Christophe Ginisty

La crise internationale : une aubaine pour Nicolas Sarkozy


Rédigé le Jeudi 20 Octobre 2011



La crise internationale : une aubaine pour Nicolas Sarkozy
Cela fait longtemps que je souhaite écrire une note là-dessus et tout ce qui est en train de se passer en ce moment me conforte dans mon analyse : la crise internationale est une chance inouie pour Nicolas Sarkozy dans la perspective de sa réélection. Et cela pour au moins quatre raisons.

La première est la crise dispense le sortant de devoir répondre de son bilan. Lorsque tout va bien ou lorsqu'il n'y a pas de turbulences majeures, un élu doit expliquer à ses électeurs ce qu'il a fait et, dans la plupart des cas, on peut le mesurer de manière lisible. Depuis 2008, le monde est dans une telle situation que le commun des mortels avouera aisément que Nicolas Sarkozy n'y est pour rien. C'est ce qui est magique avec une actualité internationale aussi forte : elle déplace la responsabilité à une autre échelle. Bilan sur la dette, le chômage, la précarité, l'angoisse face à l'avenir, la pesanteur de la fiscalité ? Tout cela pourra être mis sur le dos de cette fameuse crise qui, tel un tsunami, engloutie l'essentiel de la singularité du débat politique.

La deuxième raison est que la crise interdit aux contradicteurs et aux opposants de faire des propositions économiques créatives et audacieuses de nature à faire rêver les gens. Il y aura donc une sorte d'Impossibilité de prometre du fait du manque de moyens et cette situation étriquée va peser davantage sur les challengers que sur celui qui est en place. Car celui qui est en place n'est pas confronté à l'obligation de promettre dans sa conquête du pouvoir mais à l'exigence de gérer. C'est totalement différent.

La troisième raison pourrait s'appeler la prime à l'expérience. Lorsque l'on est sur un bateau, confronté à des vents violents et une mer déchaînée, on recherche toujours le marin le plus expérimenté. C'est une réaction naturelle et c'est un élement qui va favoriser la candidature de Nicolas Sarkozy. Je ne dis pas que c'est le meilleur (ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit), mais comme il est en place depuis 5 ans, c'est le seul parmi les candidats qui a l'expérience du job. Et ça, cela compte terriblement pour les électeurs terrifiés par la situation économique.

Enfin, et là je me dois de lui faire un compliment, c'est dans ces situations compliquées qu'il est le meilleur (et notez ce fait historique : j'ai dit du bien de Nicolas Sarkozy). On peut dire tout ce que l'on veut, Nicolas Sarkozy est un bagarreur assez spectaculaire et assez doué. C'est ce qui fait d'ailleurs de lui un redoutable candidat dans n'importe quelle élection. Sur le plan international, c'est la même chose et la crise mondiale lui offre un ring sur lequel il n'est pas mauvais du tout. 

Pour ces quatre raisons, je crains sincèrement qu'il soit réélu, en dépit des sondages qui le donnent déjà perdant.

Pour faire mentir cette intuition, ses principaux opposants devront bosser dur pour travailler sur ces thèmes. Je pense notamment que la stratégie gagnante en termes de communication devra tourner autour de quatre axes :
  • Prouver et démontrer comment Nicolas Sarkozy a aggravé une situation déjà compliquée par la crise,
  • Etre audacieux et créatif sur d'autres sujets que l'économie : déplacer la campagne sur une vision à long terme (l'impossibilité immédiate de financer n'est pas incompatible avec la projection dans plusieurs décennies)
  • Annoncer le plus en amont possible la configuration d'une équipe gouvernementale de sorte à convaincre l'électorat que l'équipe du candidat est expérimentée,
  • Travailler sa combativité et son style.
Nous verrons si les principaux candidats (et notamment François Holalnde) sauront travailler en ce sens. Je l'espère pour eux car s'ils restent sur l'économie, ils n'ont aucune chance.

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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