Ne faites pas comme moi, ne jouez pas au con
Dimanche soir dernier, je suis sorti. Je ne sais plus où, j'ai tout oublié. Puis j'ai repris mon scooter pour rentrer chez moi.
Vers 5 heures du matin, la police m'a trouvé allongé sur le sol au bord de la route, inanimé et salement amoché, le scooter sur le bide. Inconscient. J'avais visiblement loupé le virage et fait un "tout droit". Mercredi matin, je me suis réveillé au service réanimation de l'hôpital Georges Pompidou à Paris après deux jours placé dans un coma artificiel. J'ai repris conscience sans le moindre souvenir de l'accident. Un vrai trou noir. J'ai eu une chance formidable dans ma connerie. Deux cotes fracturées et quelques bobos disgracieux mais rien de grave. Une de mes amies m'a dit "God loves you". Pourvu que ça dure ! Pourvu que ça dure, mouais, surtout pourvu que je ne m'amuse plus à tester la force de son amour. Cinq jours après cet accident, je me sens honteux. Honteux d'avoir repris mon scooter après une soirée comme celle-ci, honteux d'avoir provoqué tant de peur à mes proches. Honteux finalement d'avoir endossé les habits du grand con qui joue sa vie à la roulette russe avec ce sentiment totalement puérile d'être intouchable. Et pourtant Dieu sait (encore lui) que je tiens à la vie !!! Ce soir, je suis toujours à l'hôpital (j'en sors lundi si tout va bien) et très franchement je veux dire par cette note à quel point il est futile et égoïste d'avoir ce type de comportement. Je n'ai rien de cassé mais je vous assure que la blessure est morale et je veux présenter publiquement mes excuses aux gens qui m'aiment pour m'être comporté de la sorte. Je vous aime tant. Rédigé par Christophe Ginisty le Vendredi 23 Juillet 2010
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