Internet a tué les poissons d'avril !
Je me souviens quand j'étais gamin, le 1er avril était presque toujours l'occasion pour la presse de nous embarquer dans un canular, histoire de faire un clin d'oeil appuyé à cette tradition du jour et se permettre un mensonge de quelques heures. Une info était dévoilée au journal de 13h00 puis démentie sur la même chaîne au journal de 20h00, livrant le téléspectateur à 7 heures d'angoisse insupportable.
Ce matin, en lisant mon Libé comme tous les jours, je me suis fait la réflexion que cet exercice serait bien difficile aujourd'hui à l'heure de l'Internet et des réseaux sociaux. Imaginez l'annonce au JT de Jean-Pierre Pernaut d'un mariage imaginaire, d'un scoop improbable, de l'annonce d'une séparation tonitruante dans le monde des "pipoles" ou encore du ralliement surprise d'un leader politique au camp opposé. En quelques minutes à peine, la toile aurait vite fait de démonter le canular, preuves à l'appui, et les intéressés eux-mêmes n'auraient de cesse que de démentir sur leurs propres blogs. Derrière cette réflexion matinale et anodine se cache finalement un point plus fondamental qui est celui du pouvoir des médias traditionnels sur l'information du public. Dans mon enfance, ils étaient tout puissants. Tellement même qu'il fallait attendre 20h00 précises pour savoir. Aujourd'hui, il suffit d'être connecté ou de rencontrer quelqu'un qui a pu se connecter pour détenir l'info. Elle n'est pas toujours fiable mais disons qu'elle est disponible immédiatement. Finalement, dans le monde qui est le nôtre aujourd'hui, Internet a tué les poissons d'avril. Je dis ça avec une pointe de nostalgie car cela avait quelque chose d'amusant de se laisser transporter entre vérité et mensonge pendant toute une journée et finalement de croire que l'improbable était possible. Du coup, je m'abstiendrai de tout canular aujourd'hui. Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 1 Avril 2011
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