Christophe Ginisty

Le nouveau slogan d'Obama : In fact we could not ?


Rédigé le Mardi 2 Novembre 2010



Le nouveau slogan d'Obama : In fact we could not ?
Alors que le président des États-Unis s'apprête à affronter les élections de mi-mandat, élections qui doivent recomposer une partie du législatif américain, tous les observateurs s'accordent sur le fait que Barack Obama risque bel est bien d'essuyer un revers cuisant, juste deux ans après son élection, le 4 novembre 2008.

Ce qui est frappant dans cette actualité, c'est que tous les éditorialistes mettent en perspective la situation d'aujourd'hui avec l'espoir immense que la campagne présidentielle avait suscité. On y revoit les scènes de liesse qui avaient suivi la proclamation des résultats, on y retrouve les slogans de campagne et le désormais légendaire "yes we can!" (Oui, nous pouvons !), bref, le service après vente médiatique est à l'œuvre.

En fait, si Barack Obama est aujourd'hui en grande difficulté dans l'opinion, c'est à mon sens que l'art de gouverner est aujourd'hui et plus que jamais une art complexe qui se heurte au mur de la réalité. On a beau promettre la lune, l'homme politique est bien démuni pour changer réellement le monde. Son pouvoir s'est amenuisé à mesure que d'autres forces, innombrables, se sont érigées pour l'en empêcher.

"Yes we can" ? Tu parles, Charles ! "Ensemble, tout devient possible" ? Sans commentaires.

Plus nous avançons dans la complexité d'un monde globalisé aux multiples zones d'influences, et moins la sphère politique possède les cartes en mains d'un changement profond de société. Moins elle peut tenir ses promesses et le seul fait de les avoir proférées devient à lui seul insupportable à l'heure des bilans. La classe politique tente toujours de faire croire l'inverse aux électeurs en leur faisant miroiter la magie d'un pouvoir quasi absolu sur les événements, c'est un mensonge éhonté.

Barack Obama a beau être un remarquable président des États-Unis de par son attitude et ses convictions (c'est en tout cas ce que je pense), il a eu beau entamer des réformes ambitieuses comme celle du système de santé qui est à ce jour son principal fait d'armes en politique intérieure, ce n'est pas un magicien et les américains semblent le découvrir, à mesure qu'ils se réveillent du rêve éveillé de la campagne de 2008. Et ils le découvrent avec l'impression d'avoir été trompés.

Or, il n'ont pas été trompés par leur président. Ils ont été trompés par le regard qu'ils portent sur la puissance du pouvoir politique.

Les vraies questions que cela soulève sont de savoir comment le politique a perdu de son pouvoir et dans quelle mesure cette perte va s'accentuer au fil des années. Car si le politique ne dispose plus du pouvoir de changer les choses, alors nos sociétés seront totalement à la merci d'autres forces non élues et ce sera la fin de nos démocraties.


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Commentaires articles

1.Posté par christophe le 02/11/2010 08:38
Ta conclusion devrait être mise en présent : bien entendu que nos sociétés sont déjà gouvernées par d'autres forces non élues : ce sont les puissances économiques, les entreprises du CAC 40, les banques. Ce sont elles qui font le destin chaque jour des citoyens, et même si la classe politique se fait acheter... pardon, dicter ses décisions, elle n'a de toute façon plus beaucoup de marche de manoeuvre. Du coup, elle vend du rêve ; mais le problème avec les rêves c'est que chaque matin on se réveille !

2.Posté par Jb le 02/11/2010 08:42
La vraie question n'est pas de savoir comment cette perte de pouvoir va s'accentuer mais plutôt:
- Quels sont les pouvoirs qui parasitent le pouvoir politique et quelles sont les entités qui l'exercent au détriment de tous ?
- Comment ôter leur pouvoir de nuisance à ces entités ?
- Que faire pour rétablir durablement un pouvoir politique légitime fort ?

3.Posté par europium le 02/11/2010 11:09
Assez d'accord!

J'ai toujours critiqué l'Obamamania dès le début car même si le fait qu'un black soit devenu président de USA était une évènement, Obama est avant tout un animal politique comme les autres. Comme les autres politiques il a parfaitement maitrisé « la tyrannie de l’émotion » comme le dénonce si bien Noel Mamère. En jouant sur les ressorts émotionnels les politiques suscitent de facto des résultats rapides, ce qui est impossible

Dans cette période de crise il a fait malgré tout de grandes réformes, mais qui ne porteront leurs fruits que dans quelques temps. Son échec face à la crise était prévisible comme dans tous les pays....

C'est un grand communiquant, qui a promis la lune, il va le payer comme tout homme politique. Face a l'ampleur des déficits les politiques ne peuvent que serrer les boulons tout en serrant les fesses. Il est nécessaire dans un monde ultra-médiatisé, dans le règne du buzz permanent que les politiques prennent du recul quand ils sont en campagne ou lorsqu’ils gouvernent afin de redonner du crédit à la parole politique!

Face à cette mondialisation de l'économie, face a ce niveau d'endettement, les politiques n'ont quasiment pas de solutions, d'ou la parole politique est de moins en moins crédible et en réaction les partis anti-systèmes font recette que ce soit les Tea party aux USA, les partis d'extrême-droite en Europe, etc…!


4.Posté par FrédéricLN le 07/11/2010 22:45
Dans le "yes we can", il y avait trois mots importants, dont "we"... Personne ne peut réussir seul au pouvoir, fût-il président. Et même, la qualité du gouvernement est directement fonction de la vigilance active des citoyens. Quelqu'un l'écrivait mieux que moi :

Si les gens veillent, nous avons une bonne administration et le pays est bien dirigé. Si notre démocratie devient paresseuse, si notre civisme se contente de raccourcis, ça donne de mauvaises politiques, une mauvaise administration. (Barack Obama, 25 septembre 2006)

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