Grèves : Tout ça pour une réforme sortie de nulle part et avancée de 2 ans
Il y a peu de gens qui le savent, et pourtant, c'est la vérité : la réforme des retraites pour laquelle tant de gens sont dans la rue, ne devrait pas être effectuée par ce gouvernement. Lors de la précédente réforme de 2003, il était prévu de respecter un calendrier quadriennal pour ajuster les lois Fillon.
Un premier rendez-vous a eu lieu en 2008, quatre ans révolus après l'entrée en application de cette réforme. Le rapport rédigé par le Conseil d'Orientation sur les Retraites commençait ainsi par ces mots : Le présent rapport s’inscrit dans le cadre du « rendez-vous sur les retraites » prévu par la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites. Cette loi institue, en effet, des rendez-vous quadriennaux destinés à faire le point sur les régimes de retraite, en fonction des données démographiques, économiques, financières et sociales.Le premier de ces rendez-vous, en 2008, sera ouvert, selon les dispositions de l’article 5 de la loi, par un rapport que le Gouvernement doit rendre public avant le 1er janvier 2008... Les lois de 2003 prévoyaient donc clairement que des ajustements puissent être faits en fonction de évolutions démographiques et de la conjoncture. Il n'était pas prévu de "grande réforme", de "réforme du quinquennat" mais de vigilance périodique afin de sauver le système par répartition. Si l'on respecte ce calendrier, un nouveau rendez-vous devait être pris en 2012. Ce qu'il faut comprendre, c'est que Nicolas Sarkozy — qui rappelait au début de son mandat qu'il ne toucherait pas aux retraites — a créé artificiellement ce besoin de réforme d'ampleur. Il a jeté aux orties le calendrier raisonnable et consensuel des lois Fillon pour s'inventer une réforme à lui, un truc qui porterait son nom. Nous connaissons la suite. Et nous pouvons avoir aussi une idée des raisons qui ont fait que Nicolas Sarkozy ne voulait pas de ce débat en pleine campagne présidentielle. Toutes les postures de communication qui consistent à affirmer que c'était une réforme urgente, majeure, indispensable, vitale sont des postures fondamentalement mensongères qui ignorent l'existence des lois Fillon et de leur calendrier. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 19 Octobre 2010
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