Jusqu'où va aller Mélenchon ?


Rédigé le Dimanche 12 Février 2012


Jusqu'où va aller Mélenchon ?
A plusieurs reprises, j'ai regretté que cette campagne soit molle et sans véritable intérêt. Mais il y a une chose qui éveille mon attention depuis quelques semaines, c'est ce que l'on pourrait appeler le "phénomène Mélenchon."

J'en ai déjà parlé dans ma note de la semaine sur le classement des candidats dans le baromètre Edelman de l'influence sur Twitter, le candidat du Parti de Gauche me semble être le premier événement de cette première partie de campagne.

Avant de continuer cette note, je tiens à préciser que je ne partage pas ses idées et que je n'ai pas l'intention de voter pour lui. Mon propos est juste celui d'un observateur attentif de l'actualité politique.

Mélenchon est en train de faire une campagne assez incroyable. Il mobilise les foules dans chacun de ses meetings, il est très bon dans les médias où il parvient à émettre des idées simplement et à se faire comprendre très facilement.

Il a le sens de la formule et, d'un point de vue marketing (ce n'est pas un gros mot, y compris en politique où l'on peut parler de la capacité à rencontrer ses électeurs), il réussit à s'installer sur le territoire des ouvriers déçus par Nicolas Sarkozy et artificiellement captés par le clan Le Pen.

Crédité d'environ 8% d'intentions de vote dans les derniers sondages, il est aujourd'hui en 5ème position et continue de progresser derrière un François Bayrou qui, lui, régresse.

Cela m'inspire deux questions.

La première est jusqu'où Mélenchon va-t-il aller ? Pour ma part, j'ai la conviction qu'il n'en est qu'au début et que le phénomène va s'amplifier. C'est, dans la communication, ce que l'on pourrait appeler un phénomène d'entrainement : la progression va susciter de l'intérêt qui va susciter de l'attention médiatique qui va susciter à son tour de l'intérêt. C'est une mécanique implacable.

La deuxième est de savoir dans quelle mesure cela peut-il nuire à Hollande. Si Mélenchon continue de progresser, il va inévitablement capter des voix de gauche qui avaient le projet initial de voter Hollande mais qui vont trouver en Mélenchon un discours plus tranché et plus structurant.

Tout cela pour dire que Mélenchon pourrait bien être la surprise de cette élection.

Il pourrait siphoner tellement d'électeurs de gauche que Hollande n'obtiendrait pas suffisamment de voix pour être qualifié au deuxième tour. Une sorte de remake du 21 avril 2002 en somme.



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Christophe Ginisty
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