Lagarde / Bachelot : même stratégie d'endormissementL'une déclare que le FMI est à côté de la plaque, la deuxième affirme que la France est le pays le mieux préparé du monde pour lutter contre la grippe porcine. Deux exemples d'infantilisation de l'opinion publique qui pose question.
Hier, dans une interview accordée au Figaro, Christine Lagarde, écornait le FMI dans son appréciation de la crise financière et notamment sur la situation des banques :
Pour le FMI, la situation des actifs toxiques est encore partout désastreuse. Nous estimons - et nous sommes loin d'être les seuls - que la méthodologie utilisée par le FMI n'est pas la bonne. Cette méthode est fondée sur le système anglo-saxon et ne prend pas en compte les spécificités des banques européennes - qui font moins de hors-bilan et disposent pour beaucoup d'entre elles de dépôts importants de particuliers. En France, la commission bancaire a des données tout à fait rassurantes, les banques sont bien capitalisées et disposent de marges de manœuvre satisfaisantes. C'est vrai que c'est rassurant quand on voit ce qu'a fait la Société Générale, selon les révélations de Libération. Passons. Toujours hier matin, Roselyne Bachelot, au micro d'Europe1 déclarait à propos du risque de pandémie de grippe porcine : La France est l'un des pays les mieux préparés sinon LE pays le mieux préparé en cas d'épidémie. Bien sûr, Christine Lagarde a le droit de ne pas penser la même chose que les experts du FMI et Roselyne Bachelot a bien aussi le droit d'être sûre de son fait et positive. Mais moi ces deux déclarations me font penser à celles de nos gouvernants lors de la catastrophe de Tchernobyl lorsqu'ils nous expliquaient que le nuage radioactif n'attendrait jamais la France. Dans l'un et l'autre cas, on voit bien quelle est l'intention de nos dirigeants : donner de bonnes nouvelles pour ne pas affoler l'opinion publique. Et c'est une stratégie voulue à tout prix par Nicolas Sarkozy qui demande sans cesse à ses proches de positiver. Mais n'y a-t-il pas là un risque d'infantilisation de l'opinion publique et, à terme, de révolte animée par le sentiment que l'on ne nous aura pas tout dit ? Je me pose souvent cette question sans a priori politique. Faut-il dire la vérité, quitte à déprimer l'opinion publique ou édulcorer les faits afin de ne pas créer de situation de panique. Personnellement, je suis plutôt favorable à la première solution car je trouve que le maquillage de la vérité revient à endormir les gens et finalement à ne pas les respecter. Sources : Christine Lagarde dans le Figaro : http://www.lefigaro.fr/economie/2009/04/27/04001-20090427ARTFIG00237-paris-fait-valoir-sa-difference-face-au-pessimisme-du-fmi-.php Roselyne Bachelot sur Europe 1 : http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Sante/Grippe-porcine-aucun-cas-avere-en-France/(gid)/219049 Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 28 Avril 2009
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Le remaniement est politicien et c'est un coup de pouce déguisé aux centristes




