Christophe Ginisty

Je ne suis pas déçu par Nicolas Sarkozy... car je m'y attendais


Rédigé le Mercredi 6 Mai 2009



Je ne suis pas déçu par Nicolas Sarkozy... car je m'y attendais
En ce jour de deuxième anniversaire de son élection, tout le monde se demande quel bilan on peut tirer de ces premières années à la tête de l'exécutif. Plus de 60% des français interrogés par divers instituts de sondage se prétendent déçus. Mais être déçu, c'est selon le dictionnaire "ne pas répondre à l'attente, aux espoirs de quelqu'un" et, en ce qui me concerne, je n'avais aucun espoir s'agissant de Nicolas Sarkozy.

Le 6 mai fut une journée de grande tristesse pour moi. Dans l'isoloir où je suis resté près de 10 minutes, je n'ai pas pu me résoudre pour voter Nicolas Sarkozy. C'était impossible, c'était contraire à toutes mes valeurs et je me sentais responsable vis à vis de mes concitoyens et de mes enfants. Je ne voulais pas porter le fardeau d'avoir contribué à son accession au pouvoir.

J'ai voté Ségolène Royal la mort dans l'âme, sans la moindre conviction. Je ne pensais pas un seul instant qu'elle puisse être à la hauteur de la tâche mais je ne pouvais pas faire autrement, regrettant amèrement le fait que le bulletin blanc soit assimilé dans mon pays au bulletin nul (et ça c'est une vraie question).

Deux ans plus tard, ce que je prévoyais est arrivé. La France est dirigée par cette "Société du 6 mai" qui s'est réunie au Fouquet's le soir de la victoire. Nous sommes dans l'apparence, la connivence, le manque de fond, le bling-bling, le mépris permanent érigé en mode de communication, dans l'autocongratulation et l'autosatisfaction crasses. Nous sommes dans la jouissance du pouvoir pour le pouvoir, dans l'ère de l'argent roi, et dans un régime qui transforme profondément notre république et l'éloigne de ses valeurs fondamentales. Et qu'on arrête de me dire que Ségolène Royal n'aurait pas fait mieux. C'est très possible mais ce n'est pas pour autant un motif pour accepter les dérives du pouvoir Sarkozistes.

Je m'y attendais mais j'aurais quand même aimé être surpris.


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Commentaires articles

1.Posté par cocobe le 06/05/2009 15:46
Rassure toi mon ami,

Nous étions nombreux à ressentir ce que tu décris, et personnellement, c'est la première fois de ma vie que j'ai voté blanc. Pour des tas de raisons qui me sont personnelles, je ne pouvais pas voter Ségolène et je ne suis pas certain que choisir de deux maux le moindre soit une solution sinon notre engagement au MoDem n'aurait pas le même sens.

De grandes démocraties reconnaissent le vote blanc, François avait milité pour, et il essaie d'expliquer à un microcosme qui s'arcboute sur des règles dépassées qu'on peut être conséquent et responsable sans être systémiquement de droite ou de gauche.

Ce n'est pas à un spécialiste des technologies qu'il faut expliquer qu'une installation par défaut, c'est pas toujours top.

Bises à toi.

2.Posté par Gilles le 06/05/2009 18:04
Effectivement nous ne pouvons pas être déçus par l'action de N. Sarkosy : elle est plus que conforme à ce que nous prévoyions, nous pouvons tout au plus en être attristés.

En revanche, il existe un motif évident de déception : il n'existe plus, ou plus exactement il n'existait plus de personnalité politique suffisamment crédible et portée par un appareil suffisamment puissant pour nous éviter le duel Royal-Sarkosy.

Lorsque l'on se souvient de la richesse du personnel politique de naguère, nous pouvons remercier les 2 derniers locataires de l'Elysée qui n'ont eu de cesse de couper, dans leur propre camp, toutes les têtes qui risquaient un jour de leur faire de l'ombre.

Pour que cet état de fait évolue, il est impératif qu'apparaisse une troisième force politiquement solide et cohérente, si l'impulsion initiale peut provenir d'un leader futur candidat, la présence de ce dernier au second tour n'est possible que s'il dispose de ressources suffisantes et suffisamment puissante pour l'y porter.

Il ne tient donc qu'à nous de ne plus être ni triste ni déçus.

3.Posté par Claudio Pirrone le 06/05/2009 18:38
Je partage parfaitement ton ressenti.

Certes, ma condition d'étranger m'a évité ce vote de deuxième tour mais je me souviens de ceux que j'avais convaincu de voter Bayrou au premier auxquels je ne savais pas quoi dire. Si j'avais du voter, j'aurais voté Royal, dans l'espoir que la réalité pouvait réussir à s'imposer à elle.

Comme toi, de Sarkozy, ce pseudo clone de Berlusconi que je connais hélas si bien, je n'attendais rien. Dommage, il aurait pu me surprendre.

4.Posté par Anne le 06/05/2009 22:24
Si j'écrivais sur un blog, aussi régulièrement et aussi sincèrement que vous le faites, je me dis à la lecture de cette note que j'aurais presque pû écrire ce texte, tant je me retrouve dans l'expression de cette réflexion. J'ai le sentiment que les mêmes mots me sont venus à l'esprit il y a 2 ans, à l'idée de voter pour Nicolas Sarkozy : "impossible", "contraire à toutes mes valeurs", "responsable vis à vis de mes concitoyens", "ne pas porter le fardeau d'avoir contribué à son accession au pouvoir".
A la différence de vous, je ne suis pas restée 10 minutes dans l'isoloir, mais à peu près 3 secondes 1/2, comme pour oublier le plus vite possible que j'avais voté pour Ségolène Royal.
A cette note que je n'ai donc pas écrite, j'aurais également ajouté qu'à 20h, ce 6 mai 2007, devant le téléviseur familial, j'ai fondu en larmes comme une gamine qui a un gros chagrin. J'avais 30 ans, j'étais chez mes parents ce soir-là. Et j'entendrai toujours mon père, ne sachant plus quoi faire pour parvenir à me consoler, finir par tenter la minimisation : "mais, Nanou, c'est rien, ce n'est qu'un Président de la République...". Il n'était évidemment pas franchement convaincu, et moi, évidemment pas franchement consolée...
Ils sont parfois bien désemparés les papas pour consoler leurs fifilles ! ;-)

5.Posté par OG le 06/05/2009 23:33
touchant le commentaire d'Anne, je m'y retrouve également.

6.Posté par Sébastien le 07/05/2009 10:22
Ce qui renforce ma volonté de porter FB à la tête de ce pays...
Ce pays où l'on licencie les gens pour des points de vue (privés) : http://www.lemonde.fr/technologies/article/2009/05/07/etre-anti-hadopi-lui-coute-son-poste-a-tf1_1189867_651865.html
Il faut dire que cette entreprise est labélisée "Fouquet's, j'en étais"... Pauvre France...

7.Posté par Fotini le 07/05/2009 17:50
Je ne vois qu'un point positif à son élection : au moins les gens ne fantasment plus sur lui.

Vous l'auriez imaginé dans l'opposition systématique à un gouvernement socialiste et prenant le pouvoir en 2012 avec encore plus de hargne ?

C'est dur à dire, mais parfois vaut mieux crever l'abcès... si au moins ça pouvait éveiller la conscience civique de nos concitoyens !

8.Posté par FrédéricLN le 09/05/2009 21:02
Eh bien moi si, je suis déçu, sévèrement. Et pourtant, j'avais voté, sans honte ni hésitation dans l'isoloir ni passage express, pour Ségolène Royal au second tour, convaincu par le livre d'Eric Besson.

Mais il me semblait vraisemblable que celui qui avait dit "changer" tant de fois, changerait encore une fois et s'habituerait à la charge, aux responsabilités de la Présidence de la République. Il me semblait vraisemblable que le lourd poids de la droite, de ses armadas de barons et d'intérêts, serait une sorte de contrepoids ramenant Nicolas Sarkozy à la raison. Je me suis félicité du choix de François Fillon, qui me donnait quelque espoir de bon sens.

Je regarde par la fenêtre, on voit Paris, et je n'ose pas le dire, mais je la pense très fort, cette interpellation d'une magnifique limpidité, qu'a trouvée notre Président de la République un jour de salon de l'Agriculture.

P…, trois ans …

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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