La référence au Centre peut-elle tuer le MoDem ?
Ne souriez pas, c'est une vraie question. A Seignosse en septembre 2007, François Bayrou avait eu des propos qui furent décisifs dans ma volonté de m'engager davantage au MoDem. Il avait dit à peu près ça : "Nous ne sommes pas des centristes. Car dire que nous sommes au centre nous oblige à nous positionner par rapport à la droite et la gauche. Nous sommes des démocrates. Nous ne sommes pas dans le clivage traditionnel droite-gauche."
J'avais beaucoup aimé cette promesse car elle portait en elle un idéal nouveau pour notre vie politique nationale. Et puis j'en avais assez que l'on m'interpelle sur les marchés en me demandant : "mais alors, vous êtes de droite ou de gauche ? Et votre patron qu'a fait son débat avec Royal, il a viré socialo ?". Quand ce n'était pas : "Ben quand on a le cul entre deux chaises, on s'achète un canapé... héhéhé". Tous ceux qui sont au MoDem savent de quoi je parle. Tous ceux qui observent le MoDem aussi. Le MoDem a essayé de faire vivre cette stratégie dans le jeu des alliances à géométrie variable lors des municipales de mars 2008. Ce fut un fiasco du point de vue de l'image car les électeurs ne s'y sont pas retrouvés. Et François Bayrou l'a reconnu récemment. Un an après, nous ne parvenons toujours pas à nous extraire de ce clivage qui nous emprisonne et... nous divise. Oui, car ce qui est en jeu selon moi est la division, voire l'explosion du MoDem. Si nous ne nous affranchissons pas nous mêmes de cette référence au centre qui nous pousse à nous positionner plutôt à droite ou plutôt à gauche, nous allons inévitablement vivre une crise d'identité entre ceux qui se réclament d'un bord et ceux qui se réclament de l'autre. Je vous propose un exemple très simple. Lorsque le lis les propos de Nicolas About, Sénateur MoDem, nouveau Président du Groupe Union Centrise au Sénat, propos reportés par Libération; la semaine dernière, "Même si je suis au Modem, qui reste pour moi un mouvement centriste, je représente sa frange droite. J’appartiens à la majorité présidentielle et j’ai soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République", j'ai envie de vous dire que je n'ai rien de commun avec cela et que celui qui tient de tels propos ne peut pas appartenir à ma famille politique. Je ne veux pas appartenir à la majorité présidentielle, à aucun moment, je n'ai pas soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy et, si vous voulez me situer sur l'échelle droite/gauche conventionnelle, je suis plutôt à gauche sans être socialiste, dans une gauche sociale-démocrate qui n'existe pas encore en France mais qui reste à inventer. Si nous continuons à nous installer au centre, nous allons diverger aussi sûrement et aussi profondément que ce sénateur et moi et j'ai bien peur que le clivage que nous combattons ait totalement raison de notre cohérence. Rédigé par Christophe Ginisty le Mercredi 15 Juillet 2009
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Et après, on nous dira que le MoDem ne roule pas avec l'UMP



