On ne peut attaquer la presse que parce qu'elle est faible



On ne peut attaquer la presse que parce qu'elle est faible
C'est étonnant cette recrudescence d'attaques contre les journalistes en provenance de ceux qui sont au pouvoir. Ils cultivent la théorie du complot à toutes les sauces. Entre un Séguéla qui invoque la saloperie pour parler du web et un Frédéric Lefebvre qui stigmatise cette presse qui se liguerait pour déstabiliser Nicolas Sarkozy, on croit franchement rêver.

Mais moi ce qui me fait mal dans cette histoire, c'est que finalement, si les politiques peuvent se permettre d'accuser la presse, c'est qu'elle est faible. Et là, il y a matière à réfléchir sérieusement.

Prenez l'exemple d'autres pays, et notamment certains pays anglo-saxons. Aucun leader politique ne se permettrait de critiquer ouvertement un journaliste en s'adressant à l'ensemble de sa corporation pour la fustiger. Il se ferait flinguer immédiatement et pourrait sérieusement craindre pour son avenir politique.

En France il n'en est rien. Lefebvre peut se présenter devant Apathie, dire une énormité, l'émission continue. Certes Apathie a cette formule : "vous dîtes n'importe quoi", mais la riposte du journaliste n'a rien de comparable avec l'outrance de l'attaque.

A quand un journaliste qui déciderait d'arrêter l'émission et sortirait à son invité : "Fin de l'émission, je n'ai plus rien à vous dire". A quand des intervieweurs qui ne se comporteraient pas comme des passe-plats perclus de connivence et de flagornerie ? A quand des nouveaux formats d'émissions politiques où ce ne sont pas les gouvernants qui fixent les règles mais les journalistes ?

Même si je condamne sans ambiguïté toutes les atteintes à la liberté de la presse, je trouve que les journalistes français sont un peu naïfs de s'effaroucher aujourd'hui des atteintes à leur intégrité. Il serait utile qu'ils se rappellent qu'ils ont contribué à la disparition du rapport de force et de la distance issue de la notion même de séparation des pouvoirs.



Rédigé par Christophe Ginisty le Mercredi 21 Octobre 2009

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Commentaires articles

1.Posté par Marc le 21/10/2009 19:22
Que lefebvre soit un con et raconte des énormités à longueur d'apparition médiatique n'est pas nouveau. Mais de là à souhaiter qu'Apathie mette fin à l'interview parce que l'autre illuminé s'attaque à la presse est... étonnant. je pense qu'au contraire, il faut laisser ces abrutis s'exprimer et se discréditer. Et puis, planter un direct montre que l'on est à bout d'argument. Et franchement, être à bout d'argumments face à ce c... d'ump (ce parti de merde), c'est un peu difficile à imaginer :-)
Plus sérieusement, depuis qu'elle existe la presse a TOUJOURS servi d'exutoire au pouvoir en place, quel que soit son bord politique (et pas seulement sous la Vème). C'est peut-être une spécificité française, mais c'est comme ça. Si tu regardes ce qui se passe dans les autres pays, la situation n'est pas très brillante (cf l'Italie, par exemple, avec le vieillard priapique qui contrôle tout, les USA où ils passent plus de temps à regarder ce qui se passent dans les slips qu'autre chose ou font les titres de l'arrivé d'un nouveau toutou dans la famille présidentielle, sans parler des patrons de groupe de presse qui imposent des invités ou contrôlent ce qui passe aux news...)
Bref, je pense qu'Apathie a eu raison de laisser l'abruti s'exprimer et de se contenter de faire remarquer qu'il disait n'importe quoi.

2.Posté par Dom le 21/10/2009 19:49
La puissance de la presse tient à ses liens avec les pouvoirs politique et économique, auxquels elle est soumise, pour cause de dépendance. C'est un tigre de papier.

Dans les pays anglo-saxons, les médias sont un business comme les autres. En France, c'est un instrument de pouvoir. Actionnaires : Lagardère au Monde, Rothschild à Libération, Dassault au Figaro...

Subventions de l'Etat aux quotidiens nationaux : sept fois supérieures en France à celles des autres pays européens.

Journaux indépendants : rarissimes. Télés et radios indépendantes : aucune.

"A quand des émissions politiques où ce ne sont pas les gouvernants mais les journalistes qui fixent les règles ?", demandez-vous. Réponse : jamais.

Le Net demeure l'un des rares espaces de liberté, il faut en profiter, et le préserver.

3.Posté par Orange pressé le 21/10/2009 22:03
Symbole du manque de courage des journalistes à faire leur boulot, l'affaire Jean Sarkozy. Il a fallu que le net engueule les journalistes pour que ceux-ci se mettent à faire correctement leur travail !

4.Posté par Danièle Douet le 21/10/2009 22:43
Christophe, tu évoques là un sujet hyper-important. Je vais te donner des infos supplémentaires qui montrent que la presse est très vivante hors de France, et les médias en général, et pas seulement chez les "anglo-saxons" comme l'écrivent certains.

Dans les pays du Nord de l'Europe, la presse n'a pas de problèmes, elle est considérée comme un outil pour la démocratie et les journalistes font un travail de recherche et non seulement de recopiage de dépêches de presse.

Ils sont les "gardiens" de la démocratie et ont bien souvent contribué à la démission de politiques, alors qu'en France des repris de justice sont élus. Ils sont aussi le garant de l'éthique du pays et de la lutte contre la corruption. Voir l'action d'Eva Joly.

J'en veux pour preuve la Norvège par exemple, pays d'Eva Joly, mais aussi l'Allemagne, pays que je connais fort bien.

Je vous donne quelques chiffres que vous pourrez trouver en grande partie sur ce site:

France = 127 parutions, agences de presse comprises, pour un peu plus de 60 millions d'habitants
Je vous invite a regarder le nombre de parutions régionales, surtout quand on sait à qui elles appartiennent.

moins de parutions qu'en
Finlande - 138 parutions quotidiennes - pour un pays de 5,7 millions d'habitants

moins qu'en
Suède - 139 parutions, pays de 9 millions d'habitants

Allemagne = 431 parutions quotidiens et autre presse d'actualité pour un peu plus de 80 millions d'habitants
Je vous invite à comparer le nombre de parutions régionales, juste pour info... région par région sur le site cité et de comparer avec la situation en France...

Norvège = 273 parutions pour un pays d'un peu plus de QUATRE millions d'habitants

Partout, en Norvège, dans les trains, aéroports - ils voyagent beaucoup en avion à cause du relief - vous avez des displays qui vous donnent les titres des journaux et des extraits de leurs articles.

J'ai traversé ce pays du Nord au Sud, je vous donne quelques exemples de quotidiens locaux. En partant du Nord quelques exemples de villes traversées:
Kirkenes = 5.000 habitants, le journal local 4.000 abonnés.
Vardø = 2.700 habitants, le journal local 1.500 abonnés
Honningsvåg = 2.800 habitants, le journal local a 1.300 abonnés
Hammerfest = 7.000 habitants (9.000 avec ses banlieues proches) Le journal local a 10.000 abonnés
Sortland = 4.600 habitants (la "Kommune" 17.000). Le journal local a 10.700 abonnés.
Svolvaer (Iles Lofoten) = 9.200 habitants, le journal local a 9.400 abonnés
Sandnessjøen = 7.500 habitants, le journal local a 6.400 abonnés.
Brønnøysund = 5.000 habitants (7.400 pour la "Kommune"), 4.800 abonnés au journal local
Trondheim = 160.000 habitants, trois journaux locaux, dont le plus important Adressavisen, a 88.000 abonnés.
Kristiansund = 17.000 habitants, le journal local a 15.000 abonnés
Molde = 24.000 habitants - le journal local 19.000 abonnés
Ålesund = 40.000 habitants - le journal local a 38.000 abonnés
Florø = 11.000 habitants, le journal local 9.000 abonnés
Bergen = 240.000 habitants, ils y a trois journaux locaux, 130.000 abonnés
etc. etc... (Dans les grandes villes il y a pas mal d'immigrés qui ne lisent pas le norvégien)


Les pays cités après la France ne peuvent être menés en bateau par leurs dirigeants, les gens sont formés aux médias, garants de la démocratie, dès l'école maternelle... Selon le bon adage "Un homme informé en vaut deux".

En outre, en Allemagne, ce ne sont pas les politiques qui donnent des interviews aux médias et les convoquent, mais ce sont les médias qui décident qui et quand est interviewé. Il existe un organisme unique en Europe, la Bundespressekonferenz (conférence fédérale de la presse) (BPK) avec une structure intéressante et unique, mise en place après l'épreuve de la dictature.

C'est justement parce que les journalistes ont été instrumentalisés par la dictature qu'ils se sont donné les moyens financiers et les outils de leur indépendance. La BPK est organisée en association déclarée. Elle est financée par les cotisations de ses membres. Actuellement l'association compte 900 correspondants parlementaires. Les huit membres élus du bureau de l'association dirigent les conférences de presse.

Tous les lundis, mercredis et vendredis, les porte-paroles du gouvernement ainsi que que les porte-paroles des ministères sont invités à répondre à toutes les questions posées par les journalistes sur la vie politique du pays.

La BPK organise chaque année le bal de la presse fédéral. La première danse revient au président fédéral, une valse de Vienne. Le gouvernement central, les gouvernements des Länder et le Bundestag y sont présents. Parmi les quelque 2.500 invités se trouvent des rédacteurs en chef, des publicistes, des présidents de chaînes audiovisuelles, des responsables des médias et des chefs d'entreprises. Les fonds récoltés lors de la tombola de ce bal annuel sont destinés à alimenter le fonds social de la BPK qui soutient les journalistes en difficultés et leurs familles.

Comme vous le voyez avec ce tour d'horizon, les médias se portent bien dans les autres pays, il n'y a qu'en France qu'on ne leur prête plus guère d'attention car ils ne font pas un travail de fond, souvent ce sont des copies de dépêches de presse, peu de recherches de fond. En outre, ce sont des industriels, clients de l'Etat, qui possède les médias. Une profonde anomalie démocratique !

Le journal Marianne écrivait récemment: "la santé de la presse a quelque chose à voir avec sa qualité. Et sa qualité quelque chose à voir avec la santé de la démocratie".

5.Posté par Fotini le 21/10/2009 22:57
@Danièle

Tu m'épates toujours.

En Grèce, pays qui a connu beaucoup d'épisodes difficiles au siècle dernier, la presse a un rôle très important de contrôle du pouvoir via ses enquêtes et dénonciations et les journalistes ont un ton plutôt irrévérencieux vis-à vis de la classe politique. Celui-ci contraste fortement avec celui des journalistes français qui continuent à vénérer l'establishment comme s'il était infaillible et respectable par essence, immuable et légitime, comme sous l'Ancien Régime.

Parfois, comme pour s'excuser de leur servilité, les journalistes ont un sursaut d'arrogance mais retombent vite dans leurs travers pour se faire pardonner leur petit écart. C'est une situation schizophrène dans un pays où on s'enorgueillit d'enseigner l'esprit critique en continuant à se réclamer de l'esprit des Lumières.

6.Posté par Danièle Douet le 21/10/2009 23:12
@ Fotini:

Merci de ton commentaire.

C'est vrai que j'avais oublié de mentionner le ton servile des journalistes français lorsqu'ils interviewent des politiques, ce qui fait rire aux éclats les journalistes étrangers...

Les journalistes des pays mentionnés posent des questions directes et obligent les politiques à REPONDRE, les poursuivant jusque dans leurs retranchements. Car les politiques ont été élus pour représenter les citoyens et ceux-ci ont le droit d'être informés en détail. Et les journalistes les font "accoucher" de ces informations indispensables pour se forger une véritable opinion.

Et dans ce contexte, je ne peux m'empêcher de citer le commentaire d'Axel sur Médiapart. Axel a vécu de longues années en Finlande et écrivait:

"...comment ne pas reconnaître dans cet exemple si souvent partagé, le sentiment décourageant qu'on ressent avec ceux qui semblent si loin, si profondément dans la condition de l'esclave pour qui la seule perspective d'amélioration de sa condition, c'est la qualité de la chaîne qu'il a au cou?

Mais ces "esclaves revendiqués" qui semblent refuser de prendre leur propre vie en main, certes ont une part de responsabilité dans tout le processus (si dans l'exemple des médias décadents il y a "l'offre", ils sont "la demande"...), mais on doit leur reconnaiitre les excuses de se faire mener en bateau par plus malin et plus fort qu'eux, notamment par les politiciens professionnels.

La carrière politique ne devrait s'appréhender qu'en termes de parenthèse provisoire, quelques années utiles dans une vie autrement remplie d'autres multiples expériences professionnelles et autres.

Les Français considèrent la politique comme un métier qu'on peut exercer toute sa vie, et par extension, considèrent normal tout ce qui est carriérisme, c'est-à-dire tout faire pour rester en place, pour avantager la logique de parti, pour faire des calculs politiciens etc, même en faisant passer l'intérêt général et celui du pays, au second plan.

C'est une mentalité de serfs héritée du temps de la monarchie absolue.

Le roi est remplacé par des "représentants élus", mais le système n'a pas changé, et surtout pas l'inconsciente soumission de serf, d'esclave.

Penser, c'est "difficile, interdit et puni" dans une telle mentalité.

Et pour se soulager, en guise de soupape de décompression, il y a "le jour des fous" ou "le bouffon du roi" ou "les guignols": ça dépend de la culture et de l'endroit du monde où on se trouve.
"


Rien à ajouter, c'est exact...


7.Posté par Dom le 21/10/2009 23:19
@Danièle Douet #4

La passion vous faire lire un peu vite. C'est Christophe Ginisty qui écrit dans son billet :

"Prenez l'exemple d'autres pays, et notamment certains pays anglo-saxons."

Pour le reste, les listes d'abonnés ne suffisent pas à établir des bilans, mais il est vrai qu'en Europe du Nord la presse se porte mieux qu'en France (le groupe suédois Stampen, par exemple, avec sa trentaine de quotidien régionaux).

Plus près de nous, le groupe suisse NZZ a lui aussi de bons résultats.

Je n'ose pas parler de l'Allemagne, tant votre idéalisme fait peur.

En fait, la presse ne se porte vraiment bien que dans les pays émergents, notamment d'Asie,dont les classes moyennes sont de grosses consommatrices de journaux - phénomène observé en Occident au début du XXe siècle.

Mais je suis sûre que nous sommes tous d'accord pour dire que la complaisance des journalistes français à l'égard des pouvoirs politique et économique est une sorte d'exception culturelle. Leur incapacité à "relancer", par exemple, quand leur interlocuteur ne répond pas à une question, navre les observateurs étrangers. Qui ne sont eux-mêmes pas aussi parfaits qu'ils veulent bien le dire... La réalité est un peu plus nuancée que votre cartographie des gentils et des méchants pays...



8.Posté par Danièle Douet le 21/10/2009 23:28
@ Dom:
Et vos conclusions ?
Quelles actions envisagez-vous pour changer les choses en France ?

PS:
J'avais en main ce matin le Républicain lorrain, quel gaspillage de papier et d'encre !

9.Posté par Dom le 21/10/2009 23:37
@ Danièle Douet

Désolée, je n'ai aucun programme pour tranformer la France (et je ne suis candidate à rien d'autre qu'à quelques échange d'idées). Mais je suis attentive aux projets de ceux qui prétendent exercer des responsabilités politiques.

Evidemment d'accord avec vous pour le Républicain lorrain, vous n'avez peur de rien si vous l'avez pris en main !

10.Posté par Géraldine le 22/10/2009 00:28
septembre 2008 et le 31 août 2009.

La fin du modèle européen ?

Clasement 2009: la France est 43e
[...]
L’Europe a longtemps été exemplaire en matière de respect de liberté de la presse, mais cette année, plusieurs pays européens reculent très nettement. Même si les treize premières places restent occupées par des Etats européens, d’autres tels que la France (43e), la Slovaquie (44e) ou l’Italie (49e), continuent leur descente, perdant respectivement huit, trente-sept et cinq places. Ils se font distancer par de jeunes démocraties africaines (Mali, Afrique du Sud, Ghana) ou latino-américaines (Uruguay, Trinidad et Tobago).[..]

http://www.rsf.org/fr-classement1001-2009.html


11.Posté par CK le 22/10/2009 00:54
@Dom # 2
Il semble que vous résumez bien la situation.
.
@Géraldine # 10
Intéressant. Ce n'est pas étonnant que la France et l'Italie se distinguent par leur mauvais classement.

En fait on a l'impression que l'on ne peut trop en vouloir aux journalistes.
Cela parait presqu' automatique qu'ils aillent dans le sens du propriétaire (ou de celui qui contôle) son Média.



12.Posté par Christophe Ginisty le 22/10/2009 08:12 (depuis mobile)
Même si mon propos est évidemment excessif pour susciter le débat, je me souviens avoir vu un journaliste anglais poser 17 fois la même question à un invité politique qui ne voulait pas répondre. Un délice... Nos voisins se marrent quand ils voient les causeries à l'Elysée...

C'est à la presse de reconquérir sa liberté et son autonomie face aux pouvoirs politique et économique.

13.Posté par Ch. Romain le 22/10/2009 09:13
@ Géraldine (# 10)

Bonjour,

avez-vous les critères de ce classement ? J'aimerais bien les connaître.

Merci d'avance.

14.Posté par Géraldine le 22/10/2009 09:30
@ Ch. Romain


Voici l'article entier :
http://www.rsf.org/fr-classement1001-2009.html

On peut les contacter (cliquer tout en bas)

15.Posté par nap le 22/10/2009 13:18
Bonjour,

"je me souviens avoir vu un journaliste anglais poser 17 fois la même question à un invité politique qui ne voulait pas répondre"

J'ai l'impression que dans ce domaine Apathie et Demorand ne sont pas trop mauvais et sont assez têtus pour reposer la question (ou alors passer à autre chose mais en constatant clairement que la personne n'a pas répondu à la question).

J'ai souvent été stupéfait d'entendre des réponses "à côté" des questions... et le journaliste poursuivant l'interview comme si de rien était...

Pour paraphraser : "vous venez avec vos questions, moi je viens avec mes réponses !"
m'enfin,
@+

16.Posté par Danièle Douet le 22/10/2009 15:14
je me souviens avoir vu un journaliste anglais poser 17 fois la même question à un invité politique qui ne voulait pas répondre. Un délice...

Nos voisins se marrent quand ils voient les causeries à l'Elysée...


Absolument exact ! Ils ne nous prennent pas du tout au sérieux...

17.Posté par Fotini le 22/10/2009 21:39
La Grèce est en 35ème position.

Apparemment à cause des menaces et attaques menées par la mouvance anarchiste contre les journalistes et rédactions ayant couvert les émeutes de l'année dernière.

En France, les pressions viennent de l'Etat...

18.Posté par CK le 22/10/2009 23:28
Les USA de Bush à Obama remontent de la 36 ème place à la 20 ème.

19.Posté par Dom le 22/10/2009 23:34
@ CK

C'est peut-être pour cela qu'Obama a eu le Nobel de la Paix ?

20.Posté par CK le 23/10/2009 01:29
@Dom
Oui c'est vrai, et il m'est avis aussi que Bush a pu faire sa politique et la guerre en Irak
"grace à" de fortes connivences des médias (Certains comme le New-york Times s'en sont excusés aprés !!).



21.Posté par Christophe Rabiet le 23/10/2009 05:18
Les média français ne sont pas "faibles". Ils sont lâches et asservis au pouvoir. L'épisode "Prince Jean" vient de le prouver : ils se sont bien gardés de souligner la caractère scandaleux de cette affaire. Tout au plus se sont-ils contentés de rapporter une "légère indignation" d'un public manquant franchement d'indulgence. Le "petit" a même eu le droit, à deux reprises, de venir occuper les journaux télévisés pendant de longues minutes, dont il fut "le principal événement", pour jouer les victimes (comme papa) et nous faire part de ses états d'âme. Pendant ce temps, nos chers média "oublient" de nous parler de la terrible famine qui frappe un milliard d'Africains !

Dans quel autres pays, se revendiquant démocratique, la presse n'aurait-elle pas tiré à boulets rouges sur un chef d'état qui se permet un tel népotisme ? Courrier International de cette semaine offre un excellent recueil des réactions de la presse étrangère sur cette question, sans comparaison avec la couardise de notre presse nationale.

Le pire dans cette affaire, c'est que le gouvernement entier, et tous les élus de la majorité, se sont montrés aussi lâches. Pas un n'a osé, devant le monarque, dénoncer le caractère honteux de ce projet. Nous les avons tous vu défiler, en rangs serrés avec des airs outragés, pour nous dire "alors, ce serait ça la république ? Parce qu'on a 23 ans, aucun diplôme, et qu'on est le fils du Président, on ne pourrait pas être la tête du plus grand quartier d’affaires d’Europe avec un budget de milliard d'euros?" b["Touche pas à mon pote" version Neuilly-Auteuil-Passy !]b

Quand les Français réagiront-ils ?



22.Posté par Christophe Rabiet le 23/10/2009 05:29
PS : voir l'article de Philippe Bilger : http://www.marianne2.fr/Fin-de-la-recre-Mougeotte-se-fait-siffler_a182489.html qui est assez éloquent sur le sujet

23.Posté par Christophe Rabiet le 23/10/2009 05:34

24.Posté par Dom le 23/10/2009 09:49
@ CK

Il y avait une bonne dose d'ironie dans mon #19, mais je suis d'accord avec votre réponse.

25.Posté par Danièle Douet le 23/10/2009 18:05
La presse est faible et lâche, nous l'avons vu dans l'affaire Sarkozy. Le net a joué un rôle important dans la décision que JS a été obligé de prendre.

Et le net informe d'une chose importante que les médias "établis" zappent: la place de la musique - classique - dans l'Education des enfants, et des enfants en difficultés en particulier.

Rue89 publie un article très fort sur ce sujet : un Sistema et toute la jeunesse s'éprend de classique et je souhaiterais le partager avec vous. Je vous invite à lire cet article et à l'ECOUTER et le visionner.

Je le mets en relation avec l'article que j'avais publié sur Mediapart (presse libre, à soutenir !):
"Un violon ou violoncelle pour chaque enfant" en cours préparatoire - Comment est-ce possible? et vous invite à y lire les commentaires, notamment ceux d'Axel J.

Les medias peuvent contribuer à changer la société s'ils sont utilisés pour faire bouger les choses...

26.Posté par Danièle Douet le 23/10/2009 18:07
Sorry, voici l'article de Rue 89:
Venezuela : un Sistema et toute la jeunesse s'éprend de classique
A lire et écouter sans modération !

27.Posté par dubuc le 24/10/2009 11:46
La presse d'opinion est mal barrée... Journaux sous perfusion entre baisse des recettes publicitaires, aides de l'Etat à la presse, coûts de fabrication et de diffusion trop élevés. Ajoutons à cela une incompréhension de la rapidité du monde... On ne peut plus faire du journalisme à la papa, comme au bon vieux temps... Il faut penser multicanal, interaction avec le public, communautés... Nouveau paradigme difficile à intégrer tant que les barons seront là, les Duhamel et consorts, bonnes figures qui hantent les colonnes de toute la presse, les plateaux télé, et autres...

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