Christophe Ginisty

Non, Facebook ne fait pas l'élection !


Rédigé le Mardi 15 Novembre 2016



Depuis la victoire de Donald Trump, les perdants sortent du bois et hurlent à la trahison, accusant notamment Facebook et son fondateur, Mark Zuckerberg, d’avoir contribué à l’élection du candidat républicain en permettant à des contenus portant sur de fausses informations d’être propagés sur le plus célèbre des réseaux sociaux et ainsi d’avoir contribué à la victoire d’une propagande populiste.
 
Ces attaques ont été si fortes que Zuckerberg s’est senti obligé de prendre la parole pour affirmer que Facebook n’était pour rien dans le résultat de l’élection américaine.
 
Ce vacarme est ridicule et, pour s’en convaincre, il est bon de rappeler quelques principes.
 
Facebook n’est pas un média, c’est nous qui le formons
A l’origine, un réseau social n’est qu’un outil, une sorte de coquille vide. Facebook ne publie pas d’informations, n’a pas d’équipe éditoriale et n’est donc pas obligé de respecter une quelconque déontologie propre aux médias d’information.
 
La technologie facilite l’établissement de relations sociales en ligne, elle permet de connecter les gens entre eux en leur proposant de partager le contenu qu’ils estiment digne d’intérêt pour leurs proches. Mais là encore, Facebook ne fait rien.
 
Ce n’est pas Facebook qui publie les trucs que des groupes de militants fanatisés échangent en boucle pour nourrir leur argumentation dans le but de soutenir leur champion et accessoirement dézinguer son adversaire. Facebook fournit l’accès et la plateforme, les utilisateurs développent les usages.

Le vrai média, ce n'est pas Facebook mais les foules connectées. 
 
Et quand 1,8 milliards d’individus sont actifs, il est compliqué pour ne pas dire impossible d’effectuer une modération digne de ce nom.
 
La responsabilité éditoriale de Facebook est en réalité inexistante.
 
Les seuls responsables, ce sont les auteurs de ces fausses informations, aidés dans leur funeste dessein par des utilisateurs incrédules qui ne vérifient pas leurs sources et sautent sur le bouton de partage sans mesurer leur responsabilité.
 
C’est affligeant mais c’est la société qui est comme ça, pas Facebook.
 
Il faut faire notre mea culpa : l’ère du web social est également celle de la désinformation ou plus exactement, de la mauvaise information. Je l’ai écrit à de nombreuses reprises et notamment , il y a un vrai risque pour que nous devenions tous complètement abrutis, convaincus de détenir une vérité qui est en réalité une invention de toute pièce dans le seul but de nous manipuler.
 
Alors, me direz-vous, Facebook a quand même une responsabilité en tant qu’hébergeur.
 
Techniquement, c’est vrai. En pratique, c’est impossible à mettre en œuvre pour de nombreuses raisons.
 
D’abord, il faudrait des milliers de modérateurs pour vérifier le vrai du faux dans les statuts des uns des autres. Et puis, il faudrait se résoudre à l’idée que Facebook puisse devenir un arbitre ultime du contenu, une sorte de censeur planétaire dont nous dépendrions tous pour échanger sur des sujets aussi passionnés que la politique. Enfin, les limites entre le vrai et le faux sont parfois fines et sujettes à caution et, pour ma part, je refuse l’idée que Facebook puisse décider et positionner le moindre curseur en la matière.
 
Alors oui, il y un peu de tout et surtout beaucoup de n’importe quoi sur Facebook. Mais ce n’est pas la faute de Facebook mais la nôtre, uniquement la nôtre.
 
Nous ne retrouverons le chemin d’une information de qualité que lorsque nous aurons compris que "notre avenir dépend en grande partie de notre capacité à accorder de l’importance à l’information, privilégier les faits aux sentiments, faire la part du vrai et du faux, préférer la vérité au vraisemblable et prendre de la hauteur pour pouvoir comprendre," comme je le disais dans une précédente note.
 
Car beaucoup de gens ont compris à quel point ils pouvaient se servir de notre crédulité et des réseaux sociaux comme vecteurs de notre ardeur à tout partager pour nous manipuler et faire de chacun d'entre nous, des agents actifs de la désinformation de nos proches. Et ça, c'est un vrai danger pour la démocratie.  

A suivre…  
 
 
 

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Professionnel de la communication, optimiste exigeant et idéaliste compulsif, j'essaye de consacrer du temps au projet de changer le monde.

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