La contestation actuelle est-elle une crise de la démocratie ?
Ne cherchez pas dans le texte sur les retraites les ressorts de la contestation qui est en train de se mettre en place. Ne cherchez pas non plus dans l'anti-sarkozisme (primaire ou non) le fondement de la colère. Non, si les gens se rebellent aujourd'hui, c'est avant tout à mettre sur le terrain de la détestable communication de l'exécutif.
La communication, c'est l'art de faire passer un message de l'émetteur au récepteur mais c'est aussi l'art de créer les conditions d'une interaction. Dans le mot de communication, il y a l'idée d'un échange, d'une conversation, d'une dynamique bidirectionnelle. Or, depuis le début du quinquennat, le style Sarkozy est un style "en force" qui s'appuie sur la légitimité électorale pour ne pas échanger : "j'ai été élu pour faire ce que je fais, je n'ai pas à en discuter." Je ne remets pas une seule seconde en cause la légitimité du président (ou celle des parlementaires qui sont eux aussi régulièrement élus), mais je voudrais dire que si les gens sont aujourd'hui dans la rue, c'est qu'ils en ont assez que, sur les retraites ou sur d'autres sujets brûlants, le pouvoir ait interdit le dialogue. Prenez d'autres réformes du quinquennat, du bouclier fiscal à la réforme de la carte judiciaire et j'en passe, toutes ont été imposées de manière dogmatique sans véritable concertation. D'une certaine manière, Nicolas Sarkozy a poussé à l'extrême la démocratie représentative en se mettant dans la posture d'un pouvoir absolu et sans partage, du fait de l'élection initiale. C'est très exactement ce qu'il fait encore et toujours aujourd'hui avec la réforme des retraites. Et même s'il n'a pas été élu pour la faire, il use de son autorité pour fermer la porte à tout type de dialogue, affichant même avec mépris l'attitude de quelqu'un qui est déjà passé à autre chose. Nous vivons certes sous le régime d'une démocratie représentative (qui repose sur le fait de donner un mandat à des élus pour nous représenter et nous diriger) mais nous vivons dans un monde infiniment participatif, et qui l'est de plus en plus à la faveur du développement des nouvelles technologies et de l'Internet citoyen. Je crois donc que ce qui est en train de se passer en France est la collision entre ces deux modèles, portées par deux logiques différentes, voire opposées, collision d'autant plus violente que le pouvoir de Nicolas Sarkozy a fait sa méthode de l'autorité et du refus obstiné de la communication. Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 15 Octobre 2010
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Petite chronique énervée contre ces leaders qui se moquent de leurs militants




