Christophe Ginisty

La France en 2025 : Un exercice de communication plus intéressant qu’il n’y paraît


Rédigé le Lundi 19 Août 2013



La France en 2025 : Un exercice de communication plus intéressant qu’il n’y paraît
Beaucoup de journalistes politiques l’évoquent depuis la semaine dernière, les ministres du gouvernement se sont essayés à définir ce que devrait être une France prospère à l’horizon 2025, c’est-à-dire dans 12 ans. Certains y voient une collection de vœux pieux totalement stériles, d’autres encore plus critiques, estiment que tout ceci ne sert à rien.

Cet après-midi, un brin mauvais joueur et un gros brin de mauvaise fois, Yves Jego, ancien ministre de Nicolas Sarkozy tweetait sur le fait qu’entre le gouvernement socialiste avec sa longue vue et l’UMP avec son droit d’inventaire, personne finalement n’était dans le présent et s’occupait des problèmes actuels. 

La France en 2025 : Un exercice de communication plus intéressant qu’il n’y paraît
J’ai une autre vision des choses et je me dis que c’est un exercice très intéressant en termes de communication pour au moins deux raisons.

Il a d’abord le mérite suffisamment rare pour être signalé de mettre le personnel politique en situation d’avoir une vision et d’autre part, il permet transcender le temps électoral.

S’agissant d’abord de la vision, on ne peut pas se plaindre comme nous le faisons si souvent d’avoir des politiques qui gèrent le nez dans le guidon, réagissent souvent maladroitement à la charge émotionnelle d’une actualité soudaine et en même temps leur reprocher de tenter de voir plus loin.

On peut être ou non d’accord avec leur vision de la France à cette échéance, moi je trouve que c’est un exercice que devrait faire tout dirigeant, qu’il soit occupé par une mission ministérielle ou par un mandat local. Rendre publique une vision à moyen terme et accepter d’en débattre devrait être la moindre des obligations de ceux qui aspirent à nous diriger. En faire une feuille de route et avec elle, revenir aux fondamentaux de ce que doit être l’action publique est une très bonne chose.

Encore une fois, je ne veux pas présager du contenu qui va en sortir et je ne juge pas les orientations particulières qui y sont débattues, j’apprécie uniquement le fait de faire ce travail.

S’agissant ensuite du temps électoral, cette initiative est aussi très intéressante. Le principal vice du politique est de penser trop souvent « réélection » au lieu de penser intérêt général. Vous limiteriez la durée des mandats dans le temps (l’impossibilité de se représenter pour la même fonction par exemple), vous verriez fleurir des leaders politiques bien plus audacieux et courageux que ceux que nous avons actuellement.

Dans le système qui est le nôtre, le courage et l’audace des élus ont été dévorés par l’impérieuse nécessité de flatter un électorat qui est sensé assurer leur réélection.

Il y aurait bien des mesures osées et évidentes à prendre pour sortir un territoire ou un pays de la crise mais on ne les prend pas car elles sont impopulaires et le risque d’impopularité n’est pas quelque chose à considérer à la légère, 8 mois avant que 36.000 communes élisent leur futur maire.

Par exemple, tous les élus locaux vous diront (s'ils sont suffisamment francs et transparents avec vous, évidemment) que l’on n’augmente les impôts qu’en début de mandat, lorsque l’on bénéficie encore d’une sorte d’état de grâce consécutif à l’élection. Et on doit les augmenter substantiellement, de sorte de ne plus avoir à le faire dans le courant du mandat, ceci pour protéger sa propre réélection à terme.

En dehors du fait que ce type de raisonnement a le tort de prendre les gens pour des bœufs — voir des cons — cela déplace l’action publique du tempo dans lequel elle devrait toujours se placer vers celui du calendrier électoral qui n’a pourtant aucun rapport avec la notion d’intérêt général.

En fixant un cap à 2025, les ministres du gouvernement se mettent dans un temps qui dépasse le temps électoral. Mieux encore, ils proposent un débat avec l’opinion qui, s’il est nourri et constructif, inspirant aussi, risque même d’engager ceux qui leur succèderont dans les fonctions de gouvernement.

En rendant ce séminaire public à la rentrée des vacances ministérielles, François Hollande en a fait un symbole intéressant et plutôt inédit.

Communiquer, c’est promettre et gouverner c’est prévoir. Attendons ce qui va sortir de ce séminaire. 

A suivre... 

               Partager Partager
Notez


Lu 1780 fois

Commentaires articles

1.Posté par fultrix le 20/08/2013 23:29
J'ai connu un temps pas si lointain ou la France disposait d'une "machine à prospective" performante : la planification. Maintenant le "machin" a perdu son âme et son efficacité sous un fallacieux prétexte européen.
Encore un vrai gâchis.

Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :

Il y a un an... - 22/03/2017

Voilà c'est fini - 21/11/2016

1 2 3 4 5

Politique | Opinion | PERSO | Libertés | Communication | WebDiversity | Culture | ReputationTime



Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.


Facebook
LinkedIn
Skype
Twitter
Slideshare

@cginisty
Quand @OuestFrance,1er quotidien français, titre une fausse info. Le #Brexit n'est pas prononcé aujourd'hui mais of… https://t.co/8z3l0TbKBA
Mercredi 29 Mars - 16:05
En route pour Rennes pour aider ma fille à déménager ;-)
Mercredi 29 Mars - 10:53
Tellement surréaliste de voir #Trump signer le décret pour relancer les centrales au charbon entouré de supporters hilares
Mercredi 29 Mars - 09:53
Quand la cupidité et la bêtise mènent au crime contre l'humanité https://t.co/0esI0biaVK
Mardi 28 Mars - 22:00
Etats-Unis : elle a voté pour Trump, son mari mexicain sans papiers va être expulsé https://t.co/8oiFG0JBSe via @LeParisienMonde
Dimanche 26 Mars - 18:09
Wow... worth reading ! https://t.co/vhSvMM7que
Dimanche 26 Mars - 12:09

Recherche