La pensée et la parole demeurent-elles libres lorsque l'on s'engage ?
Je viens de recevoir un e-mail intéressant d'un correspondant qui, de façon assez professorale et péremptoire, à propos de mes prises de positions polémique, me lance :
"Tu dis que ta parole est libre. Je pense que c'est là que tu te trompes, ce sont ta pensée et tes engagements qui sont libres. La parole elle est au contraire contrainte ; par les engagements que l'on prend" Au-delà du côté définitif de l'affirmation, je trouve que c'est une question qui mérite débat. L'idée que soulève mon correspondant consiste à affirmer que dès que l'on a rejoint une organisation politique ou associative, on perd sa liberté de parole car celle-ci engage l'organisation que l'on a rejoint. En d'autres termes, on cesse de n'être qu'un individu pour devenir membre d'un groupe que notre parole engage. Pour lui, lorsque je m'exprime sur un sujet polémique comme le MoDem récemment, j'engage les organisations auxquelles j'appartiens, Terre Démocrate mais aussi Internet sans Frontières et pourquoi pas aussi mon entreprise, RUMEUR PUBLIQUE. Je ne partage pas cette vision des choses. Je crois que ce qui est important est du considérer le lieu où l'on s'exprime. Quand je suis dans mon entreprise, je ne parle jamais politique et je n'aborde même jamais ce sujet. Quand je mène des actions pour Internet Sans Frontières, je rappelle toujours en préalable que cette association est apolitique et qu'il n'est pas question une seule seconde de la relier avec le moindre parti politique. En écrivant ici sur ce blog qui porte mon nom, c'est-à-dire le nom d'un individu, simple citoyen qui a décidé de s'exprimer publiquement, je n'engage que moi. Et toutes les organisations auxquelles j'appartiens ne doivent pas se sentir engagées dans cette prise de parole. Et je le dis d'autant plus que j'aimerais que les individus s'expriment beaucoup plus librement et qu'ils n'aient pas peur de prendre position et d'affirmer haut et fort leur attachement aux valeurs qui sont les leurs. Je regrette que la société dans laquelle nous vivons en 2009 soit la société du non dit, des tabous en pagaille, de la recherche effrénée d'un politiquement correct qui aseptise les débats les uns après les autres. Une société qui devient stérile de peur de déplaire, une société dans laquelle les Coluche et les Desproges seraient en prison après avoir cumulé les procès à répétition. Je n'ai évidemment ni le talent d'un Coluche ni celui d'un Desproges mais, au risque de fâcher mon correspondant, je n'ai pas l'intention de vivre dans une société où ma parole ne serait plus libre quand je m'exprime en tant que citoyen. N'en déplaise à ceux qui voudraient que je me taise, je suis peut-être asocial, ma grande gueule me fera peut-être échouer dans la vie, mais je suis libre et cette liberté, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Vendredi 27 Novembre 2009 - 09:11
Christophe Ginisty
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A propos de ce blog
Je m'appelle Christophe Ginisty, je tiens un blog perso depuis le 16 novembre 2004. Je suis entrepreneur et chef d'entreprise, co-fondateur de l'agence RUMEUR PUBLIQUE, citoyen engagé et Président-fondateur de l'association Internet sans Frontières.
Contact : e-mail Participez aux actions de l'association Internet sans Frontières dont l'objectif est de promouvoir la liberté d'expression sur le web.
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