Hollande : la tortue de la fable qui avance inexorablement



Hollande : la tortue de la fable qui avance inexorablement
Certes François Hollande n'est pas le plus charismatique des candidats. Certes, tous ses adversaires se plaisent à se moquer de lui en le qualifiant alternativement de mou, de flou et à railler les cafouillages de campagne. Mais s'il y a bien un truc qui m'épate avec ce type (et dont j'ai déjà parlé ici) c'est cette capacité à avancer doucement mais inexorablement et à ne pas se laisser déstabiliser par quiconque.

C'est un peu comme la fable de Jean de la Fontaine du lièvre et de la tortue.

« Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n'atteindrez point
Sitôt que moi ce but... »


Hollande n'est pas quelqu'un qui séduit mais qui convainc à l'usure, ou à la constance pour utiliser une expression plus positive.

Vous n'aimez pas ce type-là ? Vous le trouvez inadapté pour le job ? Vous finirez pas l'apprécier et rendre hommage à sa pugnacité tranquille (non, je n'ai pas dit force tranquille).

C'est comme ça qu'il a gagné la primaire PS haut la main. Il est parti trois mois avant les autres qui avaient prévus de disputer un sprint de juin à novembre. Il a progressé point après point dans l'esprit des électeurs de gauche et pourtant, il partait de loin, ayant laissé un Parti Socialiste dans un bordel innommable. 

Pour le moment et en l'absence de candidat officiellement déclaré à droite, la stratégie de la Tortue est payante.

Il se rapproche un peu plus de l'Elysée sans faire de vague ni de déclaration outrancière. Il n'a pas besoin de lancer une idée folle à chaque intervention télévisée. Ce n'est pas le candidat du Karcher, du Ministère de l'immigration et de toutes ces impros qui ont fait le succès de Sarkozy en 2007, c'est juste le candidat qui avance tous les jours un peu plus quand le président sortant se prépare à entrer dans les habits du lièvre.

En termes de communication, c'est le travail que l'on fait lorsque l'on veut installer une marque dans la durée, à l'inverse des lancements dont la soudaine puissance est un critère de réussite;

Installer une marque dans la durée, c'est un travail quotidien qui repose sur une infinie constance et une capacité à fournir périodiquement des attributs permettant d'éclairer le public sur ce qu'est réellement la marque. C'est un travail que l'on pourrait comparer au travail du dompteur qui va réussir à maîtriser le fauve par une série de gestes et d'attitudes qui vont finir au bout de quelques mois par convaincre l'animal de se laisser faire.

En l'espèce, l'animal sauvage et craintif, ce sont les électeurs qui ne sont pas prêts à voter pour vous.

Reste à savoir si le soir du premier tour, l'élection se terminera comme la fable :

« A la fin quand il vit
Que l'autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première. »


A suivre...

Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 27 Janvier 2012

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