Christophe Ginisty

Les 5 points de vulnérabilité sur les médias sociaux


Rédigé le Mardi 11 Septembre 2012



Les 5 points de vulnérabilité sur les médias sociaux
Aujourd'hui, j'ai eu plusieurs discussions sur le web et les médias sociaux et sur un thème qui m'est cher, celui de la nécessité d'intégrer cette dimension dans une stratégie d'influence et de gestion de la réputation.

J'en suis convaincu, une stratégie de communication qui ne prévoit aucun dispositif sur le web social est non seulement vouée à produire des résultats stériles mais elle fait peser un énorme danger sur les organisations.

J'écoutais récemment la plainte d'un chef d'entreprise, patron d'une belle start'up, m'expliquer que la superbe couverture de presse qu'il avait obtenu grâce aux efforts de son agence de RP (une agence que j’ai très bien connu d’ailleurs :-) n'avait servi à rien en ce sens qu'elle n'avait eu aucun impact sur une courbe des ventes restée désespérément plate.

Et le pauvre ne pouvait même pas se retourner contre l’agence puisque cette dernière avait fait ce pour quoi elle avait été payée, sauf que les résultats obtenus n’avaient aucun intérêt au regard des objectifs de développement poursuivis.

Il décrivait une situation qui se produit hélas de plus en plus.

Les directions de la communication vont devoir justifier ces échecs vis-à-vis de leur hiérarchie et les agences vont pâtir de cette absence intolérable de retour sur investissement.

Mais au-delà de l’examen de la performance d’une campagne d’influence et de gestion de la réputation, il faut se poser la question du web en termes d’augmentation des niveaux de vulnérabilité.

Je l’ai écrit à plusieurs reprises ici ou ailleurs, les organisations et les personnalités qui auront peu ou mal appréhendé le online vont se retrouver progressivement en très grand danger.

Les internautes vont individuellement et collectivement s’ériger en juges de paix et punir des organisations qui auraient pêché par l’un des cinq travers suivants :

Le Mépris : attitude consistant à nier la puissance même des médias sociaux
Beaucoup de directions de la communication et de patrons d’agence n’ont pas vu la vague venir et ils sont aujourd’hui submergés par un phénomène qui les dépasse. Ils ont souvent tendance à le traiter par le mépris, pour ne pas avouer leur manque de discernement et leur incompétence en la matière. Un DirCom préfèrera toujours vous dire que cela n'a aucun intérêt plutôt que de reconnaître qu’il n’y connaît rien.  

L’absence : attitude consistant à boycotter les médias sociaux  
La nature ayant une sainte horreur du vide, si ce n’est pas vous qui parlez de vous, d’autres le feront à votre place. C'est une évidence. Vos clients, collaborateurs, partenaires, fournisseurs, concurrents, tout un tas de personnes bien ou mal intentionnées contribueront à créer les éléments de votre réputation en ligne sans que vous ayez le moindre contrôle dessus. Sans compter que l’absence peut être incroyablement pénalisante en cas de survenue d’une situation de crise.

L’arrogance : attitude consistant à afficher une trop grande suffisance dans sa communication
Le web social est un espace conversationnel, il n’a que faire des grandes déclarations d’intention, des campagnes exagérément auto-promotionnelles aux limites de la propagande. Les internautes le prennent souvent pour un défi et se lancent parfois dans une résistance effrénée, une sorte de croisade animée par le désir ardent et violent de briser une statue que l’on essaye d’édifier dans leur jardin.

La légèreté : attitude consistant à transiger avec ses obligations sociétales
Une organisation a des obligations vis-à-vis de sa communauté au sens large : ses collaborateurs, ses clients, ses partenaires et la société dans son ensemble. Il faut savoir que les internautes sont de plus en plus attentifs à la capacité des organisations (et des personnalités dirigeantes) de s’acquitter de leurs obligations avec respect. Comme s’est arrivé dans de nombreux cas déjà, ils sont prompts à sanctionner une éventuelle insouciance en la matière.

La faute : attitude fautive et condamnable
Les internautes surveillent les organisations avec lesquelles elles sont en relation et, en vertu d’une exigence de transparence qui devient radicale, seront impitoyables vis-à-vis d’une organisation dont l’un des membres a commis une faute. Les exemples pullulent sur Internet et l’on peut déjà vérifier la réalité de ce danger.

Vous allez évidemment dire que je prêche pour ma paroisse en agitant le drapeau de ces dangers. La réalité est bien au-delà.

Je me passionne pour ces nouvelles vulnérabilités et j’estime qu’elles sont le grand enjeu de la communication d’influence de demain.

Donc nous en reparlerons.

               Partager Partager
Notez


Lu 1953 fois

Commentaires articles
Nouveau commentaire :
Facebook Twitter


Dans la même rubrique :
1 2

Boulot | Web 2.0 | Analyse | Coups de com | Nouveautés | Chiffres clés | Communication de crise



Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.


Facebook
LinkedIn
Skype
Twitter
Slideshare

@cginisty
Really looking forward to going to Sofia this evening for @BAPRABulgaria award ceremony tomorrow
Mercredi 26 Avril - 09:38
RT @zariaurore: Sudpresse fait l'une des erreurs déontologiques les + infâmes de l'année et pour les excuses, faut payer ! Sérieux les gars…
Mardi 25 Avril - 16:44
Emmanuel Macron et l’opportunité historique d’une nouvelle union nationale https://t.co/HL1c8bZ8GU
Mardi 25 Avril - 11:43
@Eyrieux_07 c'est absurde
Mardi 25 Avril - 07:46
@Eyrieux_07 Wow ! Quelle haine dans le propos.
Mardi 25 Avril - 07:35
@Eyrieux_07 Quelle guerre civile ? Nous ne sommes pas en guerre
Mardi 25 Avril - 07:30

Recherche