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Christophe Ginisty
 

La référence au Centre peut-elle tuer le MoDem ?



La référence au Centre peut-elle tuer le MoDem ?
Ne souriez pas, c'est une vraie question. A Seignosse en septembre 2007, François Bayrou avait eu des propos qui furent décisifs dans ma volonté de m'engager davantage au MoDem. Il avait dit à peu près ça : "Nous ne sommes pas des centristes. Car dire que nous sommes au centre nous oblige à nous positionner par rapport à la droite et la gauche. Nous sommes des démocrates. Nous ne sommes pas dans le clivage traditionnel droite-gauche." 

J'avais beaucoup aimé cette promesse car elle portait en elle un idéal nouveau pour notre vie politique nationale. Et puis j'en avais assez que l'on m'interpelle sur les marchés en me demandant : "mais alors, vous êtes de droite ou de gauche ? Et votre patron qu'a fait son débat avec Royal, il a viré socialo ?". Quand ce n'était pas : "Ben quand on a le cul entre deux chaises, on s'achète un canapé... héhéhé". Tous ceux qui sont au MoDem savent de quoi je parle. Tous ceux qui observent le MoDem aussi. 

Le MoDem a essayé de faire vivre cette stratégie dans le jeu des alliances à géométrie variable lors des municipales de mars 2008. Ce fut un fiasco du point de vue de l'image car les électeurs ne s'y sont pas retrouvés. Et François Bayrou l'a reconnu récemment. Un an après, nous ne parvenons toujours pas à nous extraire de ce clivage qui nous emprisonne et... nous divise. 

Oui, car ce qui est en jeu selon moi est la division, voire l'explosion du MoDem. Si nous ne nous affranchissons pas nous mêmes de cette référence au centre qui nous pousse à nous positionner plutôt à droite ou plutôt à gauche, nous allons inévitablement vivre une crise d'identité entre ceux qui se réclament d'un bord et ceux qui se réclament de l'autre. 

Je vous propose un exemple très simple. Lorsque le lis les propos de Nicolas About, Sénateur MoDem, nouveau Président du Groupe Union Centrise au Sénat, propos reportés par Libération; la semaine dernière,  "Même si je suis au Modem, qui reste pour moi un mouvement centriste, je représente sa frange droite. J’appartiens à la majorité présidentielle et j’ai soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République", j'ai envie de vous dire que je n'ai rien de commun avec cela et que celui qui tient de tels propos ne peut pas appartenir à ma famille politique. 

Je ne veux pas appartenir à la majorité présidentielle, à aucun moment, je n'ai pas soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy et, si vous voulez me situer sur l'échelle droite/gauche conventionnelle, je suis plutôt à gauche sans être socialiste, dans une gauche sociale-démocrate qui n'existe pas encore en France mais qui reste à inventer. 

Si nous continuons à nous installer au centre, nous allons diverger aussi sûrement et aussi profondément que ce sénateur et moi et  j'ai bien peur que le clivage que nous combattons ait totalement raison de notre cohérence. 

Mercredi 15 Juillet 2009 - 08:39
Christophe Ginisty

           



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1.Posté par jm le 15/07/2009 09:41
Christophe, tu te contredis dans ton article, puisque tu dis qu’il ne faut pas se dire de droite, au motif qu’il faudrait cesser de se définir par rapport à la droite et la gauche, et puis après, tu te dis de gauche.

Pour moi, le problème, ce n’est pas de se dire de centre droit, c’est de se dire de la majorité présidentielle, car la ligne du Modem n’est pas de se soumettre à Sarkozy. Et dire qu’après les départs de Morin, Lagarde, Mercier, Arthuis, et tous ceux que j’ai oubliés, on se croyait débarrassés de tous ces UDF qui veulent miner le projet du Modem de l’intérieur… Eh bien non, y en a encore…

J’ajouterais que le problème est aussi dans le mot "démocrate" lui-même, car il ne veut pas dire grand-chose. Quand on se dit "démocrate", ça veut dire que les autres ne le sont pas ?

Pour moi, s’il y a un mot dans lequel on doit investir, c’est le mot "durable". Ce qui, je le pense, nous différencie des autres, c’est le faut qu’on veuille traiter les problèmes avec en tête le souci du long terme, du fond, et du sérieux. Vouloir maîtriser la dette, rechercher un juste équilibre dans les rapports sociaux, et protéger l’environnement, toutes ces préoccupations ont un point commun, le souci du durable.

2.Posté par JPB le 15/07/2009 10:15

La question vaut d'être posée.
Mais pourquoi seraient-ce aux militants de résoudre l'anathème ?
Posons la seule question qui vaille : au second tour des élections régionales de 2010, François Bayrou sera plutôt de Centre gauche ou bien de Centre droit ?

http://voguehaleine.20minutes-blogs.fr/

3.Posté par libre le 15/07/2009 10:22
Le MoDem n'est pas un parti centriste, comme l'était l'UDF. C'est un parti démocrate au sens que donne Marc Sangnier de la démocratie : « C'est l'organisation politique et sociale qui tend à développer au maximum la conscience et la responsabilité de chacun en lui permettant, dans la mesure de ses capacités et de ses forces, de prendre une part effective à la direction des affaires communes. ».

Dit autrement, on ne se soucie que des citoyens, de ce qui est bon pour eux, sans se soucier si ce qui est bon pour eux est de gauche, de droite ou de chez la voisine du dessus. C'est ce qui nous différencie des autres "démocrates" qui raisonnent de façon bipolaire.

Après qu'on appelle ça "centre" ou autrement n'a aucune importance. Ce qui compte c'est les idées et le projet. Ce qui compte est ce qu'on aura à proposer aux Français en 2012, quel que soit le nom qu'on lui donnera. Et je ne crois pas que la question de centre ou pas centre soit la préoccupation majeure de nos concitoyens. Il n'y a que dans le landernau politique qu'on se pose ce genre de questions. Alors il faudrait arrêter de couper les cheveux en 4 sur cette question sans importance et de se regarder le nombril pour se tourner vers l'essentiel.

4.Posté par jm le 15/07/2009 10:22
JPB, dans ce cas, la question , n'est pas "centre gauche" vs "centre droit". Elle est "majorité présidentielle" vs "opposition".

Car je considère qu'on peut très bien se situer au "centre droit" tout en étant dans l'"opposition".

Le clivage "droite" vs "gauche" exprime avant tout un positionnement dans les équilibres sociaux, au niveau des divergences d'intérêts entre patrons et employés, privé et public.

Mais il n'y a pas que cet axe-là qui compte.

5.Posté par FrédéricLN le 15/07/2009 10:44
Pas mieux que JM...

Evidemment, Christophe, si tu veux dire que la France manque d'un Parti démocrate à l'américaine (ou à l'indienne, ou à la japonaise, etc.), je suis bien d'accord. Mais peut-on le décréter à nous seuls ?

Et concrètement, quelle famille politique porte nos valeurs, notre projet pour le pays, depuis plus d'un siècle, si ce n'est celle qu'on appelle, également depuis très longtemps, "centre" ou "démocrate" ?

Je sais bien que la signification politique de "centre" et de "démocrate" est très floue pour la très grande majorité des Français. Mais que dire de la signification de "centre droit" ou de "plutôt à gauche mais une gauche qui reste à inventer" ?

Si "centre" peut réunir 5 à 10% des Français, ce qui n'est pas emballant, les deux autres propositions doivent tourner entre 1 et 3% chacune à mon humble avis.

Nous sommes évidemment dans l'opposition au projet et à la politique de Nicolas Sarkozy (tout en étant prêts à saluer les décisions qui nous semblent positives quand il y en a : hélas si peu).

Dans cette opposition, il y a plusieurs familles de pensée, en particulier l'extrême-gauche trotskyste, la gauche socialo-communiste, les écologistes, le centre démocrate, une bonne partie de la droite gaulliste, l'extrême-droite nationaliste.

Pour constituer une alternative crédible, il faudra bien que plusieurs de ces familles s'entendent et se réunissent sur un projet commun pour la France. De là à renoncer à notre identité propre pour nous positionner dans un machin "qui n'existe pas encore" : ???
http://demsf.free.fr/

6.Posté par Courrier Danemark le 15/07/2009 11:08
Votre question est pertinente. Il semble que nous ne parvenions pas à véritablement nous affranchir de ce clivage droite/gauche stérile et dépassé. Avec pour résultat de parfois passer pour des indécis ou des gens sans convictions fortes. Peut-être qu'un effort de communication plus important pourrait être mené sur cette question centrale? L'écueil étant d'éviter toute référence à la droite et à la gauche, ce que vous ne parvenez malheureusement pas à faire dans votre billet.
http://www.courrierdanemark.wordpress.com

7.Posté par jm le 15/07/2009 11:26
Le problème, c’est que le clivage gauche vs droite n’est pas du tout dépassé.

Par exemple, je discutais récemment avec un collègue (de droite) qui refuserait toujours de voter pour la gauche (ou toute coalition l’incluant), parce que ça se solderait nécessairement par une augmentation de ses impôts, et parce qu’il y avait déjà trop d’assistés.

Il y a plein de sujets comme ça qui touchent directement à la vie des gens, parce qu’ils touchent à la répartition de la richesse dans le pays, et il faut qu’on arrive à se positionner clairement sur ces sujets, pour que les uns et les autres sachent où nous sommes.

L’idée démocrate, c’est de faire en sorte que les uns et les autres cessent de s’opposer de manière stérile, et construisent quelque chose dans la concertation, avec le souci de l’intérêt général.

Excellent idée sur le papier, mais qui restera toujours de l’ordre de l’utopie tant que nous ne serons pas capables de convaincre les gens que c’est possible, en expliquant concrètement comment on pense y arriver.

8.Posté par Géraldine le 15/07/2009 11:39
Le problème est que tous les partis considèrent qu’ils sont démocrates. Et les médias ne vont pas changer de vocabulaire du jour au lendemain , on dira encore très longtemps : droite-centre-gauche et non conservateurs-démocrates-socialistes.
Le mot centre a peut-être l'avantage de montrer que le centre est le parti le plus éloigné de l'extrême droite et de l'extrême gauche.

En mars 2008 Thierry Crouzet avait lancé une piste intéressante :
"La danse du ventre entre la droite et la gauche ne mène à rien. Partout dans le monde, la politique est bipolaire, non par un hasard mais parce que les forces sociales poussent à la bipolarité. Il n’y a pas de place pour un Modem qui serait une troisième voie intermédiaire. Si une politique alternative veut exister, elle doit démontrer que la droite et la gauche ne représentent que deux variations sur un même thème. Elle doit les ranger dans le même camp pour s’opposer à elles deux dans le même élan et avec les mêmes arguments."

9.Posté par cocobe le 15/07/2009 11:48
Le problème du Centre n’en est pas un dès lors qu’on est démocrate. Le Nouveau Centre ou Alliance Centriste sont aussi démocrates que le MoDem, suggérer le contraire serait un non-sens.

Le problème est institutionnel, parce que tout est fait pour maintenir un système bipolaire. Il suffit de modifier la loi électorale et d’instaurer une proportionnalité à l’allemande pour empêcher un parti d’avoir la majorité absolue. Mais, paradoxalement, ni l’UMP, ni le PS ne sont favorables à cette réforme qui permettrait à des partis plus petits de jouer le rôle d’arbitre.

Les sénateurs centristes jouent ce jeu d’arbitre et peuvent, même si le rôle du Sénat dans l’adoption des textes est moins important que celui de l’Assemblée nationale, infléchir un texte. C’est pour cette raison que le gouvernement a préféré le 49-3 sur la réintégration dans l’OTAN. La visibilité de leurs votes n’est pas toujours évidente et peut dérouter, témoin la loi HADOPI.

N’ayant pas l’honneur de connaitre Nicolas ABOUT, difficile de parler d’un inconnu, mais qu’il ait appelé à voter Nicolas SARKOZY ne le disqualifie pas du droit de se réclamer du MoDem, car François BAYROU était absent du second tour et il n’y avait pas de consigne de vote officielle, sauf une petite phrase je sais pour qui je ne voterai pas qui a suscité beaucoup de désarroi. J’ai personnellement voté blanc (les « blancs ne sont pas des nuls » disait FB en 2007).

On pourrait être beaucoup plus critique sur le choix qu’a fait Michel MERCIER. François BAYROU n’a fait aucun commentaire, ce qui laisse planer une certaine ambigüité et pourrait effectivement poser problème dans un futur proche et nous ramènerait à la question de fond : le Problème du MoDem n’est-il pas son Président ?

Les conseillers municipaux de Bordeaux alliés à Alain JUPPÉ sont-ils moins MoDem que ceux alliés à Martine AUBRY à LILLE ?
Il n’en demeure pas moins que les électeurs ont besoin de repères et qu’il serait plus lisible que sur un même texte la position soit clairement énoncée sans que cela soit assimilé à un mandat impératif : trop de liberté tue la liberté, trop de discipline tue non moins surement la liberté.

10.Posté par libre le 15/07/2009 12:08
@ cocobe

Un élu MoDem ne peut pas se revendiquer de la majorité présidentielle. Le MoDem n'est clairement pas dans la majorité présidentielle.

Mais le problème n'est effectivement pas le centre. Le problème est l'ambiguité de certains élus issus de l'UDF. Et en maintenant un groupe au Sénat composé d'élus du MoDem, du NC et autres, on a entretenu cette ambiguité. Sinon, il fallait que les élus MoDem 100% MoDem quittent ce groupe.

Ca fait 2 ans que ça dure l'histoire.

On n'a que 2 solutions :

- soit on continue à faire avec jusqu'en 2012 en espérant que Bayrou accèdera alors à l'Elysée, ce qui règelera définitivement le problème,
- soit on vire ces "faux élus MoDem".


11.Posté par jm le 15/07/2009 12:11
cocobe , je ne suis pas d'accord.

Je trouve qu'on ne devrait pas à la fois être au Modem, et déclarer faire partie de la majorité présidentielle.

Etre d'accord avec certaines choses décidées par le gouvernement, oui.

Se dire de centre doit, voire de droite, oui.

Dire avoir voté (je n’ai pas dit " appelé à voter") pour Sarkozy aux présidentielles, pourquoi pas.

Mais se dire de la majorité présidentielle, non.

C'est incompatible avec ce qui fait l'identité et la raison d'être du Modem. Sinon, autant fermer boutique et rejoindre le "nouveau centre".

12.Posté par cocobe le 15/07/2009 12:38

Mes amis,

ça devient difficile de rester MoDem sans se prendre à chaque fois un pavé. On fait quoi avec les MoDem de Bordeaux et de toute municipalité qui compte des élus UMP, on les vire?.

J'ai l'impression, mais ça n'engage que moi, que vous faites le jeu des bipartistes et que vous apportez des voix à la majorité, parce qu'un élu MoDem allié à une municipalité UMP ou NC qui ne respecte pas la discipline de vote est exclu ou marginalisé, et vous le savez parfaitement.

Vous jouez sur le mots ou plus exactement vous fermez les yeux, parce que celui qui devrait être clair, c'est le Président du MoDem et vous renvoyez la question sur les sénateurs.

La vérité, c'est que dans notre Mouvement, rien n'est clair et transparent, mais ça, faut pas le dire, pas touche à l'icône.

Cette époque devient terriblement intransigeante et moraliste.


13.Posté par centriste le 15/07/2009 13:04
M. Ginisty,
en lisant ces lignes, je comprends une fois de plus pourquoi j'ai quitté le MoDem il y a plus d'un an. Je n'ai rien à faire dans un parti qui renierait son aile droite et qui n'aurait qu'un objectif : critiquer Sarkozy sans relâche.
Pour moi, les sénateurs centristes ont leur place au MoDem, notamment parce que les débats du Sénat sont nettement moins politisés qu'à l'Assemblée. Il faut laisser une place, au MoDem, à ceux qui veulent soutenir une partie des réformes du gouvernement actuel sans pour autant rejoindre les mouvements croupions de la majorité. Je fais pour ma part partie de ces gens, je ne me vois absolument pas adhérer au nouveau centre, mais le positionnement bayrouiste m'est toutefois redhibitoire pour une adhésion au MoDem, alors que j'en partage les valeurs fondatrices.



14.Posté par jean-pierre B le 15/07/2009 13:21
Que j'aimerais que tous les conseils nationaux de tous les partis ressemblent à ton agora cher Christophe.
Les échanges sont sereins et nourris de convictions.

J'ai, pour ma part, très tôt observé la difficulté d'un F. Bayrou a prononcé ce mot de "démocrate" qu'il a toujours esquivé au profit du néologisme « humaniste » qui, pardon, est d’un truisme lénifiant ! Qui oserait s’affirmer qu’il ne serait pas une fois humaniste, même chez les extrêmes.
Mais comme à chaque fois, le Modem épouse son territoire, la cartographie sociologique dans laquelle il se développe. Il soutient des divers droites, des Nouveau Centre, est radical en terre bretonne et penche à gauche dans le 93.

Si le Chef ne donne pas le la ; s’il continue à laisser porter ce débat de fond par ses seules créatures militantes alors qu’il se sent beaucoup mieux auprès de gens comme Nicolas About et d’autres encore ;
alors je lui dirais : "ne faites pas perdre du temps à celles et ceux qui se sentent dans une gauche d’un troisième type, qui ne serait ni socialiste, ni communiste, ni verte et "ni" que ais-je encore ; dites vraiment ce que la couleur orange revêt véritablement dans votre esprit".

http://voguehaleine.20minutes-blogs.fr/

15.Posté par jm le 15/07/2009 13:26
@Cocobe, faire partie d’une majorité locale de droite, et faire partie de la majorité présidentielle, ce sont 2 choses différentes.

On peut très bien travailler localement avec des UMP, tout en désapprouvant le projet de Sarkozy pour la France.

@centriste, il y a une différence entre approuver une partie de ce que fait le gouvernement, et se déclarer de la majorité présidentielle.
Dans le deuxième cas, ça veut dire qu’on a renoncé à son esprit critique pour se soumettre à tout ce que fait Sarkozy en échange en bonnes places. Car c’est ce comportement, bête, soumis, et discipliné, qu’exige Sarkozy de tous ceux qui le suivent.

16.Posté par Céline le 15/07/2009 13:29
Pour moi, les fondatementaux autour de cette question essentielle ont déjà été posés par François Bayrou dès le début, et ne souffrent d'aucune ambiguïté :

- à Seignosse, lors du débat de politique générale:// http://www.youtube.com/watch?v=OgjGSf_FFa4 qd il répond à Didier Bariani et Thierry Benoît, après que ceux-ci l'aient interpelé assez violemment sur sa décision de ne pas rentrer dans la majorité UMP entre les deux tours de la présidentielle.
- dans son texte "Du Centre au projet démocrate,

Ca fait du bien de réentendre, ou relire cela.

La difficulté réside bien dans la part qu'il reste "à inventer", car qui dit inventer dit prise de risque, abandon des vieux schémas, quand les réflexes humains tendent à nous faire retourner là où il y a des repères, et quand l'ensemble des commentateurs et analystes de la vie politique ne réfléchissent que par rapport au passé.

L'absence de référentiel de cette nouvelle voie à construire est à la fois notre fragilité, et à la fois notre plus grande chance, car tout reste à faire.

17.Posté par jm le 15/07/2009 13:30
@jean-pierre B,

en soi, le mot "démocrate" est tout autant un truisme que le mot "humaniste".

J'aimerais qu'on fonce dans la voie du "durable".
La voie de ceux qui vont au fond des choses, rassemblent toutes les énergies pour résoudre les problèmes, et refusent la démagogie.

18.Posté par Chui Kalm le 15/07/2009 13:45
Je suis content que l'on parle net de ces problèmes politiques, je dois aller vite
(je serai absent plusieurs jours).
Personnellement je pense ceci :

1) Le pb de l'alliance centriste des sénateurs n'est pas fondamentalement un pb de couleur politique, c'est celui d'une "organisation", au départ pas du tout connue des gens qui n'a absolument aucune logique dans son existence pour qui prétend avoir souci d'un minimum de rigueur (oh seulement un minimum) et d'honnêteté politique.

2) Je pense que l'indépendance du Modem au Pouvoir ne peut-être que totale, car chacun sait (ou alors fait semblant de ne pas savoir) que Le Pouvoir dirige par le forcing politique et médiatique et que tout rapprohement du Modem (Indirect Compris) avec le Pouvoir sera exploité sans scupule "au mieux " contre le Modem.

3) Je pense que Le Modem ne peut rester isolé et doit absolument avoir des accords clairs et bien déterminés avant le 1er tour avec un mouvement (ou plusieurs mouvements) de l'opposition.

4) Avec quel(s) mouvement(s) ?
Alors là, Encore plus personnellement
moi je suis favorable à des accords clairs et déterminés avant le 1er tour avec les Ecolos et le PS en passant par la partie Valls Ségo Peillon. Et même je n'ai pas du tout d'à priori "définitifs" contre la Gauche de la Gauche.
En réalité j'ai dans l'idée qu'il est plus important que les oppositions s'organisent plus nettement dés maintenant et ce de manière pas trop désunie pour un projet très différent du Pouvoir actuel plutôt que pour chacun pousse son cheval pour le grand Derby de 2012.

Je regrette que les opinions des adhérents et sympathisants des Mouvements des Oppositions (dont le Modem) soient seulement partiellement connues et surtout pourraient peut_être être mal prises en compte,










19.Posté par stephane le 15/07/2009 14:02
Ou l'on retrouve l'incohérence "fondatrice" du modem...
Personne, personne physique ou morale, ne peut s'auto-proclamer "ni de droite ni de gauche".
"Démocrate"?? Ca voudrait dire que les autres ne le sont pas ?
La preuve ? Vous même nous dites de quel côté vous penchez...
Alors même que vous nous dites que le côté "ni de droite ni de gauche" vous a fait rêvé.
Le Modem projet incohérent par définition.
Au moins maintenant on sait de quel bord vous êtes, au moins le projet serait plus clair. Et pas inintéressant.
Bémol ? Une bonne partie du modem (dont les élus qui viennent effectivement de l'UDF donc de la droite) va partir.
Va plus rester grand monde... mais cohérent. Au moins.

20.Posté par Fotini le 15/07/2009 14:06
Commentaires très intéressants.
On touche a la raison d'être même du MoDem.

Plusieurs hypothèses à mon avis :

- soit le MoDem est l'héritier d'un centre qui est indispensable à toute vie démocratique (en tant que famille politique éloignée des extrêmes et assurant un équilibre) et dans ce cas le clivage gauche-droite est toujours d'actualité, comme une forme récente (2 siècles) du clivage conservateurs-progressistes, que l'on retrouve depuis l'antiquité. Le but est alors d'essayer de faire vivre un centre indépendant condamnée par l'évolution "forcée" vers le bipartisme.

- soit le MoDem est conjoncturellement né à cause de l'inexistence en France d'une gauche moderne, social-démocrate, débarrassée de son héritage gauchiste et dans ce cas le MoDem disparaîtra si le PS français fait sa mue (mais c'est à voir, Cf ci-haut)

- soit le MoDem est l'émanation du désir de la société civile de créer une nouvelle façon de faire de la politique en dépassant les clivages politiques traditionnels, qui finalement font le jeu du bipartisme et réservent ainsi la politique (au sens large) à une élite qui s'auto-reproduit et pérennise par ce jeu artificiel une certaine conception de la politique (je crois que c'est ce message-là de François Bayrou qui a touché le plus touché les gens en 2007)

Je pense en fait que le MoDem est un peu de tout ça et qu'il s'agit au fond de querelles byzantines, même si elles sont malgré tout importantes de par les problèmes que posent les difficultés de notre positionnement tactique sur l'échiquier politique actuel.

Je pense que le sens moyen de dépasser cela est d'écouter les attentes de la société civile, telles qu'elles se sont exprimées en 2007 mais aussi en 2009 :

- pragmatisme loin des idéologies aveugles (centre)
- mais aussi autre façon de faire de la politique, de manière non politicienne, au service de la collectivité, de la "polis" (démocrate)
- en prenant en compte l'égalité sociale et la question de développement durable (centre, social-démocratie, écologie)
- tout en respectant le "libéralisme" dans les différents sens du terme, économique et politique (centre, social-démocratie)
- en osant innover en termes d'idées et de pratiques politiques, au lieu d'appliquer de vieilles recettes que les citoyens rejettent, malgré l'emprise des medias (démocrate)

En dialectique on dit que le seul moyen de dépasser ce clivage entre la thèse et l'antithèse est la synthèse. C'est cette promesse de synthèse qui me plait au MoDem, à condition qu'il s'agisse d'une synthèse dynamique et non par défaut, non assumée.

Le gros problème du MoDem est pour moi moins son positionnement flou, que le fait qu'il a la prétention de répondre aux attentes de la société civile en appliquant de vieilles recettes : il reste donc "au milieu du gué" et non entre deux chaises.

21.Posté par jm le 15/07/2009 14:15
Le système politique français, c’est l’alternance entre une droite qui défend les intérêts d’une certaine partie de la population, et une gauche qui défend les intérêts d’une certaine autre partie de la population.
Mais le problème, c’est que ça se fait au détriment de l’intérêt général, puisque chaque gouvernement a davantage plongé le pays dans la dette, sacrifiant le court terme au long terme.

C’est ce système qu’il faut changer, et c’est cela qui fait la spécificité du projet du Modem.

C’est un projet centriste, puisqu’il veut s’abstenir de s’impliquer dans les luttes d’intérêt entre les différentes catégories de la population, tentant de se placer au centre.

C’est un projet démocrate, parce que l’idée est d’impliquer tout le monde, d’inciter tout le monde à participer à la résolution des problèmes et à la constitution d’une société nouvelle.

C’est un projet de développement durable, parce que son essence est de construire une société où le centre des préoccupations est l’intérêt général et le long terme (c’est-à-dire qu’on inclut dans l’intérêt général les intérêts des générations futures).

22.Posté par stephane le 15/07/2009 15:42
@jm
attention quand même, quand je croise quelqu'un ou un groupe qui a l'impression de détenir une espèce de magistère moral ou qui pense être dans le camp du juste et du vrai... je sais pas pourquoi, j'ai tout de suite un gros doute (gros, genre très gros).
problème : qui peut ne pas adhérer à ce que vous dites ? Franchement c'est plutôt attrayant. D'où le bon score à la présidentielle quand en plus le candidat est un tout bon.
Mais dès qu'on pose les questions, que pourtant on a le droit de poser sans s'entendre dire "on verra quand on sera majoritaire le reste suivra", alors là plus personne ne répond : gouverner avec qui ?
Et si je comprends bien le post de christophe c'est une question qui se pose jusqu'à l'intérieur du mouvement.
Donc je me répète, il arrive un moment de votre démonstration où l'incohérence, forcément, s'impose.

23.Posté par Fotini le 15/07/2009 15:44
@jm

Merci pour cette synthèse !


24.Posté par Danièle Douet le 15/07/2009 16:13
Enfin on ose parler sans langue de bois de ce sujet, merci Christophe...

La discussion est intéressante, mais je constate que la main-mise du passé idéologique transmis par l'Education Nationale, puis les médias eux-mêmes au travers des journalistes formés à cette main-mise depuis la nuit des temps, ne permet pas de s'affranchir de ces chaînes pour avancer...

Les médias aujourd'hui font de la COMMUNICATION et non de l'argumentation. Il n'y a plus de place pour la réflexion ni pour les arguments, car tout va très vite, il ne reste plus que l'image. En cela la couleur orange est importante :-)

J'ai écouté ce matin l'émission "J'ai mes sources" sur le traitement de l'information et de l'image. Fort intéressant. Démonstration de la parfaite maîtrise de la communication par l'image de la part de l'entourage de N. Sarkozy où l'argument n'a plus sa place, mais la communication. Il y a encore beaucoup à faire au MoDem, juste à ce premier niveau. Il faut des pros à l'esprit éveillé, car il faut se servir des outils médiatiques actuels pour communiquer le message politique à la population sous forme d'images et de symbôles. Le clip vidéo des européennes était le summum de ce qu'il ne fallait pas faire. Les "arguments" ne sont plus pris en compte, les téléspectateurs veulent VOIR la vie. Voilà pour le point de la com qui en fait devrait être le dernier, celui utilisé pour transmettre le message politique.

Quant au message politique, en lisant tous les commentaires et le texte de Christophe, je me demande si un jour, le pays pourra sortir du clivage gauche-droite dans lequel l'ont définitivement placé les 85% de cumulards de mandats que la France accepte. Car c'est le moyen pour eux de se maintenir au pouvoir.

C'est comme l'organisation de combats de coqs, il y a toujours un côté qui gagne. D'ailleurs le terme "alternance" utilisé à tout bout de champ par le clan qui est dans l'opposition - actuellement la gauche - est assez risible. Car il signifie qu'il n'y a qu'EUX pour sortir le pays de ses problèmes. Or, ils ont démontré, lorsqu'ils étaient au pouvoir, qu'ils n'avaient pas la capacité à changer les choses. Ils se sont vautrés dans les mêmes travers, ce qu'on a appelé la "gauche caviar" ou bien la "gauche plurielle"... ils ont définitivement démontré qu'ils n'étaient pas "l'alternance" dont le pays avait besoin. Il suffit de voir DSK au FMI, Lamy à l'OMC - les centrales des symbôles du pouvoir capitaliste - pour comprendre à quel point le PS fait partie du système.

En cela je rejoins totalement la vision de Thierry Crouzet :

"La danse du ventre entre la droite et la gauche ne mène à rien. Partout dans le monde, la politique est bipolaire, non par un hasard mais parce que les forces sociales poussent à la bipolarité. Il n’y a pas de place pour un Modem qui serait une troisième voie intermédiaire. Si une politique alternative veut exister, elle doit démontrer que la droite et la gauche ne représentent que deux variations sur un même thème. Elle doit les ranger dans le même camp pour s’opposer à elles deux dans le même élan et avec les mêmes arguments."


Pour cela, il faut une excellente réflexion idéologique, une analyse performante des deux camps, de leurs faiblesses ET de leurs forces, pour se positionner correctement et de manière pertinente.

Et ce n'est pas en invoquant le "durable" - à la mode actuellement - que les citoyens, agriculteurs, ouvriers, artisans et intellectuels, seront convaincus. Il faut davantage...

Si j'ai rejoint le Mouvement Démocrate, comme beaucoup en 2007, c'est justement parce qu'un Espoir apparaissait de sortir de cette tenaille qui enserre le pays depuis la Révolution, avant c'était la monarchie qui est en train de retrouver ses marques...

Christophe, je refuse de me qualifier de "... droit" ou "... gauche"... centre ou pas... avec de tels mots, JAMAIS le MoDem ne pourra réaliser ce que F. Bayrou avait fait entrevoir et qui se pratique presque partout hors de France, du moins dans toute l'Europe du Nord démocratique et cultivée.

Il n'y a pas ces combats de coqs d'un clan contre l'autre, mais un bien plus large éventail de possibilités qui s'offrent aux citoyens - je refuse le terme "électeurs" qui n'existent que pour "voter".

Et ces partis ou mouvements sont choisis ou non par les citoyens et sont priés de se mettre autour d'une table pour concocter un PROJET de gouvernement qui permette au pays de bouger pendant la législature.

Et on peut y voir des projets qui rassemblent des conservateurs et des écologistes, ou bien des libéraux, des écologistes et des sociaux-démocrates, etc. etc... Toutes les composantes sont possibles si les citoyens le souhaitent, à l'exception des partis anti-démocratiques. Et tout se négocie âprement en fonction des pourcentages de voix reçues. Car le vote se fait avec une dose de proportionnelle qui permet flexibilité et stabilité, contrairement à ce que veulent faire croire les tenants de l'UMP qui profitent du système électoral. En cela je rejoins ce qu'écrit fort justement cocobe
Le problème est institutionnel, parce que tout est fait pour maintenir un système bipolaire. Il suffit de modifier la loi électorale et d’instaurer une proportionnalité à l’allemande pour empêcher un parti d’avoir la majorité absolue. Mais, paradoxalement, ni l’UMP, ni le PS ne sont favorables à cette réforme


Thierry Crouzet a donc bien raison, il faut renvoyer ces deux partis dans les cordes...

En France, on en est encore aux combats de coqs, voulus par les tenants de la Vème République pour mieux profiter du pouvoir au détriment de la société. Ce graphique parle tout seul !!! Incroyable ce que la France accepte!!!

En cela, le rappel de Céline est excellent:
qt
Pour moi, les fondamentaux autour de cette question essentielle ont déjà été posés par François Bayrou dès le début, et ne souffrent d'aucune ambiguïté :
- à Seignosse, [lors du débat qd il répond à Didier Bariani et Thierry Benoît

- dans son texte "Du Centre au projet démocrate,
]qt
mais cela reste du domaine de l'idéologie, de l'argumentation presque philosophique et ne se traduit pas dans les faits politiques au jour le jour.

Cela ne prend pas chair par une analyse des évènements ni par un projet de société clair et net, décliné sur tous les tons par les dirigeants et les adhérents pour pouvoir enfin parvenir jusqu'aux citoyens... Il y a encore un immense chemin à parcourir.

Je ne suis pas du tout d'accord avec jm qui écrit:
jm

Le système politique français, c’est l’alternance entre une droite qui défend les intérêts d’une certaine partie de la population, et une gauche qui défend les intérêts d’une certaine autre partie de la population.


Non, c'est dans les mots utilisés, mais ces deux camps ne font que profiter du pouvoir et se fichent pas mal du bien-être des populations. Il faut analyser froidement ce qu'ils ont fait quand ils étaient au pouvoir national et ce qu'ils font dans les Régions, les tactiques utilisées...

Et je ne suis pas non plus d'accord avec Chui Kalm qui demande:
3) Je pense que Le Modem ne peut rester isolé et doit absolument avoir des accords clairs et bien déterminés avant le 1er tour avec un mouvement (ou plusieurs mouvements) de l'opposition.

c'est exactement le maintien de ce système dont parle Thierry Crouzet et pour moi, la gauche et la droite ont montré qu'ils sont dépassés pour faire face aux défis de demain.

En fait, je pense que Fotini a tout à fait raison:
le MoDem est l'émanation du désir de la société civile de créer une nouvelle façon de faire de la politique en dépassant les clivages politiques traditionnels, qui finalement font le jeu du bipartisme et réservent ainsi la politique (au sens large) à une élite qui s'auto-reproduit et pérennise par ce jeu artificiel une certaine conception de la politique

et surtout:

- en osant innover en termes d'idées et de pratiques politiques, au lieu d'appliquer de vieilles recettes que les citoyens rejettent, malgré l'emprise des medias (démocrate)


C'est LÀ qu'est notre avenir, si nous en avons un et si la France en a un. INNOVER après avoir compris que le système en place, voulu par la Vème République est du passé, que le socialisme est du passé, du XIXème siècle et que ce n'est pas en changeant le nom du parti ou en le rénovant que la France changera.

A nous d'innover. Pourquoi reproduire toujours les shémas du passé? Pourquoi reprendre toujours ce que d'autres ont inventé? Les seuls pays qui avancent sont ceux qui innovent, les seules entreprises qui réussissent sont celles qui innovent, les autres meurent lentement après un cycle défini...

INNOVER, c'est notre seule chance, comme le demande Thierry et Fotini, et pour innover, il faut travailler, chercher, s'organiser. C'est là le défi du MoDem et non pas son positionnement par rapport à des squelettes - de gauche ou de droite...
http://www.projetdemocrate.eu

25.Posté par jm le 15/07/2009 16:18
@Stephane, l’incohérence actuelle du modem, c’est qu’il est tiraillé entre le nouveau système qu’il propose, et le système existant avec lequel il faut composer.

Aujourd’hui, la gauche, puis la droite, puis la gauche, puis la droite (etc..) imposent tour à tour leur réformes successives, et quelquefois contraires. La gauche privilégie les intérêts des classes de la population des plus pauvres, et du secteur public. La droite privilégie les intérêts des classes de la population des plus aisées, et du secteur privé. Dans les deux cas, ils se préoccupent davantage des intérêts des parties de la population qu’elles représentent, que de l’intérêt général. Les deux ont contribué au creusement de la dette de l’état. Les deux se nourrissent d’une France divisée de toutes parts, constituée d’un salmigondis de corporatismes, d’égoïsmes, alors que la gravité des problèmes auxquels nous sommes confrontés rend le besoin que tout le monde travaille ensemble et dans le même sens de plus en plus pressant.

On pourrait très bien continuer comme ça si la dette de l’état, les difficultés économiques (en particulier face aux pays asiatiques), les problèmes écologiques (en particulier l’énergie) ne nous imposaient de trouver une autre voie.

Ce que je dis là, beaucoup d’hommes politiques en sont conscients, à gauche comme à droite. Mais le système est tellement verrouillé que tout le monde en est prisonnier pour le moment.

Le projet du Modem est à la fois utopique et indispensable ; ce qu’il faudra, c’est convaincre les français de sa nécessité (car les hommes politiques de droite et de gauche ont traditionnellement tendance à mentir sur la gravité réelle de la situation) , et aussi, convaincre de sa faisabilité, par des propositions concrètes, et en particulier, je pense, une nouvelle constitution…
Une fois les français convaincus, les élections présidentielles et législatives gagnées, trouver des partenaires pour mener à bien le projet ne me semble poser aucune difficulté.

En attendant, il faut composer, en particulier avec certains UDF pour qui le siège compte plus que tout, et plus globalement avec la nécessité d’exister dans un système politique que nous rejetons et qui nous rejette.

26.Posté par jm le 15/07/2009 17:02
@Danièle Douet

Dire qu’il faut changer le système politique, juste parce qu’il ne servirait qu’aux politiciens, pour qu’ils s’engraissent sur le dos de la population, ça me semble un peu léger, limite populiste, même si ce n’est pas totalement faux non plus en pratique.

Mais de toute manière, le politiciens ne font pas que s’engraisser eux-mêmes, ils engraissent aussi certaines parties de la population ;( je pense au bouclier fiscal de Sarkozy, on pourrait trouver des exemples similaires pour la gauche) toujours au détriment de l’état, c'est-à-dire, des générations futures.

L’idée de durable ne suffira peut-être pas à séduire les français. Elle n’est pas en soi aussi séduisante que les petits cadeaux que ne manquent jamais de promettre les politiciens de gauche et de droite. Et puis n’oublions pas que la population a sa part de responsabilité dans la situation actuelle ; les français ont toujours préféré les hommes politiques démagogues qui leur font des tas de promesses à ceux qui leur disent la vérité.

Il faudra qu’il y ait une prise de conscience que certaines choses ne peuvent plus continuer, et ce n’est pas gagné d’avance.

27.Posté par stephane le 15/07/2009 17:05
Bon alors on remplace "incohérence" par un "ça coince". Vous le sentez vous aussi que "ça coince" !
L'idée, le projet, c'est séduisant, mais "ça coince".
Et je pense que ces difficultés ne viennent pas de bêtes histoires de querelles internes, ... mais d'une vrai question de définition.
Le modem veut rassembler des citoyens venant d'horizons différents au nom d'un même projet, séduisant je répète.
Le problème c'est que tout le monde n'a pas l'air d'accord sur le "comment" et surtout sur le "avec qui" !

28.Posté par Christophe Ginisty le 15/07/2009 17:35
Permettez-moi juste un bref commentaire pour vous féliciter et vous remercier tous et toutes pour la qualité de vos contributions. C'est très enrichissant.
http://www.ginisty.com

29.Posté par Danièle Douet le 15/07/2009 18:01
@ jm:
Lorsque je lis ce que vous écrivez:

@Danièle Douet

Dire qu’il faut changer le système politique, juste parce qu’il ne servirait qu’aux politiciens, pour qu’ils s’engraissent sur le dos de la population, ça me semble un peu léger, limite populiste, même si ce n’est pas totalement faux non plus en pratique.


il me semble que vous n'avez pas vraiment lu ce que j'ai essayé d'expliquer et que vous tirez un § pour le réfuter...

Dommage...

@ Christophe:
Merci :-)

La réflexion que tu as lancée ne peut que se poursuivre... je l'espère.

Amitiés
Danièle
http://www.projetdemocrate.eu

30.Posté par jm le 15/07/2009 18:12

@Danièle Douet,

Peut-être n’ai-je pas su extraire la substantifique moelle de votre message.

Pourriez-vous dans ce cas vous ré-expliquer, de manière aussi concise que possible ?

Je pense que nous sommes moins en désaccord que vous ne le pensiez de prime abord.


31.Posté par cocobe le 15/07/2009 18:23
@ jm le 15/07/2009 13:26

Celle là, on nous la ressort à chaque municipale en nous expliquant que le local, ce n'est pas de la politique,
OK alors expliquez-moi:

Quand dans une ville le maire est également député (ce que rappelle très judicieusement Danièle DOUET que je salue, car nous avons échangé sur les Promoteurs) avec cette incroyable et schizophrénique exception française qui laisse croire, j'en prends un au hasard, qu’ 'un Patrick DEVEDJIAN en tant que maire n'est pas le même qu'en tant que député et responsable national de l'UMP, on se marre!
Ou, au hasard, un maire qui a remplacé le précédent, mais qui est également conseiller régional et vice-président d'une communauté d'agglo changerait de casquette idéologique, arrêtons de plaisanter, svp.
Ou encore, le suppléant du précédent devenu ministre, maire d'une commune voisine et président de l'agglo, et tout ce joli monde serait différent en fonction du mandat, tout cela n'est ni sérieux, ni respectueux pour eux, cela voudrait dire qu'ils sont des girouettes.

Encore des cumulards, Danièle , tu as raison de rappeler, ça concerne 85% des élus

Mais tout ça nous éloigne du MoDem et des sénateurs centristes, si on réfléchit bien la question posée par Christophe est : en 2009 peut-on encore être centriste donc théoriquement ni droite ni gauche et MoDem à la fois? Cela vaut pour les sénateurs, mais aussi pour les adeptes du ni gauche ni droite.

Et là, soyons lucides jusqu'au bout, celui qui a brouillé les cartes, c'est François BAYROU. Je ne fais pas de l'antibayrouisme primaire, je demande seulement qu'il clarifie sa position personnelle au lieu de rester dans le ni ni comme disait François MITTERRAND. Et puis, pendant qu’on y est, il pourrait aussi consulter ses adhérents, vous avez dit démocrate ?

Aujourd'hui, on peut jouer à se faire peur, mais le MoDem vire ou plutôt penche vers la gauche et si les sénateurs en essayant de sauver ce qui peut l'être encore, font le balancier, est-ce, je n'ai pas la réponse, une mauvaise chose?

Comme le disent de nombreux contributeurs, ton blog, Christophe, est peut-être, je sais qu'il le lit, l'espace de débat qui fait défaut au Mouvement Démocrate et à son Président.

Être démocrate et sarkozyste n'est pas incompatible, être démocrate et socialiste n'est pas incompatible, être démocrate et écologiste à la manière Europe Écologie n'est pas incompatible, être Mouvement Démocrate et démocrate n'est pas incompatible, et si finalement, non ne tirez pas, le MoDem était tout cela à la fois?

Pour paraphraser le ministre évoqué plus haut si prégnant dans notre commune : « je suis pour le MoDem jusqu’au MoDem ».

32.Posté par jm le 15/07/2009 18:38
@cocobe,

Vous ne contribuez pas à clarifier le débat en continuant à parler de gauche et de droite alors qu’au niveau national (et en particulier, au sénat), la question qui se pose n’est pas une question de gauche ou de droite, mais une question de majorité présidentielle ou d’opposition.

Pour ma part, je l’ai dit, je pense qu’on peut être à la fois modem et de droite (ou de gauche), mais on ne peut pas être à la fois au Modem, et déclarer faire partie de la majorité présidentielle (ce qui n’empêche pas dans l’absolu d’approuver certaines réformes menées par le gouvernement).

Et pour ce qui est des municipales, comme l’avait dit Bayrou à l’époque, les enjeux sont locaux ; et je ne vois pas de problème à ce que des Modem travaillent avec un Juppé à Lyon, et à un Rebsamen à Dijon. Il y a des PS et des UMP avec qui le Modem peut travailler au niveau local; et il y en a aussi avec qui c’est plus difficile, voire impossible ; et je ne vois pas où est le problème dans cette posture.

Sinon, oui, il manque un véritable espace de débat au modem ; et le blog de Christophe n’est pas fait pour ça, même si nous l’utilisons dans ce dessein.

33.Posté par Danièle Douet le 15/07/2009 18:50
@ jm:
Dommage de s'arrêter à ce niveau droite-gauche.
Je préfère la vision de François Bayrou et Thierry Crouzet. Car ce n'est pas d'alliances pour une ou une autre élection qu'il s'agit, mais de proposer un AUTRE projet pour le pays...

En tant que Bordelaise de naissance et étant souvent dans cette ville qu'Alain Juppé a fait revivre, je suis sonnée de le voir maire de Lyon :-((

Enfin, pour confirmer ce qu'écrit cocobe, je vous invite juste à regarder ce tableau qui montre que la France est loin d'être une démocratie... il y a beaucoup de travail à faire, mais tout d'abord, il faudrait en prendre conscience.


http://www.projetdemocrate.eu

34.Posté par jm le 15/07/2009 18:56
@Danièle Douet,
Excusez-moi, mais, juste pour mieux comprendre ce que vous voulez dire…
En quoi ma vision est-elle différente de celles de François Bayrou et Thierry Crouzet ?

35.Posté par isabelle krief le 15/07/2009 20:16
Bonjour,

Je vais vous poser le problème autrement :

Les écologistes sont-ils de droite ou sont-ils de gauche ????

Ils défendent des intérêts qui n'ont aucune couleur droite ou gauche. La preuve Europe Ecologie (encore !!!) a été élue avec des électeur de tous bords.

Les démocrates font idem. Nous défendons des intérêts humanistes, démocrates, sociaux, ...

Nous ne sommes pas la France, mais l'Europe. Il serait temps de se calquer sur l'Europe.

Nous devons entrer dans l'ère d'un mouvement démocrate et européen et arrêter de tout cloisonner à l'hexagone.

Permettez-moi de vous dire qu'il y a des démocrates belges, roumains (et oui, ça y est!) italiens ... sont-ils centristes ???? Les démocrates américains sont-ils centristes ???

Oui, le public a du mal à nous situer, mais parce qu'il a pris la mauvaise habitude depuis des années d'entendre : gauche/droite sans vraiment comprendre à quoi cela le ramenait.

Quand la gauche est au pouvoir, elle ponctionne tout le monde : csg, rds au nom du social, Regardez votre net par rapport à votre brut, depuis 20 ans. La gauche a ruiné la France !

Et pourquoi : les tucs, les sivp, les rmistes ???? Et notre République étant un Etat de droit, la gauche ne peut se retenir de jouer la répression. rappelez-vous les manifs des infirmières, des policiers... Avec Joxe et chevènement, on a souffert !

Quand c'est la droite, idem, Sauvons la république de tous les voyous black beurs et foutons la paix aux blousons dorés, ainsi qu'à leurs parachutes !

Le MOuvement DEMocrate doit affirmer sa marque, sa pâte, son empreinte, et les choses viendront avec le temps.

Nous venons tous d'horizons différents et allons dans un même but. Pourquoi chercher midi à quatorze heures !

Les électeurs apprendront à faire la différence entre nous et les autres.

Je n'ai jamais pensé que j'étais centriste, ce sont les ump qui le pensent, mois j'ai toujours affirmer mon appartenance au Modem. et le modem cela veut dire : Mouvement Démocrate.

Je n'étais pas à Seignosse (questions pépètes), donc je ne sais pas ce qu'à dit notre président, mais je sais une chose, j'ai adhéré au Modem pour des valeurs et non pour être à droite, au centre ou à gauche.

On les a testés au pouvoir. C'est bon, on a compris. Et vive le changement, la réelle alternative à tous nos maux sociaux.

Isabelle krief

36.Posté par cocobe le 15/07/2009 20:33
@ jm,

non seulement je ne clarifie pas le débat, mais je refuse l'idée que le MoDem ne peut pas être dans la majorité présidentielle, pas plus que je n'accepte l'idée que le MoDem ne pourrait pas faire partie d'un gouvernement sous présidence socialiste.

Encore une fois,cela n'en gage que moi, le MoDem est-il une écurie présidentielle ou a -t-il vocation à devenir un parti de gouvernement et alors, cher jm, ce que vous concevez au niveau local, pourrait se concevoir au niveau national.Gérer une commune, un département, une région ou un pays avec des alliés, cela s'appelle de la politique.

Et le plus malin dans cette affaire, c'est Nicolas SARKOZY qui a fait, OK pour discuter sur la forme, ce que proposait François BAYROU en "ouvrant" le gouvernement à des têtes nouvelles issues de son opposition habituelle.

Je parlais dans un post précédent de Michel MERCIER, ce n'est pas lui le problème, c'est comment peut-on être MoDem et rejoindre un gouvernement sarkozyste lorsqu'on a un président de parti aussi farouchement opposé à Nicolas SARKOZY?

La vraie difficulté pour le MoDem, c'est l'ambition élyséenne de son président qui nous explique que c'est la seule qui peut faire changer le système. Il n'a pas tort s'il s'agit de changer les institutions, mais a-t-il raison s'il s'agit de participer à la gestion du pays et d'essayer de faire passer des mesures plus "modem touch". Avons-nous un programme "modem touch", that is the question?

Le risque pour nous, c'est que si notre président échoue à nouveau à l'élection présidentielle, nous serons condamnés pour cinq ans de plus à l'opposition. Corinne LEPAGE avait ouvert une porte en déclarant qu'elle pourrait, sous condition, accepter de devenir ministre de l'écologie de Nicolas SARKOZY, est-ce si choquant?


@ Danièle, serais-tu d'accord avec l'idée que l'instauration de primaires et le cumul des mandats limité à de très strictes exceptions (pour ne pas laisser la place à un adversaire) pourrait revendiquer la "modem touch"?


37.Posté par GuiGrou le 15/07/2009 21:23
Bien vu!
Si Bayrou comprend bien cette notion de "Démocrate", il est en revanche incapable de la porter dans ses actions de tous les jours.
Je continue de penser que cet homme fut efficace et indispensable en politique française mais aujourd'hui il devrait laisser sa place.
Bien vu Christophe, pour avoir recadré le débat sur le vrai sens politique du MoDem!

38.Posté par orange sanguine le 15/07/2009 22:16
@ Christophe : "Même si je suis au Modem, qui reste pour moi un mouvement centriste, je représente sa frange droite. J’appartiens à la majorité présidentielle et j’ai soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République"...
Je suppose que c'était au second tour ! Comme 40 % de l'électorat bayrou-iste du 1er tour. Le jeu institutionnel veut que l'électeur fasse ou pas un choix au second tour.
Derrière ces propos, toute la subtilité et le machiavélisme du mode de scrutin au suffrage indirect des sénateurs élus par des élus...et justement, Nicolas About doit passer par la case élection en septembre 2011, et les Yvelines penchent majoritairement à "droite"...surtout chez les élus locaux, non ?

Effectivement, on ne pas dire être au MoDem et être dans la majorité présidentielle sauf si le MoDem la rejoint. C'est donc une question a soulevé au prochain CN ou voir si ses propos n'ont pas été déformés par le journaliste.

@ Danielle Douet : "c'est justement parce qu'un Espoir apparaissait de sortir de cette tenaille qui enserre le pays depuis la Révolution"
A la convention, première Assemblée de 1789, il n' y avait ni gauche, ni droite ! Il y avait 3 groupes parlementaires : Montagnards, Girondins, et la Plaine. Le critère principal d'appartenance à l'un de ces groupes n'était pas économique ou la répartition des richesses mais porté sur l'organisation territoriale d' "une nouvelle France" après la fin de la Monarchie absolue entre ceux qui voulait un Etat Fort et Centralisateur (montagnard puis jacobin), un Etat fédéraliste (Girondin)...Mais il est plus facile d'accéder au pouvoir quand on une chance sur deux que sur 3 ! Donc, il y en a deux qui se sont entendus pour "couper" la tête du troisième...un peu comme Mitterrand et Chevènement au Congrès d'Epinay pour "sortir" Guy Mollet...d'ailleurs qui se rappellent qu' à la fondation du PS , c'était un attelage hétéroclite de plusieurs partis de gauches et citoyens, et que ce n'est pas le plus gros qui a mangé tous les autres, bien au contraire !

@ JM: "La gauche privilégie les intérêts des classes de la population des plus pauvres, et du secteur public. La droite privilégie les intérêts des classes de la population des plus aisées, et du secteur privé." ça c'était bon dans les années 70 voir début 80 !!! Le gouvernement de Jospin a plus privatisé et libéralisé le marché que Juppé et Balladur réunis ! C'est une raison de son échec en 2002. Il est vrai que la suppression de la vignette auto a surtout profité au plus pauvre. Enfin, avec ce type d'affirmation, on en déduit qu'il n y' a que la Gauche qui a le monopole du coeur ! C'est une des différences fondamentales entre le centre-droit d'inspiration Droite chrétienne) et la Droite dite d'inspiration libérale (au sens économique, j'entends)

D'abord, il est faux de dire la Gauche et la droite. Il y a des Gauches et des Droites (à lire l'excellent livre de René Rémond) comme il y a eu les 6 familles "centriste" allant du centre-gauche au centre droit pour fonder l'UDF après 1974. C'est le problème du PS dont une bonne partie est d'inspiration et de culture marxiste qui fait que le PS ne pourra se "refonder" aujourd'hui sans se briser. C'est avant tout le plus gros syndicat d'élus du Pays et sa seule raison d'être depuis longtemps. L'apparition de la concurrence du MODem s'il survit, d'Europe Ecologie si ça survit passé les européennes et surtout les regionales , et le renouveau communiste NPA-PCF-PG si ça tient va faire exploser le PS et diminuer progressivement son audience. Mais Un parti met plusieurs années à mourir.

La citation de Thierry creuset est contient une inexactitude. Ce n'est pas partout dans le monde que s'est faite la bipolarisation politique, c'est uniquement dans les parties d'influence judéo-chrétienne, le bien et le mal que Sarkozy pousse à son paroxisme dans sa pratique politique quotidenne : tu avais avec moi ou contre moi. Y a qu' à voir le Japon, l'Indonésire...mais ça change lentement au Royaume-Uni, en Allemagne.


A chaque temps de l'histoire, les partis politiques correspondants aux visons et problèmes de leur époque, ce qui entraîne des recompositions politiques avec disparition ou création de partis politiques...Si Bayrou n'est pas élu en 2012, c'est ce que retiendra de lui l'Histoire. C'est en 2007 - et non en 2002 - qu'à débuter cette recomposition politique avec la célèbre phrase "je sais pour qui je ne voterai pas au second tour" : le "centre" a explosé puis les Verts (nombreux départs vers le MoDem puis maintenant vers le PG de Mélanchon), le PS (départ de Mélanchon), création du NPA...et viendra très bientôt le départ de personnalité de l'UMP. Nous aurions souhaité que cela se fasse vite mais il faut laisser le temps au temps pur savoir ce qui va sortir du chapeau. Pourvu que ça se fasse avant 2012.

Le défi majeur du MoDem aujourd'hui est qu'il n'y a pas un MODem mais des MODems comme l'a bien souligné JPR que par une vision un peu simpliste j'appelle MODem des Champs et MoDem des villes. Des citoyens qui n'étaient pas fait pour se rencontrer dans notre système politique qui accentue fortement les clivages, et qui se sont retrouvés quand même autour de l'homme François Bayrou et/ou des ses propositions et son projet humaniste. Il est quand même à souligner que le volet économique a été rédigé par le centre-droit. ;-)
Pour simplifier, ces deux MoDem ne parlent pas la même langue politique et n'ont pas les mêmes codes puisqu'à l'intérieur de ces 2 MoDems, on retrouve également une sous-division entre ceux qui ont fait l'apprentissage de la citoyenneté avant 1989 (en gros) et ceux d'après qui n'ont pas ni les mêmes repères politiques, ni la même culture et formation politique que les premiers.
D'où ici ou là, une ENORME intolérance et d'irrespect. Il y a ceux qui pensent que tout à commencer lors de la création du MODem alors que l'UDF avait entamé déjà sa révolution bien avant avec Force Démocrate puis la nouvelle UDF en 2004 et enfin le congrès de Lyon en 2006 sur l'indépendance du parti. Je peux le crier haut et fort d'autant plus que je n' étais pas membre !!!
quand je lis de la part de JM "Et dire qu’après les départs de Morin, Lagarde, Mercier, Arthuis, et tous ceux que j’ai oubliés, on se croyait débarrassés de tous ces UDF qui veulent miner le projet du Modem de l’intérieur… Eh bien non, y en a encore…", ça me fait bondir !!!!

Etre Démocrate, c'est d'abord savoir écouter l'autre et accepter le fait que l'on ne soit pas toujours d'accord. Comme l'a inscrit BGR sur son blog "la règle d'or, c'est le respect mutuel. Il n' y a qu'à voir chez les Verts, le PS ou l'UMP, ils ne sont pas toujours voir même jamais d'accord entre eux...car si on pensait tous la même chose, on ne penserait plus rien".

Pour changer le système politique, il faut prendre d'abord le contrôle du système. Il n'y a que deux manières: le coup d'Etat ou la révolution dans les urnes.( A la rigueur, certains se contenteront d'un coup d'Etat démocratique). Etre Républicain, c'est exclure la première. Pour gagner et espérer changer les choses, il faudra à un moment ou à un autre pour le MoDem passer par une ou des alliances sur un plate-forme simple et compréhensible...c'est inévitable. Et à ce petit jeu là, je ne suis pas certaine que le PS est vraiment envie de changer ce système qui lui va si bien quand il est au pouvoir et qu'il dénonce quand il est dans l'opposition.

Enfin, le MODem doit revenir à ses fondamentaux "Dire quand ça va dans le bon sens et dire quand ça ne va pas". Ces derniers mois, c'est plutôt ça que nous avons entendus. Il ne faut pas avoir peur de dire quand une réforme ou une mesure est bien menée par Sarkozy car après tout, il a repris bon nombre de d'éléments du programme de Bayrou. ça c'est notre marque de fabrique à la grosse différence du PS qui dit non à tout car il pense que ça peut suffir pour revenir aux affaires (une vue de l'esprit).

La synthèse de Fortini (commentaire 20) que je partage n' a été faite que deux fois dans notre histoire politique :
- Sous la IIIè eme République avec le Parti Radical capable de gouverner avec la droite souvent mais aussi de participer au cartel des gauches en 1924 et au Front Populaire en 1936.
- Au début de la Vème avec De Gaulle qui a attiré vers lui des Pinay, des Giscards, des socialistes, des radicaux. D'alleurs ne dit-on pas qu'un tiers des gaullistes étaient de "Gauche" ? Faut dire que lui avait déjà acquis toute sa dimension historique avant d'arriver au pouvoir !

Bon, c'est un peu long donc au boulot !
http://orangesanguine.over-blog.com/

39.Posté par Danièle Douet le 15/07/2009 23:01
Le débat est intéressant, merci à Orangesanguine et à isabelle krief !

Je partage absolument ce qu'écrit isabelle krief:

Les écologistes sont-ils de droite ou sont-ils de gauche ????
Ils défendent des intérêts qui n'ont aucune couleur droite ou gauche. La preuve Europe Ecologie (encore !!!) a été élue avec des électeur de tous bords.
Il serait temps de se calquer sur l'Europe. Nous devons entrer dans l'ère d'un mouvement démocrate et européen et arrêter de tout cloisonner à l'hexagone.

Permettez-moi de vous dire qu'il y a des démocrates belges, roumains (et oui, ça y est!) italiens ... sont-ils centristes ???? Les démocrates américains sont-ils centristes ???

j'ai adhéré au Modem pour des valeurs et non pour être à droite, au centre ou à gauche.
On les a testés au pouvoir. C'est bon, on a compris.


C'est vrai, cet enfermement franco-français dans cette "alternance" mot qui n'existe pas dans ce sens dans d'autres pays et qui signifie passage de gauche à droite ou de droite à gauche, comme s'il n'existait rien d'autre, est ahurissante...

Dans les autres pays, grâce au mode d'élection beaucoup plus démocratique, les partis font coalition pour gouverner le pays et les régions.

En France, les "écologistes" se définissaient comme étant de "gauche" à cause de leur relations historiques avec le PS. Dans d'autres pays, ils font coalition avec les chrétiens-démocrates ou les sociaux-démocrates, selon les projets et non par allégeance.

Par exemple, à Hambourg où j'ai vécu pas mal de temps, les Verts ont fait une coalition avec les Chrétiens-démocrates en avril 2008, unique pour le moment en Allemagne, mais ils font un bon travail ensemble et cette coalition devient aussi possible pour tout le pays... les gens en parlent...

De même certains libéraux-démocrates proposent une union avec les Verts

On voit donc que toutes les combinaisons sont possibles sur des PROJETS, après débats, tant que les partis sont démocratiques.

Ce devrait être possible en France, au lieu de cette allégeance stupide qui entraine irrémédiablement la professionnalisation de la politique qui s'autogère, loin du pays véritable, avec 85% de cumul des mandats... C'est la Vème République poussée à l'absurde...

Juste un point que je ne partage pas avec orangesanguine lorsqu'elle écrit:

le MODem doit revenir à ses fondamentaux "Dire quand ça va dans le bon sens et dire quand ça ne va pas".

Non, le MoDem ne peut et ne doit pas se cantonner à un rôle de "prof" qui donne de bonnes ou de mauvaises notes, car c'est uniquement en fonction de ce que fait l'UMP au pouvoir et ne fait que la valoriser.

Il faudrait justement arrêter de se référer à ce que fait ou pas l'UMP, mais bien plutôt élaborer un PROJET original et le proposer au pays.

http://www.projetdemocrate.eu

40.Posté par L'hérétique le 16/07/2009 00:12
Quand je lis un billet comme le tien, Christophe, je fais un bond. En somme, à lire la fin de ton billet, tu veux un MoDem de gauche. Eh bien ce sera sans moi. Non merci.
Et ceux qui ont choisi Sarko au second tour pendant l'élection présidentielle sont tout aussi honorables que ceux qui ont choisi Royal (j'en parle d'autant plus librement que j'ai voté Royal au second tour).
La pierre angulaire, ce ne sont ni la droite ni la gauche, mais le projet de société. Celui de Bayrou est d'une grande modération. En ce sens, il est centriste. Quoi de choquant là-dedans ?
http://heresie.hautetfort.com/

41.Posté par Christophe Ginisty le 16/07/2009 07:46
L'hérétique -> Tu n'as rien compris à mon billet, ce qui pourtant ne te ressemble pas. Je dis précisément qu'il faut abandonner la référence systématique au centre qui conduit à se positionner par rapport à la droite et la gauche, source de clivage entre nous et à terme de division. Car précisément, il y a chez nous des gens qui ont une sensibilité de gauche et d'autres qui ont une sensibilité de droite. Et je rappelle que la juste position du MoDem doit être ailleurs, au niveau de son projet de société.

Et quand je parle d'un attachement à des valeurs d'une gauche qui n'existe pas, je ne parle que mon cas personnel et évidemment cela n'engage que moi. Certainement pas le MoDem.
http://www.ginisty.com

42.Posté par juju41 le 16/07/2009 08:09

comme je ne prétends pas avoir la vérité infuse, et que je n'ai pas le niveau de mes prédécesseurs concernant la question " ëtre ou ne pas être du Centre", je me mets juste à la place de l'électeur lambda , que"aurait été convaincu" de voter Modem,avec force d'arguments démocrates,et le Discours de Bayrou, nettement opposé à sarkozy, pour des raisons qu'on considère comme logiques, compte tenu de nos valeurs affichées,
Et cet électeur lambda , volatil par nature, et qu'on aimerait bien "fixer", découvre le joli discours de Nicolas About, sensément Modem, et officiellement dans la Majorité Présidentielle, ce qui suppose une approbation quasi entière de la politique de Sarkozy,( on peut trouver quelques choses de bien, malgré tout), et qui vote systématiquement l'ensemble des lois édictées par l'UMP,lois qui pour beaucoup sont en franche opposition avec nos valeurs...
je peux supposer que cet électeur lambda aura l'impression de s'être fait cocufier, déjà qu'il avait eu du mal à comprendre notre message, ni droite , ni gauche, etc...je crois que cet électeur ne votera plus pour le Modem, d'ailleurs c'est en partie celui-là qui est allé voter Europe-Ecologie( alors que pour une fois , on avait des candidats qui portaient effectivement et sincèrement les valeurs du Modem, c'est bête, hein!)
Depuis 2 ans, j'ai assez tracté, et discuté avec les électeurs , pour entendre toutjours les mêmes rengaines,concernant notre positionnement, et j'avoue que j'ai du mal à défendre notre position quand je tombe sur quelqu'un d'assez informé et qui me met devant les contradictions du Modem, concernant ses élus...et leurs votes ...

personnellement, j'aimerais bien que le Modem commence à avoir une ligne cohérente, je ne dis pas que tout le monde doit penser pareil, évidemment, mais dans les grandes lignes, et que les élus respectent les adhérents et les électeurs qui les ont soutenus , sur la base des valeurs du Modem...
ç a n'est pas qu'un pb interne au Modem, c'est d'abord un pb de crédibilité externe, et on a pris suffisamment de gamelles aux élections avec notre discours confus,, pour savoir que la prochaine sera la dernière...

43.Posté par jm le 16/07/2009 09:23
@cocobe,

Votre post m’a sidéré.

Vous avez quand même bien dû vous rendre compte que Sarkozy n’avait d’égards pour personne, que la création du "Nouveau Centre" n’avait d’autre but que de tuer le centre, et que le débauchage de divers socialistes n’avait pour but que d’affaiblir le PS. Il l’a même dit explicitement.
http://democratix.over-blog.com/article-33714085-6.html#comment44970864
On voit donc bien qu’il est impossible de travailler avec Sarkozy sans perdre sa dignité et sa spécificité.
E-t outre, si le modem devait entrer dans la majorité présidentielle, alors cela ferait perdre toute crédibilité à son projet de renouvellement de la façon de faire de la politique ; car il faut bien le dire, les méthodes autoritaires de Sarkozy sont tout à l’inverse de la vision démocrate de la pratique du pouvoir.

Ce que je dis là ne s’applique pas au niveau municipal, où on peut trouver des gens de droite tout à fait corrects avec qui il est possible de travailler dans le respect mutuel.

Et en ce qui concerne ou les régions, c’est à voir.
Soit le Modem fait comme dans les communes, et travaille ici avec la gauche, là avec la droite.
Soit le Modem passe un accord au niveau national avec la gauche ou la droite ; ce qui pourrait éventuellement lui ouvrir la possibilité d’avoir plus de présidences de région. Mais ce serait aussi prendre le risque d’être assimilé aux yeux de l’opinion à la gauche ou à la droite, donc c’est risqué.

Mais sinon, pour en revenir au sujet, je suis entièrement d’accord avec juju41 ; que About déclare faire partie de la majorité présidentielle, c’est catastrophique pour la communication du Modem ; on n’avait vraiment pas besoin de ça. Quant à Mercier, c’est pareil, sa place n’est plus au Modem.

44.Posté par orange sanguine le 16/07/2009 09:52
Daniele Doue à écrit : "Non, le MoDem ne peut et ne doit pas se cantonner à un rôle de "prof" qui donne de bonnes ou de mauvaises notes, car c'est uniquement en fonction de ce que fait l'UMP au pouvoir et ne fait que la valoriser. Il faudrait justement arrêter de se référer à ce que fait ou pas l'UMP, mais bien plutôt élaborer un PROJET original et le proposer au pays".

Aujourd'hui, le Modem n' a pas de projet global alternatif à Sarkozy mais a des élus ! Si nos députés et sénateurs sont élus avec l'étiquette MODem (ce qui n'est pour l'instant pas le cas pour ces derniers pour le moment élus sous celle de l'UDF ne l'oublions pas), ils sont avant tout les élus de la Nation et un élu, par définition tranche par ses votes à l'Assemblée.
Nous ne sommes ni dans la majorité ni dans l'opposition stérile, enfin, il me semble ce qui nous différencie du PS qui vote même contre des propositions qui étaient dans leur programme ! Au début du Mandat de Sarkozy, on attendait cette nuance au MoDem (moyens supplémentaires en Afghanistan, soutien aux banques...) avant que Bayrou (ou son entourage) se radicalise. Il y a eu des longs silence au MoDem sur des projets de lois, par exemple HADOPI, qui donne l'impression qu'ils ont l'assentiment de l'appareil du parti.
Il n' y a pas honte de dire qu'en une mesure va dans le bon sens, d'ailleurs c'est une phrase de Bayou à Seignosse. Et puisque l'Hérétique a fait un billet sur "le MoDem et la fonction publique", (un truc du genre de mémoire), nous aurions pu saluer comme une bonne chose la fusion des Impôt et du Trésor publique qui va, outre faire des économies dans l'administration de papier, mettre fin à cette incohérence française....Idem pour la fusion Assedic/ANPE bien que la crise facilite pas les choses.

Enfin, sur Royal que nous avons le "plaisir" d'avoir eu comme député pendant 19 ans et Présidente de Région depuis 2004, ses méthodes de gouvernance sont les mêmes que Sarko. Faut arrêter de rêver, c'est pas la blanche colombe que so image médiatique et sa stratégie de communication renvoie.
http://orangesanguine.over-blog.com/

45.Posté par cocobe le 16/07/2009 10:27
@ jm,

Désolé de m'être mal fait comprendre, je n'ai pas dit que le MoDem devait rejoindre le camp de Monsieur SARKOZY, j'ai seulement dit qu'il n'y avait pas de raison qu'il ne le fasse pas si on accepte l'idée inverse, à savoir gouverner avec une majorité socialiste.

Quant à Europe Ecologie, il serait intéressant de savoir quel est leur programme en matière de projet de société, de développement durable, d'économie, de cohésion sociale, de santé, d'éducation, de logement, de politique étrangère sur la Turquie par exemple...... avant de dire que nous avons enfin trouvé la solution qui gagne

La deuxième question que je pose: y a-t-il une différence entre un maire et un sénateur ou député UMP, PS ou autre dès lors que ce dernier cumule les mandats, pour vous apparemment Oui, pour moi qui vis en Devedjland, Non.

La troisième question: le MoDem, partisan de cette troisième voie à la recherche de voix, est-il un parti de gouvernement ou une écurie présidentielle qui ne tend que vers un seul but, BAYROU 2012, et que se passera-t-il s'il échoue une troisième fois?

La quatrième question: Le MoDem est-il un parti de militants et il serait intéressant de les consulter ou un parti de notables , d'où la question posée par Christophe.

La cinquième question accessoirement: le MoDem de par son fonctionnement interne est-il un parti démocrate?

Si vous avez les réponses, bravo, je n'ai pas votre chance, par contre, je suis comme beaucoup l'écrivent, incapable de dire qui nous sommes, où nous allons, quelle est notre doctrine et qui est représentatif de ce que nous sommes, tellement les positions de nos hiérarques, ce que souligne Christophe, posent question.

Quel est le point commun entre un Michel MERCIER, Nicolas ABOUT et François BAYROU si ce n'est qu'ils revendiquent tous les trois d'appartenir au même parti? Ne sont-ils pas chacun représentatifs d'une partie de nous-mêmes, et c'est bien le problème vis à vis de l'extérieur?

46.Posté par jm le 16/07/2009 10:48
@cocobe,

Beaucoup de questions intéressantes dans votre post.

Je pense que le Modem n’a pas à faire partie de la majorité présidentielle d’ici 2012.
En 2012, si le Modem arrive à nouer un partenariat avec la gauche et la droite avec des conditions convenables, alors, il peut devenir un parti de gouvernement.
Sinon, le Modem explosera, et ce sera la fin de l’aventure.

En attendant, Bayrou doit dire clairement à Mercier et About que Modem et majorité présidentielle sont antinomiques. Sinon, on reste dans la confusion la plus totale, vous avez raison.

47.Posté par jm le 16/07/2009 10:50
ERRATUM : "si le Modem arrive à nouer un partenariat avec la gauche OU la droite"... le OU étant inclusif.

48.Posté par jm le 16/07/2009 12:24
Bon, sinon, pour répondre réellement à la question posée par Christophe, je dirais que, lorsqu’on se réclame du "centre", ou lorsqu’on se dit "centriste", le message subliminal, c’est de prôner la vision ancienne du centre, celle de l’UDF, d’un centre assujetti à la droite.
C’est sans doute cela qui gêne Christophe, sur le plan de la communication.

49.Posté par Orange pressé le 16/07/2009 12:44
J'estime qu'il ne faut pas compter en termes de centristes, mais plutôt faire la différence entre démocrates-progressistes, gauche sociale et conservateurs. Le camp progressiste s'incarne par Europe-Écologie pour partie, par des démocrates réformateurs au MoDem ou par des personnes comme Manuel Valls au PS.
http://ffunivers.blogspot.com

50.Posté par Claudio Pirrone le 16/07/2009 13:04
Je réponds uniquement à la question en titre : oui.

Regarder les deux ans écoulés pour s'en rendre compte.
http://skeptikos.dremm.net

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Je m'appelle Christophe Ginisty, je tiens un blog perso depuis le 16 novembre 2004. Je suis entrepreneur et chef d'entreprise, co-fondateur de l'agence RUMEUR PUBLIQUE, citoyen engagé et Président-fondateur de l'association Internet sans Frontières.

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