"Je n'ai plus envie de vivre dans ce pays, et pourtant je n'en partirai pas"
C'est par ces mots que Michael Moore conclut son tout dernier film/reportage, Capitalism, a love story, une charge en règle contre le dogme libéral du capitalisme américain qui a conduit le monde à la crise des subprimes puis à la crise financière de septembre 2008. J'aime bien cette formule. Je trouve qu'elle résume bien les ressorts de l'engagement politique : ne pas se résigner et être déterminé à se battre.
J'étais invité en fin de journée à une projection en avant-première et je suis sorti de là avec un goût amer dans la bouche. C'est évidemment très partial et subjectif, c'est une instruction à charge, une oeuvre militante mais que c'est pertinent et bien fait ! Le monde qui est le sujet de ce film est un monde qui se marche sur la tête. Ce film devrait être projeté aux jeunes générations pour leur montrer une autre perspective sur le "modèle américain". Même si le film est très centré sur les Etats-Unis, comment ne pas y voir le miroir d'une perversion planétaire ? J'ai sincèrement été ému par le récit de cette veuve qui a découvert que l'employeur de son mari avait souscrit une assurance vie qui lui avait permis de gagner plusieurs millions à la mort de son employé. J'ai été scié par l'histoire de ce vieux cheminot qui est expulsé de sa maison familiale et à qui l'on paye 1000 dollars pour qu'il fasse lui-même l'éboueur de ses propres objets. Ultime humiliation de la banque qui reprend son hypothèque. Bref, c'est une vision dérangeante mais essentielle et le parallèle des toutes premières images entre le déclin de l'empire romain et la chutte du capitalisme résonne encore dans ma tête. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 20 Octobre 2009
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