Le nouveau slogan d'Obama : In fact we could not ?
Alors que le président des États-Unis s'apprête à affronter les élections de mi-mandat, élections qui doivent recomposer une partie du législatif américain, tous les observateurs s'accordent sur le fait que Barack Obama risque bel est bien d'essuyer un revers cuisant, juste deux ans après son élection, le 4 novembre 2008.
Ce qui est frappant dans cette actualité, c'est que tous les éditorialistes mettent en perspective la situation d'aujourd'hui avec l'espoir immense que la campagne présidentielle avait suscité. On y revoit les scènes de liesse qui avaient suivi la proclamation des résultats, on y retrouve les slogans de campagne et le désormais légendaire "yes we can!" (Oui, nous pouvons !), bref, le service après vente médiatique est à l'œuvre. En fait, si Barack Obama est aujourd'hui en grande difficulté dans l'opinion, c'est à mon sens que l'art de gouverner est aujourd'hui et plus que jamais une art complexe qui se heurte au mur de la réalité. On a beau promettre la lune, l'homme politique est bien démuni pour changer réellement le monde. Son pouvoir s'est amenuisé à mesure que d'autres forces, innombrables, se sont érigées pour l'en empêcher. "Yes we can" ? Tu parles, Charles ! "Ensemble, tout devient possible" ? Sans commentaires. Plus nous avançons dans la complexité d'un monde globalisé aux multiples zones d'influences, et moins la sphère politique possède les cartes en mains d'un changement profond de société. Moins elle peut tenir ses promesses et le seul fait de les avoir proférées devient à lui seul insupportable à l'heure des bilans. La classe politique tente toujours de faire croire l'inverse aux électeurs en leur faisant miroiter la magie d'un pouvoir quasi absolu sur les événements, c'est un mensonge éhonté. Barack Obama a beau être un remarquable président des États-Unis de par son attitude et ses convictions (c'est en tout cas ce que je pense), il a eu beau entamer des réformes ambitieuses comme celle du système de santé qui est à ce jour son principal fait d'armes en politique intérieure, ce n'est pas un magicien et les américains semblent le découvrir, à mesure qu'ils se réveillent du rêve éveillé de la campagne de 2008. Et ils le découvrent avec l'impression d'avoir été trompés. Or, il n'ont pas été trompés par leur président. Ils ont été trompés par le regard qu'ils portent sur la puissance du pouvoir politique. Les vraies questions que cela soulève sont de savoir comment le politique a perdu de son pouvoir et dans quelle mesure cette perte va s'accentuer au fil des années. Car si le politique ne dispose plus du pouvoir de changer les choses, alors nos sociétés seront totalement à la merci d'autres forces non élues et ce sera la fin de nos démocraties. Rédigé par Christophe Ginisty le Mardi 2 Novembre 2010
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