La stratégie verbeuse de François Hollande va-t-elle le conduire dans le mur ?



La stratégie verbeuse de François Hollande va-t-elle le conduire dans le mur ?
Plus les jours passent et plus je suis atterré par la façon avec laquelle les socialistes mènent campagne. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'ils ont relancé la fameuse machine à perdre mais j'ai de plus en plus l'impression qu'ils vont dans le mur.

Et pourtant, Dieu sait que j'aimerais qu'il y ait une alternance dans ce pays !

Ce matin, comme beaucoup d'observateurs, je me suis arrêté sur la Une de Libé qui reproduisait des extraits de la lettre ouverte aux français que le candidat socialiste a rédigé en ce début d'année.

Si je suis d'accord avec beaucoup de points sur le fond, je trouve la forme totalement inappropriée car inefficace. C'est verbeux, intello, avec l'envie d'attirer les gens sur les argumentaires. C'est l'invitation à faire de la politique en brisant l'autre, c'est aussi la porte ouverte à l'escalade verbale qui, au fond dessert celui qui l'utilise le premier.

Comme l'a très bien analysé Bruno Roger-Petit dans sa note sur le Plus du Nouvel Obs, Pierre Moscovici qui assurait le service après-vente ce matin sur Europe1 a été le premier à se prendre les pieds dans le tapis et à finalement faire les frais de cette stratégie. Ce n'est pas Bruce Toussaint qui a été excellent, c'est Pierre Moscovici qui a été mauvais, desservi par un pari indéfendable, incapable de se dépêtrer avec un texte rébarbatif et complexe.

Un peu plus tard dans la journée, des ministres UMP actifs sur Twitter ont flingué l'initiative de François Hollande en dénonçant - et là encore c'était facile - l'excès de critiques et l'absence de propositions.

Je ne sais pas qui conseille François Hollande dans sa stratégie de communication mais il est temps que cette personne songe à faire un autre métier. C'est calamiteux, poussif, pénible et le dispositif tombe dans tous les pièges tendus par une UMP attentive. Ce que je crains, c'est que le conseil en communication ne soit pas un professionnel reconnu et aguerri mais en réalité un politique qui s'improvise spin doctor. Ce que je vois y ressemble furieusement.

Que faudrait-il faire ?

Aller jouer sur un autre terrain de jeu, être disruptif comme je l'ai déjà écrit et marquer les esprits par des gestes symboliques porteurs de sens qui pourraient durablement occuper l'imaginaire des électeurs. Il est temps d'arrêter de faire des phrases pour s'installer une image qui peine toujours à convaincre l'opinion publique.

Si l'on me demandait à quel sport j'entends défier Mike Tyson, je ne répondrais pas spontanément la boxe. Or, c'est l'image qui me vient en tête quand j'observe le candidat Hollande monter sur le ring.

Nicolas Sarkozy et la machine UMP sont des combattants redoutables.

Il ne faut pas espérer aller les battre sur leur propre terrain, il faut en inventer un autre, définir les règles, imposer les conditions et prendre le contrôle de la situation.

J'espère que les socialistes auront l'intelligence de le comprendre. Sinon, ils n'ont aucune chance.

Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 3 Janvier 2012

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