence renouvelée. Celui-là même qui criait au loup en janvier en menaçant de claquer la porte se montrait désormais tout conciliant avec les autorités chinoises en détaillant une "nouvelle aproche" qui, je dois l'avouer, est particulièrement tirée par les cheveux. Pour faire simple, Google ne donne plus aucun gage sur sa volonté de ne plus filtrer ses résultats et nous parle de musique et de services de traduction qui ne sont pas des domaines sensibles. Hier, le Ministre chinois de l'Industrie et des Technologies de l'information a annoncé le renouvellement de la licence de Google en Chine. Fin de cette mascarade. Oui, car il s'agit bel et bien d'une mascarade. Google a tenté de bomber le torse en se parant des habits des défenseurs de droits de l'homme. Cette posture a duré 6 mois, jusqu'à ce que les autorités chinoises acceptent l'idée que Google puisse disparaître en Chine (rappelons que l'entreprise américaine est loin d'être leader sur un marché local dominé par son concurrent Baidu). Mais les affaires sont les affaires, pourrait-on dire de manière cynique et au diable les droits de l'homme. 400 millions d'internautes quand on est le leader du marché publicitaire en ligne, ça vaut bien que l'on remise sa conscience au fond d'un tiroir. Je trouve cette séquence désolante. Car il y a pire que de bafouer les droits de l'homme. C'est les bafouer en se prétendant exemplaire. Et c'est bien ce que Google a tenté de démontrer dans cette sinistre affaire. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 12 Juillet 2010
Dans la même rubrique :
|
Commentaires
Sur mon blog pro...
|
|



















2012 sonnera-t-elle la mort de l'Internet ?




