Hadopi : moi, j'ai commencé à pirater quand j'étais ado
Ce matin, plusieurs journaux ont publié les résultats d'un sondage commandé par la Hadopi et montrant que la moitié des internautes français téléchargeait illégalement.
La moitié... seulement la moitié ? Cette information m'a soudain mis face à la réalité et à cette entêtante question : suis-je moi aussi un pirate et me suis-je rendu coupable de téléchargement illégal ? La réponse est évidemment oui. Tout petit déjà, j'avais une chaîne hi-fi dans ma chambre avec un tuner, une platine disque, une platine CD mais aussi une platine cassette. J'achetais des cassettes vierges et, très souvent, quand j'entendais à la radio un morceau qui me plaisait, je l'enregistrais. Je dois dire que lorsque j'étais dans ma chambre, il y avait toujours de la musique. Les boutons de la platine cassette étaient en position enregistrement, la touche pause enfoncée, de sorte qu'à l'écoute des toutes premières notes d'un morceau sympa, je n'avais besoin que de quelques dixièmes de seconde pour lancer l'enregistrement et graver sur la TDK Super Chrome 90 le fruit de mon larcin radiophonique. Après l'avènement des magnétoscopes, je ne pourrais pas compter le nombre de films que j'ai enregistrés, l'intégrale des De Funès notamment qui sont toujours quelque part dans mon garage. Les premiers opus du Splendid aussi qu'on se repassait entre potes jusqu'à l'épuisement de la malheureuse bande magnétique. On se les prêtait en toute illégalité mais qu'est-ce qu'on pouvait se marrer ! Ce que je veux dire avec ce petit retour en arrière personnel, c'est qu'il ne faut pas tomber dans un travers absurde qui consiste à pointer du doigt la moitié du pays pour affubler ses habitants de mots aussi barbares que pirates, voleurs,... Je déteste cette société qui condamne, stigmatise, et voit la vie en chiffres et en délinquants. A force de voir le mal partout, de mettre en doute l'honorabilité des individus et d'ériger le politique en policier obsessionnel, on flétrit l'action publique pour n'en faire qu'un portail de sécurité. En enregistrant mes cassettes, je faisais évidemment un truc illégal du strict point de vue de la loi, mais j'achetais des disques, plein de disques, car ces cassettes n'étaient pour moi que le moyen facile d'avoir un son avant de passer à l'achat. Pirate, je ne sais pas. Amateur, sûrement. Rédigé par Christophe Ginisty le Lundi 24 Janvier 2011
Commentaires articles
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
Commentaires
Sur mon blog pro...
|
|



















Heureux, les simples d'envie, le royaume des voeux leur appartient !




