On ne présente plus David Abiker, auteur, journaliste, chroniqueur sur France info et plein d'autres choses encore. A l'occasion de la sortie de son prochain livre, le Dictionnaire posthume de la finance mondiale, David Abiker a ouvert un blog (http://davidabiker.typepad.fr/dicoposthumefacts) sur lequel il a demandé à quelques blogueurs d'écrire la définition à leur manière d'un mot lié à cette funeste finance.
Si vous souhaitez y participer à votre tour, rien de plus simple, envoyez lui un message et proposez votre définition.
J'y ai participé en donnant une définition de "T comme trader". Voilà ce que j'ai écris :
Si vous souhaitez y participer à votre tour, rien de plus simple, envoyez lui un message et proposez votre définition.
J'y ai participé en donnant une définition de "T comme trader". Voilà ce que j'ai écris :
Marionnettiste des bourses en folie, le trader est un animal à sang bordeaux, 1er grand cru classé, outrageusement riche du fait de jouer très vite avec l'argent des autres en pariant alternativement sur la montée ou la chute d'une valeur cotée quelque part, pourvu qu'elle soit cotée. Le trader est le triste symbole d'une époque où celui qui gagne n'est ni celui qui produit ni celui qui transforme, ni même encore celui qui fait du bien à ses congénères.
Habitant dans une grande ville où l'on parle anglais, il vit en loft avec une belle femme très dépensière qui s'habille aussi en Prada, a un ami psy, au cas où, cultive le costume sombre, s'assoie à son bureau avec une grande tasse d'un demi litre de café filtré pour tenir plus longtemps les yeux ouverts sur ses écrans, aime et comprend les chiffres comme d'autres la poésie de Rimbaud, vend et achète plusieurs fois par jour l'équivalent du PIB du Soudan en moins de temps qu'il n'en faut aux réfugiés pour aller trouver un point d'eau.
Malgré son rôle essentiel dans le fonctionnement de la finance mondiale, le trader n'est pas un héros. On ne le connaît que quand il se plante ou quand il arnaque. Ou bien les deux. C'est souvent les deux. Ne comprenant pas qu'on puisse le stigmatiser et lui refuser ses bonus, lui qui a parfois rapporté à sa banque nouricière plus d'argent que l'épargne totale des comptes de dépôts du petit peuple, il déambule désormais comme une âme en peine dans les rues de sa grande ville, contraint de laisser au placard ses costumes rayés hors de prix pour porter des jeans et des baskets et redevenir, le temps d'un plan de relance, un passant comme les autres.















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